Editoriaux - Santé - Société - 16 octobre 2017

Qui pense que nos malades sont indignes ?

La question peut paraître absurde mais elle mérite d’être posée, suite aux propos de Jean-Luc Romero, grand défenseur de l’euthanasie. Ce dernier affirme que le ministre de la Santé Agnès Buzyn lui a dit que la question de la fin de vie serait abordée dans la prochaine loi sur la bioéthique. Petite décryptage : nous avons obtenu de laisser mourir de faim et de soif un patient (loi Leonetti actuelle), il est temps de voter la possibilité de le tuer par injection létale.

La suite, nous la connaissons, la machine médiatique s’est déjà mise en marche. En témoigne la surmédiatisation autour de l’affaire Anne Bert, une romancière atteinte de la maladie de Charcot, exécutée à sa demande le 2 octobre dernier. Celle-ci aurait fait changer d’avis le Premier ministre sur cette question. Préparons-nous à voir ressortir les cas de médecins ayant tué leurs patients, les époux ayant tué leurs conjoints, les enfants ayant tué leurs parents, etc. Le tout, bien sûr, pour influencer par les sentiments la majorité de nos concitoyens (le jeu des sondages a également commencé). Il faut que tout le monde adhère à cette utopie contemporaine : la souffrance, c’est mal.

Remettre en cause ce dogme n’est pas facile. Accepter que la souffrance peut être féconde bouleverse la mentalité actuelle. Et pourtant, les petites souffrances subies tout au long de notre vie nous fortifient quand nous arrivons à les surmonter.

C’est là tout le défi autour de cette question de l’euthanasie. Subissons-nous la souffrance ? Il faut donc y chercher une échappatoire et, chez certains, cette échappatoire, c’est le suicide ou bien le meurtre commandé quand le suicide est impossible. Ou bien prenons-nous la décision de surmonter la souffrance ? C’est accepter notre faiblesse et rester humble face à certaines situations desquelles le meilleur peut sortir. C’est accepter qu’il y a une seule chose à laquelle la pire des maladies ne pourra jamais s’attaquer, c’est notre dignité. Tant que nous vivons, nous pouvons encore faire du bien. Même Vincent Lambert fait du bien, par la patience qu’il inspire au corps médical, par la volonté décuplée de chercher de nouveaux traitements qu’il insuffle chez certains chercheurs…

Alors oui, l’expression utilisée à tort et à travers « mourir dans la dignité » m’indigne. Parce qu’aider son prochain à mourir dignement, ce n’est pas lui donner une seringue empoisonnée. Non, c’est l’accompagner vraiment, essayer de lui donner la possibilité de ne pas mourir seul. Et quand un malade n’a plus de famille, l’aider à mourir, ce devrait être que la dernière caresse du médecin ou de l’infirmière qui essaye de le réconforter dans sa dernière angoisse soit procurée par une main qui soigne et non par une main qui tue. Battons-nous pour que le dernier regard reçu soit un regard d’amour, de l’homme et de la vie.

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