Economie - Editoriaux - International - 8 août 2018

Budget italien : respecter les règles de l’Union européenne n’est pas la priorité pour M. Di Maio. Vers un Italexit de fait ?

Ce lundi 6 août, Luigi Di Maio, le vice-président du Conseil italien, chargé des affaires sociales, a déclaré : « L’Italie va essayer de se conformer aux règles budgétaires de l’Union européenne mais leur respect n’est pas la priorité du nouveau gouvernement, car elles ne doivent pas empêcher la mise en œuvre des réformes. »

Cette position, faisant suite à celle sur les migrants adoptée par l’Italie de Giuseppe Conte au mépris des règles bruxelloises, montre assez que l’Italexit est en route, à sa façon feutrée mais ferme.

M. Di Maio est fidèle à ses engagements électoraux et, cela passe trop inaperçu, à une ligne politique parfaitement rationnelle. En effet, l’alpha et l’oméga de la politique bruxelloïde est de se demander sans cesse : qu’est-ce qu’on a le droit ou l’obligation de faire dans le carcan bruxellois ? Et non pas : qu’est-ce qui est bon pour notre nation ?

« Les citoyens et leurs besoins sont notre priorité », a déclaré M. Di Maio lors d’une interview à la RAI.

« Le gouvernement italien va s’efforcer d’appliquer les réformes prévues par la coalition au pouvoir, parmi lesquelles une baisse des impôts et une augmentation des dépenses pour les retraites et la santé. Si possible sans enfreindre les règles de l’UE qui limitent le déficit budgétaire des États membres à 3 % du produit intérieur brut. Mais en laissant entendre que si ce n’est pas possible on fera quand même les réformes attendues par le peuple italien » (Reuters).

La démarche est profondément logique même si des bataillons de non-juristes expliquent que les règles juridiques, non votées par les peuples, et qui leur sont néfastes, doivent quand même leur être infligées… Rappelons à ces prétendus juristes, imposteurs (ou, plutôt, apprenons-leur), que la « résistance à la loi injuste », si bien défendue par Antigone et expliquée par Thomas d’Aquin, est ici encore renforcée par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et confortée par un bonne demi-douzaine d’autres droits fondamentaux et principes économiques balayant les ridicules et nocives règles comptables de Bruxelles.

Dès lors, on voit mal comment la sortie de l’euro, voire de l’Europe – deux constructions artificielles non dans leur principe mais dans leur conduite -, pourrait ne pas se poser à très court terme. Alors, il ne faudra pas accuser l’Italie mais les cerveaux étriqués des politiciens politiquement et économiquement incultes qui ont cru pouvoir enfermer les nations souveraines d’Europe dans des carcans qui empêchent leurs démocraties et leurs économies de respirer. On attend de savoir si l’Italie (qui la préparerait en grand secret) est prête à lancer sa propre monnaie à usage interne, baptisée non pas lire mais BOT (Buoni Ordinari del Tesoro).

Et l’Italie a négocié séparément avec le président Trump une facilité pour les exportations de véhicules.

L’Italie n’est pas le maillon faible de l’usine à gaz bruxelloise : elle en devient le peuple fort, prêt à s’en émanciper. Grazie mille

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