C’est bien connu : tout est une question de priorité. Voyez l’histoire de la aux élections législatives. Une promesse d’ en 2017. 2017, c’est vieux, ça, et l’on sait que la mémoire du poisson rouge est proportionnelle (justement !) à la circonférence du bocal dans lequel il fait sagement des ronds et des bulles.

Il s’agissait, alors, d’instiller un zeste, un soupçon, une dose de proportionnelle. Les miettes que l’on jette aux pigeons ou aux poissons. Une dose homéopathique, en quelque sorte. On aurait dû se méfier : l’homéopathie n’est plus remboursée depuis le 1er janvier 2021. C’était donc une promesse et l’une des conditions de l’accord historique entre Macron et le cheval fourbu et de retour de la politique française, François Bayrou. Dans toutes les bonnes comédies de boulevard, c’est bien connu, il y a toujours un cocu. Car à moins d’un an et demi des élections législatives, on apprend que la proportionnelle passerait à la trappe.

Christophe Castaner ne veut pas « faire rentrer 100 députés RN au Parlement », selon une confidence lâchée par L’Opinion. Évidemment, ce ne sera pas la raison officielle qui sera avancée pour reculer devant l’obstacle. Il y a des choses qui se pensent mais qu’on ne peut avouer. Non, on invoquera une raison technique, une question de calendrier. En effet, on ne peut pas changer le mode de scrutin à moins d’un an de l’échéance. Un rapide rétro-planning nous amène à la conclusion qu’il ne resterait plus que dix jours pour que le projet de loi entre dans les clous du parcours d’obstacle législatif. Donc, c’est mort. Et l’on s’en rend compte maintenant ? Mais il y a tellement à faire, on aurait bien voulu, mais vous comprenez, le Covid et tout ça… Question de priorité, n’est-ce pas !

Question de priorité, toujours, le texte de loi contre la maltraitance animale va arriver à l’Assemblée nationale la semaine prochaine. Un projet de loi qui fait suite au plan gouvernemental de protection des animaux présenté fin décembre et à la proposition de loi faite, l’été dernier, par le député macroniste Loïc Dombreval, vétérinaire de profession. Dans l’exposé de sa proposition de loi, il soulignait que « la gradation des peines qui existe pour les humains ne se retrouve pas pour les animaux »… Ce sera, semble-t-il, chose réparée. Ainsi, à titre d’exemple, la zoopornographie, rapporte Le Figaro, sera punie de quatre ans d’emprisonnement et 60.000 euros d’amende. Tout cela est juste et bon, on est bien d’accord.

Cela dit, et à titre de comparaison, le Code pénal sanctionne actuellement de trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende le fait, « en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique ».

Tout est question de priorité.

20 janvier 2021

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