Retour d’Arnault à l’Assemblée : « On ne va pas en faire un fromage. » Classe, Mosco !
On l’avait compris depuis le début de l’affaire : Raphaël Arnault ne démissionnerait pas de son mandat de député. On ne saura pas – en tout cas, pas tout de suite – si l’idée lui a traversé la tête, ne serait-ce qu'un instant. Mais l’on avait très bien compris que LFI en avait fait une question de principe, qu’elle ne lâcherait pas le fondateur de la Jeune Garde et qu’elle en ferait même un porte-étendard de sa cause, pour ne pas dire un martyr.
On avait bien deviné aussi que, passé un délai de viduité politique qu’on pourrait qualifier de délai de décence ou plutôt d’indécence, favorisé opportunément par la suspension des travaux durant la campagne des élections municipales, l’homme sortirait de sa tanière et ferait son retour au palais Bourbon. C’est donc chose faite. « Drivé » par la patronne du groupe LFI, Mathilde Panot, telle une maman-poule accompagnant son petit à l’école, le député de Vaucluse, l’air un peu penaud et ayant visiblement ravalé sa morgue, a fait son retour dans l’Hémicycle, ce mercredi 1er avril. Reconnaissons une certaine prudence de la part de la meute : ils n’ont pas osé lui donner une question à poser au gouvernement ! Donc, ça, c’est fait. Fin de l’histoire. On est prié de passer à autre chose. Il y a tellement de sujets plus importants !
L'air détaché du grand sage...
Et c’est en gros ce qu’a déclaré, sur France Info, Pierre Moscovici, ancien Premier président de la Cour des comptes et désormais membre de la Cour des comptes européenne. De l'air détaché du grand sage, de celui qui, désormais, est au-dessus de toutes ces basses polémiques et autres contingences politiciennes, l’ancien ministre socialiste a déclaré : « Je suis un peu loin de tout ça. Je n’en ferai pas une énorme affaire, franchement. » Il s’est, bien sûr, empressé de préciser immédiatement qu’il ne parlait pas de la mort de Quentin Deranque - un fait qu’il qualifie de « considérable » - et qu’il faut réprouver la violence en politique. Pierre Moscovici n’a pas non plus occulté le fait que « des proches de M. Arnault… ce qu’on appelle la Jeune Garde » puissent être impliqués dans la mort de Quentin Deranque. Ni caché qu’il n’avait pas spécialement de sympathie pour Raphaël Arnault. La même « non-sympathie », sans doute, que celle du député socialiste de Vaucluse Lucien Stanzione lorsque Arnault déboula en 2024 à Avignon avec ses armes et bagages d’« antifasciste » pour les élections législatives. Ce qui n’empêcha pas le même Stanzione d’appeler à voter pour Arnault au second tour et de lui serrer la main quelques mois plus tard...
🔴 🗣️ "Ce n'est pas lui qui a tué ce jeune homme, il a pris un temps de pause. Je ne dis pas que c'est normal, mais on ne va pas en faire un fromage non plus" : @pierremoscovici réagit au retour de Raphaël Arnault à l'Assemblée nationale.#ToutEstPolitique #Canal16 pic.twitter.com/gI2jYGVcU7
— franceinfo (@franceinfo) April 1, 2026
À ce sujet — [ÉDITO] Un mois et demi après le meurtre de Quentin, Raphaël Arnault poursuit sa carrière
On a échappé à l'expression « Après tout, il n’y a pas mort d’homme »
Pas de sympathie pour Arnault de la part de Moscovici, mais… Mais de là à ce qu’Arnault démissionne, c’est une autre histoire. « Après, il est député. Ce n’est pas lui qui a tué ce jeune homme… Il a pris un temps de pause… On ne va pas en faire un fromage non plus. » Fin de l’histoire. Responsabilité politique de Raphaël Arnault ? Nada. Pertes et profits, comme on doit dire à la Cour des comptes. Une ligne qui n'est finalement pas si éloignée de celle tenue par les Insoumis, depuis le début de l'affaire et jusqu'à ce 1er avril, jour de retour d'Arnault à l'Assemblée : « Ma réponse est très claire : Raphaël Arnault a toute sa place à l’Assemblée nationale », comme l'a claironné Mathilde Panot, sur X, avec cette petite touche d'indécence qui caractérise tant LFI, depuis le début de l'affaire : « Pleurez, les fachos. »
Mais restons à Moscovici. Imaginons, un seul instant, qu’un militant d’extrême gauche ait été battu à mort par des militants d’extrême droite dans les mêmes circonstances que celles qui virent la mort de Quentin Deranque. Imaginons, aussi, que parmi les meurtriers présumés se soit trouvé un individu qui aurait été attaché parlementaire d’un député Rassemblement national, ne serait-ce qu’une quinzaine de jours. Imaginons, encore, que ce député RN ait « pris un temps de pause » (on imagine plutôt qu’il aurait été rapidement conduit, d’une façon ou d’une autre, à la démission...) et qu’à l’occasion de son retour dans l'Hémicycle, une personnalité éminente de la droite, retirée des basses contingences de la politique politicienne comme le très onctueux Pierre Moscovci, ait balayé d’un revers de main le problème en déclarant « On ne va pas en faire un fromage non plus ». Imaginons...
On ne va pas en faire « tout un fromage », « des tonnes », « des caisses », « tout un plat »... La langue française est riche de locutions populaires pour exprimer la relativisation des choses. Une dernière, encore : « Après tout, il n’y a pas mort d’homme. » C'est vrai, mais avant tout, oui.
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86 commentaires
Leurs propos deviennent de plus en plus outranciers. Ils suivent l’exemple du « leader mélenchon. Le gouvernement est « tombé » sous la coupe de LFI. Nos libertés sont de plus en plus réduites, menacées . Le réveil va être douloureux pour beaucoup de Français
Eux ( socialistes et affidés ) si prompts pour faire des histoires ( ou fromages, au choix ) lorsque c’est leur intérêt, estiment par la voix de M. Moscovici qu' »il n’y a pas lieu d’en faire un fromage » _ sic. Pourquoi ? Poser la question, c’est y répondre… CQFD !
Mosco, Ancien Commissaire européen aux finances, au niveau des finances actuelles de La France, c’est dire la réussite…
Infectes. Ils s’étonneront que les enfants jouent du couteau . Ils n’appliquent que ce qui est banalisé de vive voix par les adultes , sur un autre air musical.
Un individu fiché S devrait être privé de son droit d’éligibilité. Simple question de bon sens.