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Editoriaux - Table - 10 décembre 2017

Un tirage spécial du Loto pour notre patrimoine : bravo !

Navré pour les grincheux qui trouveront à y redire, mais l’initiative de de proposer “qu’un tirage spécial du Loto serve à financer la restauration des monuments en péril” est excellente.

Ainsi, la Française des jeux va organiser un tirage spécial à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Un amendement a été adopté vendredi dernier par l’Assemblée nationale dans le cadre du second projet de budget rectificatif pour 2017. Le nouveau fonds pourra financer des réhabilitations, tant du patrimoine protégé que non protégé, y compris celui que doit recenser la mission confiée à l’animateur Stéphane Bern par le Président Emmanuel Macron, et les sites confiés au Centre des monuments nationaux.

Comme le précise Le Figaro, ce “Loto patrimoine” concernera “un tirage et un grattage spécial. Le gagnant gagnera sa part habituelle […], la part de l’État reviendra au patrimoine.”

Faut-il le rappeler une énième fois, nos monuments, nos œuvres sont des gouffres financiers exigeant des dépenses pharaoniques que les entrées payantes et les produits dérivés ne sauraient couvrir.

Bien entendu, il est indispensable, pour admettre de telles propositions, que les Français mettent entre parenthèses cet individualisme qui les caractérise tout de même un peu, cela dit en reconnaissant leur grande générosité pour diverses causes. Notre peuple n’en est pas à un paradoxe près !

De remarquables initiatives ont déjà vu le jour par le passé, notamment celle du Louvre avec son opération « Tous mécènes », qui récolte actuellement des dons pour racheter le sublime Livre d’heures de François Ier. “L’acquisition d’un tel chef-d’œuvre est l’occasion unique de retrouver un vestige unique des trésors des Valois dispersés au cours des siècles” (tousmecenes.fr), explique si justement le musée. C’est aussi sauvegarder le patrimoine que de ne pas le laisser se disperser aux quatre coins du monde.

On pourrait, de même, envisager que les maisons d’édition, publiant les textes d’auteurs dont l’œuvre est passée dans le domaine public, participent à la restauration des demeures et sépultures de ces derniers. Il y a quelques années, j’ai été très choqué par l’état déplorable de la tombe d’Alfred de Vigny, au cimetière de Montmartre, à Paris.

Notre patrimoine ne fait pas partie de notre identité, il est notre identité. L’abandonner, c’est nous perdre. Aussi, Stéphane Bern a raison de répondre à ses détracteurs, qui parlent souvent à défaut d’agir : “Ils étaient où, quand je suis allé défendre, par exemple, la faïencerie de Sarreguemines ou le patrimoine ouvrier ? Je ne les ai pas beaucoup vus. C’est facile, de donner des leçons quand on est bien au chaud, confortablement installé dans sa chaire universitaire” (Le Figaro).

Ainsi qu’écrivait Victor Hugo, s’insurgeant contre la possible démolition de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, en face du Louvre : “Il faut des monuments aux cités de l’homme ; autrement où serait la différence entre la ville et la fourmilière ?” (Choses vues).

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