Toujours pas de médailles pour les policiers de la BAC intervenus au Bataclan
C’est un article du Monde qui révélait, le 29 mars, que des policiers de la BAC 75N ne recevraient finalement pas de médailles, malgré leur intervention lors des attentats au Bataclan. Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, que ces policiers cherchent à faire reconnaître leurs efforts et leur mérite mais, cette fois-ci, ils pensaient bien que ce serait le cas. Le quotidien précise que la conseillère à la sécurité d’Anne Hidalgo avait organisé la remise des médailles de la ville de Paris le 18 mars, mais les policiers ont finalement découvert qu’il fallait l’aval du ministre de l’Intérieur. Quant à la Légion d’honneur, qu’ils espéraient recevoir après les déclarations d’Emmanuel Macron lors de la commémoration des dix ans des attentats, il semble qu’elle doive également leur échapper…
« On nous méprise »
Ils sont seize policiers qui, depuis plus de dix ans, attendent un peu de reconnaissance nationale après leur intervention le 13 novembre 2015, explique Le Monde. Et même s’« ils n’échangeront aucun coup de feu avec les terroristes », le soir des attentats, ces policiers arrivés de leur caserne dans le XVIIe évacuent les blessés malgré leur équipement insuffisant et avant que la BRI ne neutralise les terroristes. D’ailleurs, rapporte encore le quotidien national, « trois jours plus tard, le 15 novembre 2015, un officier rend hommage, dans un rapport officiel, à leur "très grand professionnalisme" et à leur "courage exceptionnel", qui ont permis de sauver de "nombreuses vies […] malgré les risques encourus" ». On comprend donc sans mal qu’Alain Giraud, l’un des policiers de la BAC 75N de l’époque et à présent à la retraite, explique à RTL ressentir de la déception, de la colère, même avoir l'impression qu’« on [les] méprise » quand « vous avez des acteurs et des chanteurs qui ont cette décoration ».
Les oubliés de la BAC
Alain Giraud explique ainsi à RTL que, pour la Légion d’honneur, ses collègues et lui ne rentreraient pas dans les critères d’attribution, et « pour la médaille de la ville de Paris, [ils] attendai[en]t que le ministère de l'Intérieur donne son accord pour les noms qu’[il a] donnés pour cette décoration ». À la radio, le policier à la retraite exprime son incompréhension. À la télévision, sur TF1, il explique même avoir « l’impression de quémander » cette reconnaissance nationale. Auprès du Monde, ces policiers se qualifient même d’« oubliés du 13.11 ». Il faut bien avouer que le témoignage d’Alain Giraud à Ouest-France, en novembre dernier, était glaçant et que, déjà, il dénonçait ce manque de reconnaissance : « Des années plus tard, lors du procès des attentats en 2021, Alain Giraud et ses collègues comprennent que leur rôle, leur mission dans le Bataclan a été minimisée, voire oubliée », explique le journal local.
Dix ans après, trop pressés d'être récompensés ?
Alors, si d’abord « contactés, le ministère de l’intérieur, la ville de Paris et la préfecture de police n’ont pas donné suite aux sollicitations du Monde », Laurent Nuñez a fini par expliquer, sur France Info ce 1er avril, que « c'est compliqué », puisqu’« il faut déterminer le rôle précis de chacun d'entre eux, il y a tout un historique à reconstituer ». Ceux qui pensaient que la France distribuait ses médailles comme des petits pains n’ont qu’à bien se tenir ! D’ailleurs, même si le ministre de l’Intérieur dit « comprendre l’amertume » de ces policiers de la BAC, il tient aussi à les rassurer : « Nous y travaillons, assure-t-il. Il y a bien le dossier d'un certain nombre de membres de la BAC N75 qui sont en cours d'examen [...] Ce dossier continue, c'est un dossier qui est encore vivant. » C’est que la procédure semble longue et complexe : « Il faut établir leur rôle, il y a des rapports qui sont établis » et, ajoute Laurent Nuñez, c’est à la Grande Chancellerie qu’appartient la décision. Contacté par BV, Olivier Damien, commissaire divisionnaire honoraire, explique qu’effectivement, pour ce qui concerne les ordres nationaux, les dossiers sont étudiés au cas par cas par la Grande Chancellerie et que l’un de ses premiers critères est l’éminence des services démontrables. Or, explique-t-il, « plus les faits sont appréciés tardivement, plus ils sont difficiles à établir ». En effet, il faut donc, pour chacun des policiers concernés, retracer toutes les actions accomplies. Et dix ans après, c'est évidemment plus compliqué.
