Au printemps dernier, nous l’assurait : il n’y aurait jamais de obligatoire. On l’a pourtant eu… seulement jusqu’au 15 novembre, nous a-t-on dit alors. Et donc, ce mercredi 13 octobre, le gouvernement a présenté un texte proposant une prolongation jusqu’au 31 juillet 2022. Voire plus si affinités…

Le jeune gommeux qui porte la sainte parole nous a mis en garde : « L’hiver est propice à la reprise, des variants peuvent apparaître. Nous devons rester vigilants jusqu’à l’été prochain », a dit Gabriel Attal. Et comme la rhétorique est toujours guerrière : « Nous assumons notre refus de désarmement (sic) sanitaire. » Attal, le poilu du Covid… Mais n’ayez aucune crainte : « Il ne faut pas confondre les mesures possibles avec les mesures appliquées. » Le texte « ne prévoit pas l’état d’urgence éternel […], il ne prévoit pas le à vie. » Le passe sanitaire pourra être adapté « dès les prochaines semaines » et, qui sait, peut-être suspendu un jour si un miracle survenait. Vous y croyez ? Moi non plus.

Je n’y crois pas parce que la folie liberticide s’est durablement emparée des gens qui nous gouvernent, appuyés par une majorité de Français qui ont la trouille vissée au ventre depuis bientôt deux ans. Des gens qui trouvent normal de voir des gosses courir derrière un ballon le masque sur le nez ; normal, aussi, qu’on oblige une femme à accoucher masquée après avoir montré patte blanche à l’entrée de l’hôpital ! Des gens, comme Michel Cymès – celui-là même qui considérait le Covid-19 comme une petite « grippette » –, qui veulent « demander des comptes à ceux qui ont été médecins ou infirmières et qui ont refusé de se faire vacciner », les traitant quasiment d’assassins : « Quand on prend ce de responsabilité, celle de ne pas se faire vacciner, il faut se regarder dans la glace le matin en se disant : « Oui, je peux tuer des gens dans la journée ». »

L’état d’urgence sanitaire répond avant tout à une volonté politique. Le sanitaire est un prétexte et le Covid une occasion dont la classe s’est saisie avec bonheur pour imposer à la société des mesures liberticides pourtant contraires à l’État de droit.

Dans une passionnante tribune publiée par Le Figaro, Cyrille Dalmont (chercheur associé à l’Institut Thomas-More) analyse tout cela qui constitue à ses yeux « une anomalie institutionnelle grave ». Il relève qu’« avec l’état d’urgence régulièrement reconduit, l’exécutif a goûté […] aux « pleins pouvoirs » sans avoir besoin de recourir à la mise en œuvre de l’article 16 de la Constitution ». De plus, « le recours systématique au Conseil de défense et de sécurité nationale […] pour assurer la direction du pays depuis le début de la crise sanitaire constitue également une anomalie institutionnelle grave, qui revient notamment à effacer à peu près le rôle du Premier ministre et du gouvernement ». De même, on ne peut que constater « la quasi-disparition du Parlement et de son rôle de contrôle ».

Dalmont constate, effaré, qu’il aura « fallu moins de dix-huit mois pour passer d’une simple application de suivi de l’épidémie (facultative et basée sur le volontariat) à un passe sanitaire, obligatoire de fait, et nécessaire à l’exercice de plusieurs de nos libertés fondamentales théoriquement inaliénables et constitutionnellement garanties ». Toutes choses, pourtant, qui ne semblent intéresser aucun des candidats potentiels ou déclarés à la présidentielle, de comme de gauche, puisqu’aucun n’aborde le sujet ! En revanche, on a vu un député LREM (Anne Genetet) réclamer que le passe sanitaire « rentre dans le droit commun, comme le carnet de vaccination pour les enfants ou le permis de conduire, c’est-à-dire comme un outil qu’on doit avoir sous la main, et qu’on peut sortir en cas de besoin ».

On le voit, « l’idée de pérenniser et de banaliser le traçage numérique des Français s’installe dans les esprits ».

 

14 octobre 2021

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