Si ce n’est pas une revanche à prendre sur l’élection présidentielle de 2007, ça y ressemble bigrement. Ainsi, et peut-on aisément la comprendre, n’a jamais vraiment digéré cet échec, en veut sûrement moins à son adversaire d’alors, Nicolas Sarkozy, qu’à ce Parti socialiste qui l’a soutenue telle la corde le pendu, sans oublier la trahison de son compagnon et père de ses enfants – tel qu’on dit aujourd’hui –, un certain François Hollande.

Depuis, cet éternel retour a tout d’une arlésienne pour l’éphémère ambassadrice des pôles et présidente de l’association Désirs d’avenir, raison sociale à laquelle a été ajoutée « pour la planète », histoire de coller au plus près des modes idéologiques de la collection printemps-été, millésime électoral .

Et c’est ainsi que cette dame donne dans l’artillerie lourde, à l’occasion d’un entretien accordé aux Échos, le 15 juin dernier, où on lui demande si elle se voit en « femme providentielle » : « Pas providentielle, juste au service d’une morale de l’action démocratique, sociale, écologique. Gouverner, c’est apaiser et rassembler. C’est la condition : une décision collective de celles et ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent l’emporter sur une comptabilité imposée par une mondialisation financière aveuglée par ses rendements. Et puis, le temps des femmes – et des hommes qui pensent que la parité est une valeur – n’est-il pas venu par rapport au besoin de résilience et de bienveillance ? »

De ce sermon, peut-on au moins tirer deux conclusions. L’une, c’est que si Ségolène Royal voulait voir une femme à l’Élysée, elle n’avait qu’à appeler à voter au second tour de l’élection présidentielle de 2017 ! L’autre, c’est que c’est beau comme du Patrick Sébastien qui, en novembre 2009, annonçait vouloir créer un mouvement humaniste baptisé le DARD (Droit au respect et à la dignité), histoire de « remettre l’humain au cœur de la société », et dont le dernier essai, J’ai déplacé l’éléphant, peut faire écho à ceux de la rue de Solférino, ancien siège du PS.

De manière à peine plus ou moins sérieuse, Ségolène Royal sonne le tocsin, lors d’un Talk-Le Figaro tenu quinze jours plus tard : « On nous annonce comme un fait incontournable le face-à-face Macron/Le Pen au second tour de 2022. Ce n’est pas possible de ne pas bouger ! Le vote barrage ne fonctionne plus [Il est vrai que tout fout le camp, ma bonne dame ! NDLR] Je ne veux pas voir arriver Marine Le Pen première présidente de la République et me dire à ce moment-là que je n’aurai rien fait pour empêcher ça. »

Toujours de manière à peine plus sérieuse, la Jeanne d’Arc du Poitou-Charentes affirme qu’une « candidature crédible » à la prochaine échéance présidentielle devrait être incarnée par un(e) « socialiste écologiste ». On remarquera qu’avec un(e) « écologiste socialiste », ça pourrait aussi le faire. Pour autant, elle estime encore qu’au premier tour, il faudrait deux candidatures, l’une socialiste et l’autre écologiste, tout « faisant l’union » après le premier tour.

Notons que ce fut le brillant calcul de Lionel Jospin, lors du cru 2002, suivi du triomphe qu’on sait. Pour tout arranger, Olivier Faure, très fantomatique premier secrétaire du PS, affirme être « prêt à se ranger derrière le candidat qui incarnera le bloc social-écologiste en 2022 ». Avant ou après le second tour ? L’héritier très putatif de François Mitterrand ne le dit pas. C’est dommage, tant les occasions de se dynamiter les zygomatiques sont rares, en ces temps épidémiques.

En attendant, saluons la constance d’une Ségolène Royal s’acharnant à ne pas démériter. Mais il est vrai que Chantal Goya, elle aussi, et à bientôt 80 printemps, continue de donner des galas. Tous les espoirs sont donc permis.

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