[POINT DE VUE] Meeting de Delogu : quand Assa Traoré prévenait de la venue des gendarmes

"Les gendarmes sont entrés dans le quartier, dis à mon autre frère de les appeler pour qu’ils rentrent tous." A. Traoré.
Capture écran Le Figaro
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Les meilleurs morceaux du premier meeting de campagne de Sébastien Delogu, qui se tenait à Marseille samedi dernier, commencent à sortir sur les réseaux sociaux. On les appellerait « les bonnes feuilles » s’il s’agissait d’un livre, mais heureusement, Sébastien Delogu n'a pas écrit de livre. Quand il parle, c’est pour dire des choses épatantes, comme au sujet des frontières, en janvier 2025 : « C’est comme si les oiseaux, à la fin, ils volent, et d'un coup, tu as un grillage et qu’on lui dise "Ah, frérot, tu peux pas sortir de là, tu n'as pas le droit d'aller dans l'arbre en face. Excuse-nous, c’est pas la France”. C’est un peu bizarre. » Eh oui, un peu bizarre, frérot, alors autant laisser un peu de temps de parole à des gens qui sont habitués à occuper l’espace médiatique.

C’est par exemple le cas d’Assa Traoré, très célèbre sœur d’Adama Traoré, ce délinquant multirécidiviste, violeur de son codétenu, mort d’un arrêt cardiaque lors de son arrestation par la gendarmerie en 2016 alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle qui concernait son frère aîné. Assa Traoré a l’habitude des projecteurs, des marches, des collectifs et des revendications. M. Delogu s’est appuyé sur son témoignage pour conclure que la police tuait - un grand classique de l’extrême gauche, désormais. Et Assa Traoré a raconté une histoire qu’elle n’avait, à notre connaissance, pas encore racontée.

Figurez-vous que lorsqu’elle était éducatrice à Sarcelles, en sortant de la cité où elle habitait avec sa famille pour aller « en séjour avec des jeunes », Assa Traoré a croisé, deux jours avant la mort de son frère, des gendarmes qui roulaient en sens inverse. Ils se préparaient à entrer dans le quartier. Ni une, ni deux, elle raconte la suite : « J’ai appelé ma mère, je lui ai dit "les gendarmes sont rentrés dans le quartier, dis à mon autre frère de les appeler pour qu’ils rentrent tous". Dix minutes après, ma mère m’appelle, elle me dit "tout le monde est à la maison". »

Casiers judiciaires bien chargés

On se doute du sens que Mme Traoré voulait donner à cette anecdote : en gros, les « jeunes des quartiers » ont peur des gendarmes, et quand les gendarmes débarquent, il vaut mieux que tout le monde rentre chez soi. Par conséquent, deux jours avant la mort de son frère, elle a évité le pire, mais le pauvre garçon aurait tout aussi bien pu être tué ce jour-là par ces atroces forces de l’ordre qui tuent. Il est cependant permis d’y voir autre chose.

Premier indice : « Dis à mon autre frère de les appeler pour qu’ils rentrent tous. » On sait que les enfants Traoré étaient dix-sept, nés de plusieurs mères qui touchaient toutes pléthore d’allocs, mais le pronom « les » désigne peut-être plutôt les « jeunes » du quartier en général. Ce serait eux contre nous et il n'est pas idiot de le supposer. Et puis, n’est-ce pas curieux qu’une éducatrice, probablement payée par le contribuable, demande à sa mère d’exfiltrer ses frères, comme dans un pays en guerre, pour qu’ils échappent aux gendarmes ? Peut-être est-ce lié au fait que les casiers judiciaires de toute la fratrie sont particulièrement chargés ? Baguy Traoré, par exemple, était recherché pour extorsion quand son frère est mort : il a été condamné à deux ans et demi ferme en 2018, puis accusé de trafic de drogue (avec un autre de ses frères) depuis la prison. Entre mille autres délits graves commis par lui et de nombreux autres frères Traoré.

On peut enfin rappeler que, pour des gens qui « tuent », les gendarmes ont été plutôt stoïques, quand les « jeunes des quartiers » leur ont tiré dessus trois nuits de suite à balles réelles après la mort d’Adama Traoré… Vraiment, les gauchistes sont nés avant la honte.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Ne soyons pas méchants…Aujourd’hui. être ignare fait partie des piliers d’une belle carrière politique. Monsieur Delogu a probablement une grande carrière devant lui.

  2. Mais pourquoi puisqu’ils se revendiquent maliens, ne retournent ils plus vite pas tous dans leur pays paradisiaque…Cette femme était éducatrice….! On peut s’interroger dubitativement des réelles qualifications de cet rebelle et surtout connaitre les responsables municipaux qui ont validé son emploi….

  3. La question qui se pose, c’est de savoir pourquoi ces gens se sauvent en courant quand les forces de l’ordre sont de passage dans le quartier. Et qu’on ne me réponde pas, « c’est parce que la police tue. »

  4. Sans compter les menaces de mort sur les gendarmes et leurs familles qui ont conduit à leur mutation hors de la zone !
    D’origine malienne la famille est un bel exemple de l’immigration réussie !!!

  5. Une intervention des forces de l’ordre qui tourne mal avec des flics qui tirent dans le tas, c’est comme ça que commence le livre d’Obertone « Guérilla ». Après cela, la France sombre dans la guerre ethnique (plus que dans la guerre civile).
    Même avec des politicards de gauche collabos jusqu’à l’os, une justice complice, des écolos suicidaires et des drogués qui ont peur de manquer, je ne vois pas comment on pourra éviter cela.
    Sauf, évidemment, si les natifs se soumettent sans se battre et là, c’est “soumission” de Michel Houellebecq qu’il faut lire !

  6. Inénarrable Delogu…
    Il assure hélas le spectacle à lui tout seul : les oiseaux de son exemple des frontières, je suis sûre qu’ils n’avaient pas le même casier judiciaire que la tribu des Traore. Encore un détournement des faits, ça alors !

  7. Les gendarmes sont des empêcheurs de tourner en rond. Quelle que soit leur couleur de peau, ils prétendent faire primer la loi au détriment de celle que des repris de justice font régner dans leur cité, qui est bien à eux, puisqu’ils y sont. Cette intrusion gendarmesque est des plus déplaisante et trouble l’ordre privé des milices qui ne souhaitent que la paix du trafic qui leur permet de vivre de lui et des subsides sociales. Personnellement, quand je vois un képi à l’horizon, je siffle pour avertir mes proches qu’un danger imminent risque de mettre en danger le bonheur de leur commerce prospère. Comme éducateur social, je suis un peu une force de l’ordre moral et j’ai donc un devoir civique et une fiche de paie publique. De ce fait, je me trouve en droit d’exiger de la gendarmerie le respect de ma personne. Je me sens quelquefois soutenu en haut lieu par des pouvoirs publiques qui pensent comme moi que rien ne doit entamer la paix de la banlieue, et surtout pas les gendarmes.

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