Si le mouvement de protestation contre les violences policières et la haine raciale, après la mort de , a été pacifique, il a donné lieu à des scènes de guérilla urbaine dans de nombreuses grandes villes américaines.

Au lendemain du rassemblement massif à Washington qui s’est tenu, dimanche, dans le calme, la situation est de nouveau sous contrôle et le , imposé toute la semaine dernière, vient d’être levé. Mais ce retour à la normale s’accompagne d’une pluie de critiques qu’essuie , provenant notamment de son propre camp. Ainsi, le très conservateur ex-secrétaire à la Défense, le général Mattis, ou encore l’actuel chef du Pentagone, Mark Esper, ont désavoué le président pour avoir voulu faire intervenir l’armée. On se demande si cette charge contre Trump, érigé en coupable idéal, n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Car l’incapacité à gérer les émeutes trouve, en partie, son explication dans l’angélisme systémique d’une Justice pénale « anti-caution » qui perpétue l’impunité des criminels au détriment de la sécurité publique.

Alors que la famille de George Floyd a obtenu rapidement l’inculpation pour meurtre du policier Derek Chauvin, certains se demandent qui rendra justice aux commerçants qui ont vu leurs magasins, tout juste rouverts, pillés et brûlés, ou encore à ces policiers qui, envoyés sur le terrain pour maintenir l’ordre et la sécurité civile, ont été grièvement blessés ou tués ?

« Cops Lives Matter! » Ce slogan contre la haine anti-flic a peu de chances d’émerger, et pourtant, de nombreux Américains aimeraient le scander. Un cas a particulièrement marqué les esprits, c’est celui du meurtre de David Dorn, à Saint Louis. Ce policier à la retraite après 38 ans de bons et loyaux service a été lâchement abattu alors qu’il défendait le magasin d’un ami en train de se faire dévaliser. Dorn était afro-américain. Il n’a pas eu le droit au slogan « Black Lives Matter ». À New York, mercredi dernier, c’est une patrouille de la NYPD qui a été violemment agressée en plein Brooklyn. Bilan : deux policiers abattus et un a été poignardé au cou.

 

En une semaine, le NYPD a arrêté plus de 2.000 émeutiers malgré le couvre-feu imposé. Mais comme le déclare le chef de la police de New York, Terence Monahan, la grande majorité des pillards arrêtés ont été libérés en raison de la loi anti-caution de New York entrée en vigueur début janvier.

En effet, au printemps dernier, l’assemblée législative de l’État de New York a adopté un projet de loi interdisant aux juges de fixer une caution pour une longue liste de délits allant du harcèlement au cambriolage, vol et incendie criminel.

Pour les partisans démocrates, cette réforme historique corrige un système pénal, hérité du droit britannique du XVIIIe siècle, jugé inique et discriminatoire. En effet, au lieu de faciliter la sortie de prison des prévenus en attente de leur procès moyennant le paiement d’une caution, le système a produit l’effet inverse en mettant derrière les barreaux les délinquants trop pauvres pour acheter leur liberté et en aggravant la surpopulation carcérale.

Aujourd’hui, cet assouplissement pénal, défendu bec et ongles par plusieurs ONG spécialistes des droits civiques, est à l’origine de la recrudescence de violence et de la diffusion d’un sentiment d’impunité. Et le comble, dans tout ça, c’est que ceux qui ont le plus profité de cette loi anti-caution, ce sont ces social justice warriors, ces jeunes activistes blancs, issus de milieux aisés, résidents dans des quartiers gentrifiés qui sont allés, en grand nombre, piller et saccager les enseignes de luxe au nom de l’anticapitalisme.

Au lendemain des scènes de guérilla urbaine, la loi anti-caution est de plus en plus controversée. Ainsi, après avoir critiqué le NYPD et la gestion des émeutes, le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, dénonce désormais la violence anti-flic et s’offusque de la libération des pilleurs arrêtés rendue possible par la réforme de libération sans caution dont il a été l’un des promoteurs. L’angélisme irresponsable de cette loi avait, pourtant, été souligné par un rapport, publié en mars dernier, par le département de police de New York révélant une hausse de la criminalité de 22,5 % de février 2019 à février 2020. Il a fallu la mort de George Floyd pour un tel rétropédalage !

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