Editoriaux - Santé - Société - 11 juin 2019

Régime vegan : même les enfants !

Dès l’aube de l’humanité, les chasseurs-cueilleurs traquaient les protéines animales dont ils avaient constaté les bienfaits. Rare et chère, la viande fut ensuite réservée aux jours de fête, et la poule au pot hebdomadaire d’Henri IV vue comme une proposition salutaire. En ces temps-là, les comportements hérités des aïeux étaient a priori considérés comme bons, ce qui n’empêchait pas certaines remises en cause et évolutions, fondées sur l’expérience de gens compétents.

Mais depuis un demi-siècle, la mode déconstructiviste dynamite consciencieusement des pans entiers du bon sens, sans épargner le domaine de la santé.

Avant que la science ne permette d’en comprendre les bénéfices, le paysan le moins instruit considérait communément que le lait maternel représentait le bon aliment des nouveau-nés. Aujourd’hui, il se trouve des parents bac+5 qui soumettent leurs enfants (voire leurs nourrissons) au régime vegan, les exposant à la dénutrition, l’anémie, le retard psychomoteurs ou staturo-pondéral. En France, une fillette de 16 mois est ainsi décédée en décembre 2017. Ses parents – qui la nourrissaient au jus de châtaigne et au lait de riz – ont été mis en examen il y a un an, et leurs aînés placés.

Sans aboutir toujours à cette extrémité, ce genre d’affaires se multiplie au point que l’Académie royale de médecine de Belgique a estimé qu’une ferme mise au point s’imposait : « De plus en plus fréquemment imposé par des parents à leurs nourrissons », le régime vegan est « non recommandé médicalement et même proscrit ». Apparemment, ce n’était pas évident pour tout le monde…

Édifiante, aussi, l’annonce qu’a fait paraître, le 29 mai, un couple de Bourguignons sur lebonboin : « Recherche de cas de rougeole en France […] Nous sommes parents de deux enfants de 2 et 4 ans. Nos petits n’ont pas encore eu la rougeole et ne sont pas vaccinés pour cela. Nous préférons qu’ils ne le soient pas comme nous l’avons été, [mais] de manière naturelle. » Gribouille pas mort…

Merci, les anti-vaccins et les réseaux sociaux, qui donnent plus d’écho aux propositions sanitaires de gourous de sectes qu’à celles de professeurs de médecine : des gens persuadés d’être plus malins que les autres veulent exposer leurs enfants à une maladie susceptible de graves complication, au lieu de les en protéger !

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