Editoriaux - Politique - Tribune - 19 janvier 2020

Sondage municipales : faut-il un bilan désastreux pour être réélu maire de Paris ?

Un récent sondage IFOP pour BFM TV et le JDD annonce Hidalgo nettement en tête au premier tour, avec 25 %, devant Dati (19 %) et Griveaux (15 %).

Un bilan catastrophique est-il, désormais, un atout pour se faire réélire ? Car chacun le sait, Hidalgo pourrait se voir décerner, au bout de cinq ans, le titre de pire maire de Paris de tous les temps. Et je ne suis pas le seul à le dire : voir le livre d’Airy Routier et Nadia Le Brun Notre-Drame de Paris.

Jugez en vous-même :

– Explosion spectaculaire de la délinquance, vols, cambriolages, agressions physiques, depuis cinq ans. L’édile ne conteste même pas, elle a évoqué publiquement un manque d’effectifs de policiers sur le terrain pour s’en excuser. Une façon de se dédouaner en accusant l’État, certes en partie responsable ; sauf que Mme Hidalgo s’est, jusqu’à présent, refusée à créer une police municipale…

– Faillites en série, fermetures de commerces, restaurants, cafés, pertes d’activités et de diversité commerciale en centre-ville. Face à cela, la mairie s’abrite aussi derrière les carences du gouvernement, sauf que sa politique anti-voitures et laxiste en termes de sécurité est en grande partie responsables de ces difficultés.

– Baisse de la fréquentation touristique en 2019.

– Circulation de plus en plus infernale dans Paris. Taxis, VTC, livreurs s’en plaignent, de même que les nombreux banlieusards qui viennent en voiture travailler à Paris. Mme Hidalgo assume totalement cette politique, l’écologie d’abord… Et tant pis pour tous ceux qui croupissent des heures dans les bouchons, tant pis pour les commerçants qui perdent des clients, ceux-là ne comptent pas trop : le plus souvent, ils ne votent pas à Paris…

– Saleté des rues : les poubelles ne sont plus ramassées avec autant de régularité, les camions-poubelles effectuent leurs tournées en plein jour quand ils opéraient, jadis, aux aurores, ce qui rend l’enlèvement malaisé et perturbe un peu plus la circulation. Les rats pullulent, l’image de la ville est dégradée.

– La ville de Paris cumule un endettement de 5,7 milliards d’euros, qui explose depuis cinq ans. Et oui, Mme Hidalgo a augmenté les effectifs de fonctionnaires, conseillers, rapporteurs missionnés, etc. Elle a aussi investi dans un plan en faveur du logement social à hauteur de 10 milliards d’euros. Logique, me direz-vous, une socialiste fait dans le social : c’est aussi un bon moyen pour développer son électorat…

Depuis cinq ans, Mme Hidalgo ne gère pas la ville de Paris, elle gère des clientèles électorales : bobos, lobby gay, musulmans, etc. On pense avant tout aux habitants qui votent, exigent la tranquillité d’abord, et tant pis pour les autres : touristes, banlieusards, investisseurs… Résultat : la vitrine Paris se détériore au vu et au su de tous, la ville se transforme en une cité-dortoir, qui perd ses activités et ses distractions, s’éloigne ainsi des critères auxquels répondent les principales capitales mondiales. Paris vit sur sa légende, elle ne répond plus à l’image qu’elle a dans le monde ni aux normes d’attractivité qui devraient être les siennes. C’est une ville de plus en plus invivable, sauf pour les clientèles que Mme Hidalgo entretient jalousement…

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