Devant la recrudescence des foyers épidémiques du Covid-19, le gouvernement décide d’imposer le port du masque dans tous les lieux clos à compter du lundi 20 juillet. Ainsi, comme il est loin, le temps où la Macronie préconisait de ne pas se ruer dans les pharmacies et autres sites de vente, car il s’agissait de réserver le peu de masques chirurgicaux disponibles aux professionnels de santé. Ou quand la crise sanitaire peut être essentiellement logistique.

Seulement, depuis le déconfinement (le 11 mai), le petit masque, en papier comme en tissu, ne devait être porté que dans les transports en commun. Ce qui est de moins en moins fait depuis, notamment dans les transports parisiens. Du reste, un relâchement clair dans les attitudes depuis la fête de la Musique, durant laquelle il y a eu beaucoup trop de rassemblements devant les bars et les restaurants. Alors, quel est le sens de cette mesure ? Rassurer la population ? Ou, plutôt, repousser le problème, comme ce fut le cas en janvier dernier, au moment où s’étendait la « première vague » de ce nouveau coronavirus ?

D’abord, observons le fait que, mis à part la Seine-Saint-Denis et la ville de Marseille, l’incendie prend dans les territoires qui n’avaient pas été contaminés massivement dans les trois derniers mois : la Mayenne, la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne. Toujours est-il que le nombre d’entrées dans les services de réanimation et celui des décès à l’échelle nationale restent stables : 481 nouveaux malades et 18 nouveaux décès en 24 heures. Pour autant, le taux de contamination peut s’élever à, quasiment, 3 cas pour un sujet infecté, comme en région PACA, par exemple. De plus, on enregistre 10,1 nouveaux malades pour 100.000 habitants en Île-de-France. En définitive, la situation est-elle franchement angoissante ?

Il y a, en effet, de quoi être préoccupé, d’autant plus que l’infectiologue Éric Caumes n’hésite pas à dire que nos binationaux reviennent avec ce virus en France (Le Parisien). Mais ce qui est beaucoup plus inquiétant, c’est que l’épicentre de cette pandémie mondiale demeure encore aux États-Unis ainsi qu’au Brésil : à ce jour, 136.938 et 76.000 morts, de façon respective. Sans oublier, dernièrement, un net retour du virus à Barcelone (en voie de reconfinement), à Tokyo, dans le Xinjiang en Chine et en Israël (2.000 nouveaux cas en 24 heures). Tout ceci laissant penser que le confinement national, autrement dit la fermeture des frontières, reste une des seules options viables face à des phénomènes viraux, appelés à se renouveler, car en provenance de territoires où les règles sanitaires sont pratiquement nulles, et dans l’élevage et dans les marchés, en l’occurrence en Chine, et beaucoup trop souvent depuis 2003 (SRAS).

Donc, au virus d’origine animale obligeant l’être humain à se retirer du monde s’ajoute celui de nature idéologique qu’est le sans-frontiérisme, comme s’il valait mieux être assigné à résidence plutôt que d’être libre dans son pays. A minima, ceux qui posent le pied sur le sol hexagonal ne sont pas assujettis à des quatorzaines ni à des tests PCR systématiques. Enfin, le masque en soi n’est-il pas une frontière à échelle individuelle ? En l’espèce, cacher son visage, n’est-ce pas dissimuler une large partie de son âme ? « Je ne dis pas qu’autrui est Dieu, mais que dans son visage j’entends la parole de Dieu », avait affirmé le philosophe Emmanuel Levinas.

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