Subventionnés, les promoteurs du projet de migrants à Callac bientôt au cinéma

© Capture écran bande-annonce Ma France à moi

« Ma France à moi ». France (Fanny Ardant), la soixantaine, bourgeoise esseulée dans son grand appartement parisien, décide d’ouvrir ses portes à un jeune Afghan. Malgré les critiques de son entourage étroit d’esprit, elle tient bon et héberge cet exilé d’une vingtaine d’années. Cette ode à l’immigration, la tolérance et le vivre ensemble, qui sent bon le politiquement correct, a pu compter sur le soutien financier de Valérie Pécresse. Annoncé dans les salles obscures au mois de décembre 2023, le film a ainsi reçu 240.000 euros de la région Île-de-France. Une subvention dénoncée par le Rassemblement national, qui accuse l'ancienne candidate malheureuse des Républicains à la présidentielle de soutenir « la propagande immigrationniste ».

Projet Horizon à Callac

Le scénario de ce film est largement inspiré - quoique quelque peu romancé - du livre Mohammad, ma mère et moi, écrit quelques années plus tôt par Benoît Cohen, le réalisateur. Sa mère, Marie-France Cohen, cofondatrice de la marque de vêtement pour enfants Bonpoint et des concepts-stores Merci, décide d’accueillir en 2016, dans son hôtel particulier du VIIe arrondissement, un jeune Afghan, ancien interprète des forces armées françaises en Afghanistan. Installé en France, ce jeune exilé intègre alors Sciences Po. Un parcours d’intégration réussi - on conviendra, malgré tout, que tous les migrants n'ont pas servi la France, souvent au péril de leur vie, et ne terminent pas sur les bancs de la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume - qui encourage la famille Cohen à orienter une partie de ses œuvres de philanthropie en faveur des migrants. Car si le nom de Cohen ne vous dit peut-être rien, leurs actions, quant à elles, ont été largement médiatisées, ces derniers mois.

À la tête du fonds de dotation Merci, Benoît Cohen, sa mère et ses frères sont à l’origine du projet Horizon, qui consistait à installer des personnes réfugiées en zone rurale. À l’automne dernier, la famille, « convaincue que les personnes réfugiées sont une chance pour la France », avait tenté d’implanter son programme à Callac, dans les Côtes-d’Armor. Face à une importante résistance de la population locale qui refusait de voir son village changer de visage, le projet était finalement abandonné. Malgré cet échec, le fonds de dotation Merci ne baisse pas les bras. Ce mois-ci, ils ont lancé le site Internet www.villagehorizon.org visant à promouvoir leur projet et trouver une autre commune d’implantation.

Avec son nouveau film Ma France à moi, Benoît Cohen entend donc poursuivre son combat en faveur de l’accueil des migrants. Auprès de Radio France, il explique : « L’idée [du titre] est de ne pas laisser le mot France aux extrêmes. » Sous la bande-annonce sortie cette semaine, les critiques s’accumulent déjà. « Où trouve-t-on l’argent de financer ce genre de navet qui ne sera pas rentable ? » S’interroge un internaute. Et un autre de surenchérir : « Je prédis à ce film seulement deux semaines d’exploitation… »

L’immigration au cinéma

Il faut dire que Ma France à moi est loin d’être le premier film qui traite de la question des migrants sous l’angle de l’ouverture et de la tolérance. Ces dernières années, les longs-métrages sur cette thématique et financés par le contribuable se sont même accumulés sans véritablement rencontrer de succès en salles. L’année 2022 a été particulièrement prolifique. En février, Ils sont vivants, une comédie dramatique qui raconte l’histoire d’amour entre une Française aux penchants xénophobes et un migrant iranien, installé dans la jungle de Calais, peine à convaincre. Soutenu par France 3 Cinéma, le film ne rassemble que 46.000 spectateurs. Six mois plus tard, Le Prix du passage, qui, là encore, met en scène une Calaisienne devenue passeur de migrants, est un échec total au box-office français. Et que dire des Engagés, ce drame subventionné par le CNC qui s’inspire de l’histoire des « sept de Briançon », ces passeurs de migrants dans les Alpes. Avec à peine 40.000 entrées, le film est l’un des plus gros échecs de l’année.

