Marcel Pagnol « récupéré » par le maire de Marseille ?

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« Les mots qui ont un son noble contiennent toujours de belles images », écrivait Marcel Pagnol dans son ouvrage La Gloire de mon père. Benoît Payan, le maire de Marseille y a répondu avec une certaine ironie en tentant de mettre son portrait dans 9.500 exemplaires de ce chef-d’œuvre.

Cela n’a pas manqué de faire réagir Nicolas Pagnol, le petit-fils de l’écrivain, lorsqu’il l’a appris. Il a d’abord prévenu son éditeur Grasset pour faire part de son désaccord, explique-t-il. Puis, le dimanche 25 février, il s’est fendu d’un tweet à charge contre Benoît Payan, l’édile socialiste de Marseille.

Ces livres personnalisés d’un petit texte et du portrait du maire étaient à destination d’écoliers de la ville dans le cadre d’une cérémonie de remise de diplôme avant leur passage en sixième. Cette petite adjonction peut sembler seulement curieuse, si on fait fi du personnage et des relations peu harmonieuses entre le maire et le petit-fils de Marcel Pagnol.

« Une opération narcissique »

Selon Nicolas Pagnol, contacté par BV, « c’est inconvenant, c’est gênant, je dirais même. C’est une opération narcissique ou une tentative de rédemption après ses déclarations outrageuses à l’encontre de mon grand-père et de son œuvre. »

« Il a déclaré que le château de La Buzine n’était pas le château de ma mère ! » s’exclame Nicolas Pagnol. Celui-ci aurait même été insulté, Benoît Payan allant jusqu’à dire qu'il ne mérite pas de porter ce nom de Pagnol. Au téléphone, il s’indigne aussi de la récupération politique d’une œuvre littéraire : « C’est une très bonne idée d’offrir des œuvres littéraires à des élèves, mais cela ne doit pas promouvoir un camp politique. Surtout après ce qu’il s’est passé. Et ce n’est pas parce que j’ai de l’inimitié pour monsieur Payan. Cela aurait été pareil pour n’importe qui. »

Ce refus catégorique de Nicolas Pagnol de voir figurer la photo portrait du maire a fait réagir la mairie. L’adjointe au maire à l’éducation populaire, Marie Batoux, qui l’accuse de refuser la diffusion des livres, effectue une inversion accusatoire. « Un jour, Marcel Pagnol ne vous appartiendra plus », assène-t-elle. « C’est oublier que si la propriété de l’œuvre de Marcel Pagnol tombera dans le domaine public [dans 20 ans], 70 ans après sa mort, son droit moral est ad vitam aeternam », précise Nicolas Pagnol. Pierre Huguet, un autre adjoint, dénonce, sur son compte X, « des polémiques stériles ». A-t-il seulement oublié l’affront fait par le maire à l’encontre de Marcel Pagnol ?

En attente du verdict de la Justice

Déjà, un contentieux avec la Justice divise les deux hommes. Le tribunal correctionnel doit statuer sur des propos du maire et de cinq de ses adjoints, que Nicolas Pagnol considère comme des insultes à son encontre et à celle de son grand-père, . « J’ai un dossier de preuves de 52 pages. Je propose des faits, on ne me propose que des insultes, de la diffamation et du mensonge », regrette Nicolas Pagnol. Des explications qui « vont finir au pénal », selon lui, sont aussi demandées à la mairie sur la non-reconduction brutale et inappropriée de son contrat de gestion du château au profit du mouvement CCO, le Centre de culture ouvrière, spécialisé dans l’accompagnement social et éducatif.

Une drôle de manière de récompenser une gestion qui a permis de valoriser et de faire rayonner le site pour en faire un grand et riche lieu culturel. Les chiffres sont sans appel. Les entrées ont été multipliées par 8 en 10 ans. Elles ont atteint les 80 000. Marcel Pagnol voulait en faire une grande Cité du Cinéma. Ce sera compliqué, avec un organisme sans expérience ni compétence dans la gestion d’un lieu culturel.

La Justice n’a pas encore rendu son verdict. L’histoire entre Nicolas Pagnol et la municipalité est donc loin d’être terminée. L’héritage populaire de Marcel Pagnol qui mettait tout le monde d’accord vaut mieux que cela.

Gabriel Decroix
Gabriel Decroix
Étudiant journaliste

Vos commentaires

33 commentaires

  1. Marseille veut récupérer le château de la Buzine… il deviendra ce que le château de l’école nationale supérieure d’agronomie de Grignon (Yvelines) est en proie depuis quelques jours.

  2. Le Maire de Marseille a plus urgent et important à faire que de tenter de se faire mousser. Sa ville offre un visage désastreux de saleté, les quartiers où les dealers font la loi ne se comptent plus, etc.

  3. Un socialiste ça ose tout c’est pourquoi que l’ont les reconnais de loin,en France nous en avons un qui à tuer notre pays.

  4. En voilà un qui n’est pas prétentieux ! A force d’enfler sa tête finira bien par éclater.
    Victorine31

  5. Certainement du fric à récupérer au passage, pour le reste chronique d’une catastrophe annoncée !

  6. Marcel Pagnol a magnifié Marseille, la Provence et toute cette belle région où l’humanité des habitants transparaissait dans leur accent chantant et leur joie de vivre. Marcel Pagnol fait parti de ces hommes qui ont su transcender une ville pour en extraire le meilleur, la faire rayonner. A l’inverse les socialistes et leurs affiliés plongent les villes où ils passent dans les ténèbres. Aujourd’hui, Marseille renvoie une image de violence, de crasse, où l’esprit Français semble avoir totalement disparu.

  7. Du temps de Pagnol, Marseille était la ville pu pastis, grâce à Payan, c’est devenu celle du cannabis ! Pastis ou cannabis ?

  8. Comment ne pas penser que cet odieux personnage a eu ce poste de maire par chantage ?
    Il aurait pu préfacer les œuvres de Lénine que cela n’aurait pas juré.

  9. Je conseillerais à ce maire de mettre son portrait sur une fable de mr De La Fontaine, « la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf »….

  10. Un socialiste ose tout , s’attribue tout même quand il ne fait rien , critique tout ce qui n’est pas lui !

  11. Je pense que « Mémoires d’un âne » de la Comtesses de Ségur lui siérait beaucoup plus.

    • Que vous ont fait les ânes pour que vous les insultiez? Comparer cet individu à un âne! c’est trop d’honneur que vous lui faites.

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