Coronavirus mutant oblige, l’Angleterre serait-elle en passe d’être soumise à une sorte de blocus économique ? Voilà qui commence bigrement à y ressembler et vengera au moins celui qui a saigné les Irakiens après la première guerre du Golfe, avant que ces mêmes Anglais, obéissant à leurs maîtres américains, n’achèvent de ramener Bagdad à l’âge de .

Il va sans dire que dans toute cette affaire, le n’arrange rien, tant les discussions entre Londres et la n’en finissent plus de s’éterniser ; à croire que les instances de Bruxelles n’aiment rien tant que de punir ceux qui entendent échapper à leur tutelle. Du point de vue anglais, le Premier ministre a donc raison de s’acharner à discuter le bout de gras jusqu’à l’os : c’est sa anglo-anglaise. De l’autre côté, s’il y avait une politique européenne, ça se saurait. Il n’empêche que l’actuelle situation nous donne une idée assez précise de ce qui pourrait nous attendre si, d’aventure, la entendait recouvrer sa pleine souveraineté…

En attendant, les frontières anglo-françaises sont fermées et la presse d’outre-Manche commence à s’inquiéter de l’approvisionnement en victuailles pour des fêtes de déjà bien compromises par le reconfinement décrété par Boris Johnson. Du coup, les camions sont bloqués d’un côté comme de l’autre du Channel. Et le Sun, le fameux tabloïd britannique qu’on sait, de titrer : « Les Français n’ont aucune pitié ! » Peut-être, mais pas plus que les Anglais à Mers el-Kébir, Dunkerque ou Fachoda. Ou, même, qu’en 2003, lorsque ce même journal comparait le défunt à un « ver », alors qu’il ne faisait que tenter de dissuader l’Occident d’entrer une seconde fois en guerre contre l’Irak ; ce, avec les funestes conséquences qu’on sait, cette équipée militaire ayant été plus ou moins acte de baptême de l’État islamique. Pour une fois que Jacques Chirac proférait quelque chose de sensé, fallait-il encore que les Anglais viennent tout gâcher.

Du coup, nos amis brittons n’auraient plus que quelques jours de stock de ces produits alimentaires frais qu’ils ont depuis longtemps renoncé à faire pousser. Une autre leçon à méditer : Margaret Thatcher, dans sa volonté frénétique de « moderniser » son pays, l’a désindustrialisé tout en réduisant son agriculture à la portion congrue, préférant le transformer en nation de traders et autres aigrefins de la finance. Mais en cas de disette, ce ne sont pas les stock-options qui remplissent l’assiette ; sans négliger le fait que, conséquence logique du laisser-faire libéral, des institutions nationales telles que Jaguar et Land Rover sont passées sous contrôle indien. C’est la revanche, tant finale qu’ironique, du mahatma Gandhi.

Et nos amis anglais de désormais s’inquiéter de ne plus pouvoir exporter leurs produits. Mais quels produits ? À part les Beatles et James Bond, Charlotte Rampling et Benny Hill, on ne voit pas trop bien. Leurs haricots à la tomate et leur jelly, à base de pectine et de gélatine, leurs femmes à dentition chevaline et leur conduite à ? Soyons sérieux. Pourtant, il y a toujours un si. Celui, évidemment, de ces crustacés principalement pêchés par des Écossais formant le plus important syndicat du genre en Europe. Mais les Écossais, eux, ont plus envie de sortir de l’Angleterre que de l’Europe, probablement inspirés par l’exemple des Irlandais, peuple lui aussi soumis à l’ancestrale férule londonienne. Ironie de l’Histoire, la Grande-Bretagne est entrée dans l’Europe pour mieux la torpiller politiquement, espérant la réduire à un seul marché économique. Aujourd’hui, ils semblent perdre sur les deux terrains.

Jeanne d’Arc serait-elle enfin en voie d’être vengée ?

22 décembre 2020

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