Le 19 décembre 2018, chez Jean-Jacques Bourdin, le ministre de l’Économie déclarait qu’il trouverait « les solutions les plus originales » pour sauver l’usine Ford de Blanquefort et son millier d’emplois. Il faut croire que ce brillant diplômé de Normale Sup manque d’imagination puisque, ne lui en déplaise, l’usine Ford a bel et bien fermé, au grand dam du dépité Poutou qui regrettait que Le Maire ait lâché « les Ford ». Comme on dit chez moi, en Normandie (terre où le parachuté Le Maire est un élu fantôme), « c’est un grand diseux, mais un p’tit faiseux ».

La liste des fermetures d’usines sous la « gouvernance » Le Maire est longue comme un jour sans pain : Ford, ArjoWiggins, Ibiden à Courtenay, CKB-TE Connectivity à Allones (en cours), Peugeot à Hérimoncourt, Michelin, Renault, France Tabac à Sarlat… sans parler de la casse sociale chez Airbus, Engie, Sanofi, etc. Et comment ne pas évoquer toutes ces cessions des rares fleurons industriels français comme STX France (les chantiers navals de Saint-Nazaire), la Française des jeux, ADP ? Bref, un bilan particulièrement impressionnant !

Au surplus, il est de notoriété publique que cet énarquo-normalien ne connaît strictement rien à l’économie (on se souvient de son hallucinante confusion entre épargne et investissement). Hormis ses innombrables visites d’entreprises, il n’a jamais travaillé dans l’industrie ni les services puisqu’il a fait absolument toute sa carrière dans les ministères. Il ne connaît donc concrètement rien des réalités de « l’économie réelle ». Qui ne se souvient des bienfaits de sa loi PACTE, qui devait simplifier la vie des entrepreneurs français, alors que cette affreuse « bouillie de chats » a généré encore et toujours plus de réglementations et de contrôles de l’État jacobin ?

Politiquement, ce « fils spirituel » de Dominique de Villepin est prêt à toutes les compromissions possibles et imaginables. N’avait-il pas qualifié Macron d’« homme sans projet qui [allait] planter la France » avant de devenir son ministre quelques mois après ! Certes, il n’est pas le seul à se renier sans le moindre scrupule, on le voit avec Bachelot, Darmanin et Dupond-Moretti, entre autres.

Le maintien de Bruno Le Maire à l’Economie, avec des « domaines de compétences » élargis est un signe de plus du souhait de Macron de s’entourer d’incompétents qui ne lui feront pas d’ombre. D’autant moins qu’il est bien connu que ce sont les technocrates de Bercy qui « tirent les ficelles ». Mais convenons que c’est quand même le pompon de confier la relance de l’économie française à celui qui en est l’un des fossoyeurs ! Vous me rétorquerez que le capitaine Haddock est bien président de la Ligue des marins antialcooliques !

Mais Bruno Le Maire a une qualité fondamentale : c’est un germanophile convaincu maniant avec élégance la belle langue de Goethe ! C’est un atout considérable pour pouvoir discuter avec son collègue allemand et avec Angela…

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