Editoriaux - Fake News - Médias - Politique - Presse - 20 juin 2018

Attaques terroristes : entre déséquilibres psychiatriques et handicaps, c’est toujours au nom d’Allah

Ce dimanche 17 juin, une femme a attaqué au cutter deux personnes dans un supermarché de La Seyne-sur-Mer aux cris d’Allah Akbar. Ce même jour, le procureur de la République affirmait qu’il s’agissait « d’une personne avec des troubles psychiatriques avérés » (Le Figaro du 17 juin).

Dès le lendemain, un expert psychiatre « l’a déclarée responsable des faits, avec aucune atténuation de sa responsabilité ». Il est précisé, également, que l’agresseur « est handicapée adulte, mais handicapée physique » (Le Figaro du 18 juin). Le procureur aurait-il proféré, fût-ce involontairement, une « fake news » ?

Cet empressement ne laisse d’étonner… Nous comprenons l’importance dialectique de la composante psychiatrique dans ces affaires : la psychiatrie a même si bon dos, par moments, qu’elle semble au politique ce que le blanchiment est à l’argent. Le début d’enquête précise, toutefois, que la personne « a du mal à expliquer son passage à l’acte » et « qu’elle était malheureuse dans la vie » (Le Figaro, 18 juin) .

En plus d’attaques « confirmées islamistes » viendront donc s’ajouter des « attaques non islamistes commises au nom d’Allah » : comme on le voit, l’horizon vivre-ensembliste s’éclaircit. Quelques décennies en amont de ces attaques se trouve probablement un réservoir idéologique où alimenter cette haine du mécréant – colonialisme, esclavage, xénophobie, racisme ou islamophobie – conçu, au début des années 80, par le plus antiraciste des Présidents, socialiste muni de sa Francisque. Aussi, lorsqu’un Julien Dray s’offusque, aujourd’hui, du voile de la représentante d’un syndicat étudiant, il ressemble à s’y méprendre à l’un de ces gangsters planqués au milieu de leurs otages pour mieux prendre la poudre d’escampette : monsieur Dray dénonce, ici, l’exact fruit de son propre antiracisme et multiculturalisme vérolés, avariés, de trente ans d’âge. Cela s’explique aisément : il a trente ans de retard.

Autre illustration, une affaire qui s’est déroulée à La Haye, le 5 mai, une semaine avant le meurtre islamiste au couteau de Paris du 12 mai. Mode opératoire identique : victimes croisées au hasard dans la rue et lacérées au nom d’Allah. L’agresseur ne fit « que » des blessés (trois graves) et fut neutralisé par des tirs aux jambes, aux cris d’Allahu Akbar, confirmés par un témoin direct, par l’une des victimes, ainsi que par la vidéo filmée d’un balcon proche, relayée dans de grands médias néerlandais et dont l’authenticité ne fut jamais discutée aux Pays-Bas. Le maire de La Haye (Pauline Krikke) souligna cependant avec empressement la dimension psychiatrique du crime. Les jours suivants, diverses questions furent soulevées. L’on y apprit successivement que l’homme était perturbé, connu de la police pour comportement erratique (5 mai), que, selon un témoin (6 mai), tout cela ressemblait furieusement à une attaque islamiste (coups de poignard dans le cou, cris Allah Akbar), qu’un expert (Ronald Sandee, Algemeen Dagblad, 6 mai) se demandait pourquoi avoir affirmé si précipitamment qu’il ne s’agissait pas d’un acte terroriste, alors que tous les signes convergeaient, qu’il s’agissait d’un demandeur d’asile syrien, qui, courant février, avait balancé ses affaires par la fenêtre, (7 mai), que, dans le quotidien de gauche de Volkskrant (7 mai), l’enseignant de droit Ferry de Jong avançait l’idée que l’on pouvait très bien être « perturbé » et terroriste, que début mars, la police avait été informée anonymement de l’intention du suspect de commettre un attentat, que le maire avait été vivement critiqué par la municipalité pour sa gestion de la communication et qu’elle reconnaissait ses erreurs (17 mai), que la famille du suspect allait porter plainte contre l’institut Parnassia où le suspect était soigné pour paranoïa, après l’avoir laissé sortir (17 mai) et, cerise sur le gâteau, que l’une des victimes, gravement blessée, musulmane elle-même, allait porter plainte contre le même institut pour les mêmes raisons, tout en continuant à penser mordicus qu’il s’agissait bien d’un acte terroriste (7 juin).

Ma parole, le serpent islamiste serait-il en train de se mordre la queue musulmane ?

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