Editoriaux - Politique - 17 juin 2019

Youpi, je vais peut-être pouvoir riper !

Enfin, c'est pas pour demain...

Frustré d’expression et d’interpellation directes, voici que les adversaires de la privatisation d’Aéroports de Paris m’offrent ce petit cadeau de démocratie participative.

J’ai donc, avec un peu de tâtonnements, apporté mon soutien sur le site dédié, ouvert depuis le 13 juin, petite signature parmi les 4,7 millions qui seront nécessaires pour concrétiser le processus et déclencher les travaux du Parlement en vue de ce « RIP 1er ».

Le recueil de ces signatures durera neuf mois, délai très symbolique de gestation pour un nouveau-né. Sarkozy, le promoteur de ce référendum, ne manquait pas d’humour, car je n’ose imaginer que ce soient les sages du Conseil constitutionnel qui aient fixé ce calendrier…

Si, le 12 mars 2020, le quota est atteint, le processus se poursuivra avec le même rythme de colimaçon. En effet, le Parlement aura alors six mois pour examiner la proposition de loi qui sera soumise à référendum par les initiateurs de ce RIP.

À l’époque des élections municipales…

Suite à quoi, le président de la République organisera cette grande consultation, sans qu’aucun délai ne lui soit imposé ! Mais avec des élections successives d’ici les présidentielles de mai 2022, sa tactique devra être particulièrement subtile. En effet, le calendrier démocratique est très chargé : municipales en mars 2020, sénatoriales (pour la moitié de l’assemblée) en septembre 2020, départementales et régionales, fin 2021…

J’oublie, comme lui, la modification de la Constitution renvoyée aux calendes, mais je soupçonne que sera après la « rénovation » de la haute assemblée qu’il espérera « laremisée » !…

Au moment le plus opportun pour lui, mettra-t-il Le Maire, ministre actif de cette privatisation, en avant comme cible, pour prévenir une réponse populaire en forme de désaveu personnel, ce dont les Français sont friands ?

Quoi qu’il advienne, de l’eau de la Seine aura coulé sous les ponts et du kérosène brûlé dans le ciel parisien.

Si, nonobstant l’imprévisible délai, je compte bien participer à cette grande et nouvelle implication citoyenne, rien en revanche ne préjuge à ce jour de la réponse que je ferai alors, selon le pétrissage démocratique qu’aura subi la France et les circonstances du moment…

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