Editoriaux - Environnement - Politique - 18 février 2020

Une machine à laver diesel ?

Toujours plus d’État, toujours plus d’assistance, toujours moins d’initiative personnelle, de responsabilité individuelle

Que ferait-on sans l’État ? L’État omniprésent, l’État nounou, l’État protecteur, l’État envahissant, l’État partout, pour tout, pour tous, l’État qui sait alors que les pauvres bougres que nous sommes trempent dans l’ignorance, sinon dans la bêtise, l’État prédateur, l’État…

Margaret Thatcher, arrivant au pouvoir, s’était fixé un objectif clair et limpide : « Faire reculer les frontières de l’État. » Elle ajoutait qu’elle voulait « faire passer la société britannique de la dépendance à l’autonomie – d’une nation de quémandeurs à une nation d’entrepreneurs ». En France, on fait l’exact inverse : toujours plus d’État, toujours plus d’assistance, toujours moins d’initiative personnelle, de responsabilité individuelle. Une activité n’est pas réglementée ? Mais, ma chère, c’est terrible ! Il y a un « vidju » ! Oh, pardon, cela m’a échappé ! Je voulais dire un « vide juridique ». Comment vivre dans une société pleine de « vidjus » comme un vulgaire gruyère ?

Alors, l’État intervient, avec sa délicatesse habituelle, façon panzer. Le pire, c’est qu’il intervient toujours en présentant de bonnes raisons : la sécurité, le bien-être des gens, la pollution et autres, toutes choses essentielles, bien sûr.

Comme disait Benjamin Griveaux avant de déraper sur une peau de banane, les « gens qui fument des clopes et qui roulent au diesel » doivent équiper leur moteur d’un filtre à particule, c’est, dit-on, bon pour la planète. Eh bien, aujourd’hui, on apprend, par Le Parisien, que le même filtre devra, dorénavant, être installé sur votre… machine à laver. L’ennemi, ce sont les microfibres synthétiques de nos vêtements ! Il faut à tout prix les empêcher de rejoindre les eaux usées pour se retrouver, plus tard, au fond des océans.

Et de faire claquer le drapeau au vent : le gouvernement nous apprend que la France serait le premier pays au monde à légiférer en la matière, lit-on. Le ministricule en charge de ces sujets ajoute, en gonflant ses petits pectoraux, que cette mesure « place la France à l’avant-garde de la lutte contre la pollution aux microplastiques et de l’innovation pour la transition écologique ». Ma chère, vous m’épatâtes ! Il y a des tas de sujets pour lesquels on aimerait voir la France à l’avant-garde mondiale : la sécurité publique des personnes et des biens, la qualité de notre école et sa remontée dans le classement PISA, le retour à une justice non politisée, le respect de notre identité, la fin des délires orwelliens appliqués à notre société, la lutte contre les déclarations idiotes – « le père peut être la grand-mère », susurrait, il y a peu, l’ex-ministre de la Santé qui ne voulait pas être candidate à Paris…

Ce triomphalisme anticipé est choquant : on ne vote pas des pour être le premier de la classe mais pour qu’elles soient justes, bonnes, nécessaires et efficaces lorsqu’elles sont appliquées, ce qui est loin d’être le cas.

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