Rapport de la Cour des comptes sur les lycées militaires : plaisir de salir ?

Traduisons les écrits de la Cour des comptes : en quantité de faits commis comme en gravité, on ne sait pas grand-chose.
Capture d'écran Lycée militaire de Saint-Cyr
Capture d'écran Lycée militaire de Saint-Cyr

C’est en train de devenir une sorte de marronnier : avec une forme de régularité, en moyenne tous les deux ans, la puissance publique se pose la question des comportements qui risquent d’entacher la réputation de ses lycées militaires. Cette fois, c’est la Cour des comptes qui s’y colle, avec un rapport publié le 2 février 2026.

Les sages de la rue Cambon commencent par se poser la traditionnelle question du rapport coût/efficacité, en se demandant s’il est bien raisonnable d’entretenir à grands frais des lycées sur lesquels le contrôle de l’État ne peut pas s’exercer d’une manière aussi serrée que celui-ci le voudrait. Ce goût de la République pour les rênes courtes ne lui vaudrait rien à la tête d’une entreprise… ou d’une armée. Il faudra que quelqu’un se penche un jour sur ce problème qui est d’un ordre quasiment psychiatrique.

En revanche, la Cour des comptes n’a pas tort de souligner que seuls 2 % des enfants de militaires profitent de ce dispositif : peut-être faudrait-il construire davantage de lycées militaires, à moins que cela n’accroisse la partition entre ceux qui aiment la France et ceux qui la vomissent. D’ailleurs, on s’alarme, dans ce rapport, du faible taux de mixité sociale : peut-être que le fait de porter un uniforme et d’être encadré par de militaires attire peu les jeunes issus des « quartiers populaires » qui seraient éligibles à une bourse. On ne sait pas. On passe sur la question du « taux d’évaporation » en classe prépa, qui est comparable, voire inférieur, à ce qui se pratique à Hoche, Ginette ou Henri-IV (de 1 à 10 %, honnêtement, ce n’est pas grand-chose).

Comportements « graves », « sexistes » et « racistes »

Mais il y a pire, accrochez-vous : dans ces lycées, qui comptent environ 4.500 élèves en tout, réparti dans six lycées, il y aurait une grave persistance de comportements « graves », « sexistes » et « racistes ». Bigre ! Il va falloir nous en dire un petit peu plus, parce que c’est puni par la loi. « Comportements inappropriés » liés au dévoiement des « traditions », vocable fourre-tout qui « [pourrait] ne pas poser de problème » mais souffre de « comportements déviants ». On n’en saura pas plus, et pour cause : la Cour des comptes n’est pas en mesure d’« objectiver, dans leur gravité comme dans leur ampleur », les faits dont elle aurait eu connaissance. Traduisons-les : en quantité de faits commis comme en gravité, on ne sait pas grand-chose… et vous vous doutez que s’ils avaient du concret, ils se seraient fait une joie de sortir ce qu’ils auraient trouvé de plus scabreux.

Au lieu de ça, on lit entre les lignes un projet rampant : « Certains élèves du secondaire, eux-mêmes enfants de militaires, semblent rechercher une scolarité teintée de culture militaire. » Ah, nous y voilà.

Des lycées qui fonctionnent... il faut y remédier !

Remettons les pièces de ce nauséabond puzzle dans l’ordre. Les lycées militaires fonctionnent très bien, coûtent un peu d’argent mais permettent aux enfants de militaires, dont on conviendra qu’ils donnent un petit peu de leur temps pour la collectivité, de faire de bonnes études. Les boursiers ne se bousculent pas. Les prépas sont sélectives et, d’ailleurs, le rapport précise qu’elles fournissent entre 35 et 70 % des élèves des grandes écoles militaires. Les traditions militaires, sans doute un peu exagérées par des adolescents excessifs (pléonasme), ne posent pas de problème en soi… mais il y a ces « élèves du secondaire, eux-mêmes enfants de militaires », qui veulent une « scolarité teintée de culture militaire ».

Allons un peu plus loin en suivant les prescriptions de la Cour des comptes : la vénérable institution recommande de serrer la vis des lycées de la défense, de les inspecter davantage, de les subordonner plus étroitement à l’Éducation nationale et de redonner du pouvoir au proviseur, qui est pour le moment soumis à l’autorité du chef de corps dudit lycée militaire. En un mot : ça marche bien, ça forme une jeunesse patriote et ça échappe au contrôle du monstre mou de l’Éduc nat. Donc, sur la base de quelques dérives de nazillons aux hormones désorientées (dérives au demeurant pas documentées par ce rapport), on va peut-être tout pétarder. Un peu comme si on fermait tous les lycées de banlieues dans lesquels les filles sont isolées et les violences monnaie courante. Ah non, c’est pas pareil.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

60 commentaires

      • Mais ils sont là et dérangent évidemment à partir du moment ou cela marche bien, on s’intérroge, c’est normal. Il a peut être encore qq chose à démolir là aussi ? vite appellons
        le «  »démolisseur de service » ..

