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Cet article a été publié le 19/12/2022.

Ira, ira pas... La presse sportive française a, en cet été 2023, les yeux rivés sur les choix de club de Kylian Mbappé. L'attaquant parisien pourra compter sur le soutien d'Emmanuel Macron pour l'aider dans ses orientations de carrière. Rappelons-nous, déjà en décembre dernier, à l'occasion de la Coupe du monde, le président de la République était venu le consoler sur la pelouse, tel un roi thaumaturge.

Décidément, les gens ne comprennent rien à rien. Ils ne comprennent surtout rien à Emmanuel Macron. Et pourtant, quelle chance pour la France ! Avec lui, on a renoué avec les rois thaumaturges, après une lignée de rois fainéants. Et personne ne l'a vu venir. À Doha, Macron, c’est Saint Louis après Damiette. Pas question de rentrer au royaume avant d’avoir consolé ses preux chevaliers et pansé leurs plaies. S'il le faut, il ira jusque dans les douches. C'est pas les eaux du Jourdain, mais l'idée y est. Parce que, vous savez, ce sont ses chevaliers à lui tout seul. Il en a reçu une pleine boîte, très jolie, en guise de cadeau de Noël avant l'heure.

Bon, en face, ils étaient tout aussi croisés, sinon un peu plus, mais on ne va pas s’arrêter à ces détails. Les tentes des bédouins n’étaient pas loin, non plus. Alors, il est descendu, royal, de la tribune VIP. Pas beaucoup de gentes dames comme dans les tournois du Moyen Âge, dans cette tribune enturbannée. Ils n’ont gardé que le Moyen Âge. Donc, il est descendu de la tribune, s’est jeté dans l'arène, tel César dans le film Gladiator, mais à la fin du match, seulement, lorsque les lions sont rentrés à la niche ou qu’ils ont été trucidés. C’est pas Hollande qu’aurait fait ça, hein, avec son air empoté ! Mitterrand, n’en parlons pas, l’était coincé d’où je pense et ceux d’avant, tout pareil. Chirac, peut-être ? L’avait bien baisé le crane de Barthez. Sarkozy, pourquoi pas...

Mais lui, d'abord, c'est lui, et c’est bien plus, qu’il a accompli. À ce moment-là, au milieu de ce stade, au milieu de nulle part, c'est-à-dire au Qatar, un stade presque devenu intemporel, devant le monde entier, on ne peut pas mieux dire, on ne peut pas mieux faire, Emmanuel Macron n’est pas venu faire des bisous, des papouilles, des smack et autres vulgaires câlins, genre ceux que les parents dispensent après que leur progéniture a raté sa démonstration de gymnastique à la fête de l’école. Non, franchement, les gens n’ont rien compris. À ce moment-là, Emmanuel Macron est le roi guérisseur. Macron te touche, Dieu te guérit ! Il ne guérit pas encore les écrouelles - c’est en bonne voie et ça pourrait, d'ailleurs, aider l'hôpital qui aurait besoin de charité – mais vient guérir la douleur de la défaite de nos Bleus et, tout particulièrement celle de Mbappé, qui semblait ne pas en demander tant. Macron, c’est le coupeur de citrons thaumaturge. Qui n'hésite pas à donner de sa personne. D'ailleurs, la première dose de câlins administrée sur la pelouse, il s'est empressé d'accourir dans les vestiaires pour délivrer la deuxième. La troisième, ce sera à l'Élysée, on imagine, avec la reine pour tenir le bassinet.

Mais comme nul n’est prophète en son pays, depuis dimanche soir, il paraît que la haine se déverse sur ce gentil roi. Voir le tweet d’un de ses meilleurs préposés à la brosse à reluire, l’historien Jean Garrigues : « Le déferlement de haine et d’insultes sur Twitter contre Emmanuel Macron venu féliciter les joueurs de l’équipe de France en dit long sur la déliquescence de notre sens du commun et de la République. » Il n’y est pas du tout, notre historien, mais alors là, pas du tout. Macron n’est pas venu sur cette lointaine terre d'Arabie pour « faire République » en s’exhibant à la face du monde comme on n’aurait jamais imaginé qu’un Président français pût le faire. Non, il est venu rétablir la royauté thaumaturge. Il y a juste un tout petit problème, un détail dans cette belle l'histoire, un petit rien : ce roi est nu.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/08/2023 à 11:18.

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19 décembre 2020 à 10:22

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67 commentaires

  1. Seul chef d’état sur le terrain, il ne risquait pas la comparaison . Mais au fait pourquoi le Président de l’Argentine n’est-il pas sur le terrain lui aussi ? Ah, on me dit que lui a du travail à faire dans son pays qui ne se porte pas plus mal que le nôtre .

  2. « Emmanuel Macron n’est pas venu faire des bisous, des papouilles, des smack et autres vulgaires câlins, genre ceux que les parents dispensent après que leur progéniture a raté sa démonstration de gymnastique à la fête de l’école. » Superbe portrait du niveau où ces clowns tristes ont rabaissé la France : une cour de récré.

  3. Macron porte la poisse à notre pays et a porté la poisse à notre équipe. Macron te touche et le malheur agit. Ce type doit être enfermé.

  4. On n’ose imaginer quelles » macronades » déplacées nous aurions dû subir si le résultat avait été inverse.
    Ne serait-ce que pour cette raison on peut se réjouir de la victoire des argentins.Hélas.

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