De nouveau cette année, Les Survivants, un film à nouveau soutenu par le CNC, met en scène Samuel, un Français installé à la frontière franco-italienne, qui décide de venir en aide à une jeune Afghane malgré les menaces de l’extrême droite. Dernier en date, la comédie Pour l’honneur, qui valorise l’arrivée de migrants dans un village français, a bénéficié d’une subvention de 100.000 euros, versée par la région Nouvelle-Aquitaine.

Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Je ne vois pas l’intérêt d’un film sur ce sujet . Mais venez donc à Pontivy (15000 hab) ,Loudéac ( – de 10 000 ) , Mûr de Bretagne (2 400 )et ailleurs en Bretagne centrale et vous serez vite confrontés à l’immigration . Dans ces villes et bourgs vous ne ferez 100 m sans croiser un migrant . Combien sont-ils en tout ? Nul ne le sait car aucune municipalité n’en a parlé à ses concitoyens . C’est l’omerta totale . A Mûr , par ex. , la plupart des maisons qui étaient vides il y a 5 ans , sont aujourd’hui pleines . Des Comoriens ( beaucoup de Mahorais : ils sont Français depuis que Sarko …etc.) , des Afghans , Syriens , d’autres nationalités … Qui paie les loyers ?

  2. décidément notre pays a la subvention facile, voir irréfléchie avec un certain masochisme dans ses choix. Nos élus font ainsi parfois un usage bien discutable de nos impôts.

  3. Les bourgeois pas seulement de Calais veulent nous faire manger des couleuvres avec de l’argent public c’est cela la chance pour la France . La chanson de Jacques Brel les bourgeois est toujours d’actualité seulement à cette époque ces bourgeois ne faisaient pas de propagande avec les Deniers Publics !!! Comme toujours la modestie des  » stars « si elles le sont n’est pas de ce monde !

  4. Un nouveau nanar en vue. Les producteurs et réalisateurs, et leurs soutiens, sont incorrigibles, ils s’obstinent à croire que les Français dans leur majorité, veulent du migrant, toujours plus de migrants, chez eux. Si les sondages, si les Charlie Hebdo, les Bataclan, les Samuel Paty, les Dominique Bernard, les Alban Gervaise, les Arnaud Beltrame, les promeneurs de Nice, bon, ça ira? ne les ont pas encore éclairés, il ne subsiste nul espoir, ils finiront toujours aussi aveugles et sourds.

  5. Il faut comparer les migrants aux nazis d’avant guerre. Pour la fin, nous la connaissons. Alors françaises et français réagissaient avant qu’il ne soit trop tard.

  6. Si après des films comme ça , qui sans doute font pleurer Margot dans les chaumières, les français n’ accueillent pas à bras ouvert toute la misère du monde c’est à désespérer du genre humain. Après tout, c’est du sang neuf qui va rebooster les vieilles souches gauloises. ( évidemment le plaisante tristement)

  7. Une véritable honte que des collectivités locales utilisent une partie de nos impôts locaux pour financer des navets promouvant des anti français.

  8. Le CNC ? Un micmac dont même la Cour des comptes n’ose s’approcher. Au fait combien de pays européens subventionnent-ils à fonds perdus le cinéma d’auteur ? Même si l’on comprend qu’à 74 ans les offres s’amenuisent, Fanny Ardant serait-elle à ce point sur la paille pour accepter un tel rôle ?

  9. Bref, un conte aussi crédible que Pinocchio avec son nez qui s’allonge pour cacher la réalité.
    Mais pourquoi au juste ne pas avoir fait un film sur ces personnes qui se sont fait assassiner par les migrants qu’elles accueillaient? C’est pourtant plus courant et plutôt « bancable » vu que le public raffole des films policiers, il n’y aurait donc pas eu besoin de subventions.
    J’imagine que dans ce film, comme dans les discours de la nupes, on entend jamais le mot « terrorisme ».
    Et ces gens se prennent pour des résistants…

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