Donc, l’affaire n’est pas close et, d’ailleurs, le ministre de l’Intérieur le répète : « Ce qui a été fait ce soir-là […], ça a été vraiment héroïque et ça mérite le respect de la nation. » Les policiers de la BAC sont simplement trop pressés ! Il était en revanche manifestement plus facile et plus rapide de démontrer l’« engagement au service de l’intérêt général » de l’acteur Jean-Paul Rouve – alias Jeff Tuche – décoré, lui, de la Légion d’honneur, la semaine dernière.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts





































55 commentaires
Autrefois, quand des militaires ou des policiers étaient tués, la gauche disait : bien fait pour leurs gueules, ils n’avaient qu’a faire autre chose.. Maintenant dans les mêmes circonstances, on hausse les épaules en disant: C’est leur métier!
Quand Macron l’excité des stades décide de refiler la Légion d’honneur à des goguelus qui ne font que tapper dans un ballon, il n’y a pas tant de formalités à remplir.
Nunez est lamentable dans toutes ses actions !
Quant on voit qu’on a donné la légion d’honneur qui n’a fait que des films complètements tartes pour rester poli, je parle des tuches, il y a de quoi rager.
c’est peu de chose, mais ils ont toute ma reconnaissance et, je suppose, celle de millions de français. Quant aux hésitations de Nunez et consorts, c’est juste lamentable. en France, on préfère honorer des clowns que des héros.
On découvre petit à petit qui est réellement monsieur Nunez et ce n’est pas beau à voir. Il était soi-disant formidable comme préfet de Paris! En réalité c’est une couard qui ne mérite pas son poste actuel. Ce n’est qu’un adepte du pas de vague et d’après moi le déluge. Une erreur de casting de plus.
Mais la Légion d’honneur à une Victoria Beckam dont on se demande bien ce qu’elle a fait pour la France, ça, ça ne traine pas ! Mais quelle déchéance dans ce pays !
Dans la même semaine ont été décernées des légions d’honneur à :
– l’adjudant-chef Frion : major à titre posthume, 5 citations dont 4 à l’ordre de l’armée, médaillé militaire, mort pour la France;
– Jean-Paul Rouve : … rien ! A part vivre grassement sur le dos du CNC, donc du contribuable, en tournant des bouses pour déficients mentaux !
J’aimerais bien que soit communiqué dans la presse le mémoire de proposition de ce guignol avec les motivations ! Juste pour rigoler !
Enfin l’accolade, réminiscence de la cérémonie d’adoubement des chevaliers de l’ancien régime, ce n’est pas s’étreindre langoureusement comme deux adolescents en chaleur prêts à se rouler une pelle ! Un peu de tenue, que diable !
En conclusion : Allô ? Général Lecointre ? Pas trop honte ?
Il est en dessous de tout. Quand il s agit de donner la médaille à un pseudo artiste, ça mets moins de temps. Au bout de dix ans, ces policiers traumatisés pour certains n ont rien eu qui aurait pu participer à leur reconnaissance. C est vraiment le monde à lamentable.
Honte aux planqués et autres ronds de cuirs francs-maçons.
Bravo aux policiers ! Les conditions de cette intervention dépassent leur simple engagement professionnel.
Ils se sont conduits en héros.
Messieurs gardez la tête haute. Vous avez votre honneur sauf. Les personnes qui lambinent et rechignent à vous remettre des décorations de reconnaissance de la nation et de la ville de Paris ne peuvent se regarder et être légitimement fiers d’eux. Ou alors orgueilleusement et de mauvaise foi. Ils sont à plaindre en vérité.
Et s’il n’y avait que JP Rouve… Combien d’acteurs et de chanteurs ces dernières années?
A qui profite le crime ? voilà une des réponses. On se réveille quand ???
C’est tout simplement scancaleux et les déclarations du ministre de l’Intérieur une insulte aux policiers.
Il serait intéressant de connaitre « l’éminence des services démontrables » de la fille de Mme Macron qui a été décorée en même temps que Mme Schiappa … Là aussi, ce fut rapide !