  1. Bonjour,

    Les lycées de la Défense sont réservés aux enfants de nationalité française. Si les ayants-droits prioritaires pour le collège et le lycée sont les familles de militaires (70%) et d’agents civils du ministère des Armées et de fonctionnaires d’autres ministères (15% max), les lycées de la Défense ouvrent 15% de leurs places du deuxième cycle aux boursiers, indépendamment de la profession des parents, dans le cadre du plan « Égalité des Chances ». réf défense.gouv.fr
    Dans ces lycées (et collèges Autun et les Pupilles de l’Air) il me semble me souvenir que ce qui compte le plus dans ces établissements, n’est pas l’élitisme mais la recherche de l’excellence.
    Ou est le problème pour la cours des comptes ?
    Le risque potentiel d’avoir autre chose comme élèves que des analphabètes devenant une population manipulable ?
    Qui plus est, les sanctions concernant les perturbateurs, meneurs et autres déviants, sont immédiates et vont rapidement vers l’exclusion.
    Oui, il y a eu, il y a, et il y aura des élèves posant des problèmes de disciplines générale.
    Faut-il mettre sur la sellette les maisons d’éducation de la légion d’honneur, aussi ?
    Faut-il d’ailleurs se préoccuper de ce que pondent certains de ces paltoquets de la cours des comptes ?
    Qui pour nombre, feraient toutes choses pour que leur progéniture puisse intégrer les meilleurs systèmes scolaire, quitte à faire mettre le dossier du chérubin sur le haut de la pile….

    • N’oublions pas le Prytanée national militaire de la Flèche qui donne depuis des siècles une partie de l’élite militaire. Cinquième meilleur lycée public de France (classement Le Figaro 2021).
      Depuis sa création, le Prytanée Militaire demeure un des hauts-lieux où se forge la grandeur de la France, fidèle à sa devise… « Noblesse oblige. Bahut aussi ».

  2. Ces gens comprennent ils quelque chose aux institutions qu’ils auditent , on peut en douter mais effectivement c’est un marronnier, d’autant plus que vu la dégringolade des niveaux requis dans le pékin pour empocher le bac , ces lycées qui pratiquent depuis longtemps l’excellence scolaire et accumulent les scores maximaux donneraient l’impression de ne pas faire mieux .Pitoyables .

  3. « For sure », les lycées militaires dérangent l’intelligencia qui peuple nos brillantes institutions « civiles ». Pépinière de nos futures élites qui font concurrence à nos brillants lycées parisiens qui eux , abritent les Enarques de demain. Deux mondes qui ne partagent pas les mêmes valeurs ni le même destin national.
    Les uns étudient pour le service de la France, les autres pour leur propre destin et celui de leur carrière.
    Fiasco d’un pays qui renia sa propre défense au profit d’une utopie mondialiste mortifère et apaisante et qui poursuit cette idéologie jusqu’à l’absurde.

  4. Cour des comptes, organisme censé vérifier les comptes et les orientations de la politique d’investissement de l’argent public. En fait, son président est nommé par celui de la république ce qui est (encore une fois) censé garantir son « indépendance ». Je me marre ! Les clefs du poulailler sont gardées par le renard et parfois la belette.

    • Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes depuis juin 2020, qui se permit d’influer sur les votes des Français, en retardant la publication de rapports de son institution, et qui, sans honte le revendique, que va t-il nous cacher encore avec sa nomination à la Cour des comptes européenne en janvier 2026…
      Il serait temps de se passer de ces personnes, que le Fisc refuse de prendre comme personnes à charge dans la déclaration des revenus des contribuables français…

  5. Assez classique, ne pouvant ou ne voulant remédier à la faillite de l’éducation nationale, on allume un contre feu en cherchant à détruire les concurrents qui fonctionnent correctement.

  6. Bravo M. Florac ! Bien dit. Comme pour les juges, le jugement se justifie a posteriori par ce qu’ils peuvent trouver…

  7. De quel droit la « Cour des comptes » émet elle un avis hors de son domaine de compétences ?? Encore une nouvelle dérive, son rôle n’est pas de juger du contenu éducatif mais de la bonne ou mauvaise utilisation des fonds alloués.

    • Et une institution de plus pour venir vomir sur ce qui se fait de mieux pour l’éducation et la formation des futurs cadres des armées françaises .
      On peut remarquer que le président de cette institution est socialiste, qu’une certaine Vallaud-Belkacem, possédant la double nationalité franco marocaine, en est membre , a été ministre de l’éducation nationale, ceci suffirait il à expliquer cela?

  8. Si il y a de la discipline et le lever des couleurs chaque matin , avec le chant patriotique c’est a généraliser dans toutes les écoles..

    • Et pourqoi pas ? au moins on sera prêts pour la  »prochaine dernière » !
      C’est promis : ce sera bien la dernière ! (faute de combattants…)

  9. J’ai fréquenté les écoles militaires,, des écoles d’excellence ou l’on apprenait ce qu’était la vie, ou il fallait travailler, obéir. Je n’en suis pas mort, deux petites frappes placées par la justices pleuraient pour retourner dans leur centre de redressement…

  10. Pour mettre les lycées militaires au niveau du reste de l’inéducation nationale nos socialistes ne reculent devant aucune fake new …mais pas d’inquiétude il faut bien trouver une justification au salaire d’une ancienne sinistre de l’ineducation fossoyeuse de notre système éducatif autrefois regardé avec envie dans le monde entier ….
    Casser un truc qui fonctionne et inventer des snu gouffre à pognon et a inefficacité!!!!

  11. La cour des « comptes » devrait s’occuper uniquement des comptes. Le reste ne la regarde pas. Et comme elle n’a qu’un rôle consultatif on pourrait faire des économies en la supprimant! En réalité tout ceci relève du vieux fonds d’antimilitarisme primaire présent chez nos zélées zélites. Poutine et Trump LOL comme disent les jeunes!

Commentaires fermés.

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