On vient de l’apprendre, la NSA est impliquée dans une affaire d’espionnage de hautes personnalités politiques allemandes, françaises, suédoises et norvégiennes, entre 2012 et 2014. Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous : il y a quelques années déjà, c’était Mme Merkel et M. Hollande en personne qui avaient été placés sur écoute téléphonique par les services américains… Oui, mais voilà, dans cette nouvelle affaire, il y a un détail croustillant de plus : pour parvenir à leurs fins, les agents de la NSA se sont appuyés sur… les services danois ! C’est ce que révèle la chaîne de publique danoise DR, qui précise que les services américains se sont servis des systèmes danois d’écoute de câbles de télécommunication. Et ce, non pas de façon insidieuse ou détournée, mais en vertu d’accords formalisés entre les États-Unis et le Danemark. Parmi les personnalités écoutées, Mme Merkel est bien sûr la plus illustre d’entre toutes.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi donc les Danois sont-ils devenus les subalternes dociles et zélés des services américains, contre les intérêts de leurs « partenaires » de l’Union européenne ? Qu’est-ce que ce nouvel épisode nous révèle des relations entre les États-Unis, l’Union européenne et les pays membres de l’Union européenne ? Officiellement, les États-Unis et l’Union européenne sont des alliés indéfectibles, et l’OTAN est le prolongement euro-atlantique de l’Europe en matière de défense. Mais alors, pourquoi s’acharner à espionner les chefs d’État de pays alliés ? Comme certains analystes le disent depuis des années, souvent traités de complotistes, l’Union européenne est devenue l’instance qui entérine la soumission du Vieux Continent par Washington. Des Européens sont devenus des vassaux qu’il faut tenir en sujétion via l’espionnage. Et que l’on s’acharne à diviser, en se servant de la docilité de pays qui trouvent bien plus leur intérêt à Washington qu’à Bruxelles, ou Berlin… Le Danemark, pays atlantiste zélé, est de ceux-là, apportant sans vergogne son concours aux États-Unis, au détriment même de ses « cousins » scandinaves…

Rappelez-vous, l’Union européenne nous avait été vendue jadis comme la seule solution pour créer une puissance capable de rivaliser avec la Chine, la et les États-Unis. Sa puissance géostratégique est loin derrière celle de la Russie de Poutine, sur le plan économique la Chine ne cesse de lui tailler des croupières sans qu’elle ne semble jamais capable de réagir. Les États-Unis sèment sans mal la division pour y installer une cinquième colonne de pays membres à leur service. Espionnage, intelligence économique : les États-Unis ont fait de l’Europe leur terrain de chasse préféré. Ils ont déjà avalé Gemplus, Technip, Alstom, Latécoère et bien d’autres fleurons de notre industrie, en usant et abusant de l’extraterritorialité de son droit : on inflige à des sociétés « proies » des amendes colossales qu’elles ne peuvent honorer, puis on les absorbe au rabais… Sans jamais que Bruxelles, Paris, Berlin, Rome ni les autres ne semblent en mesure de réagir. “L’Europe, quel numéro de téléphone ?”, plaisantait Kissinger. Obama, lui non plus, ne savait pas qui appeler, mais l’ex-hôte de la maison blanche savait au moins qui écouter pour imposer sa volonté de notre coté de l’Atlantique. L’Europe est le paillasson des autres puissances, ouverte à toutes les influences, les manipulations, les soumissions, les tentatives de division. Elle est le moteur actif du déclin irréversible du Vieux Continent. Et chaque jour le démontre un peu plus.

2 juin 2021

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