Cette semaine, les nous informent que nous avons consommé tout ce que la Terre a produit en un an, et que nous vivons désormais à crédit. Cet étrange calcul considère, entre autres, la reproduction de la faune marine, les prélèvements d’eau, les rejets de dioxyde de carbone. Qu’est-ce que cela signifie ? Avec un peu de mauvaise foi, il faudrait comprendre que nous ne devrions plus prélever quoi que ce soit dans la nature. Si, comme moi, vous avez semé vos navets en juillet, vous ne devrez absolument pas les récolter cet hiver ; de même, si vous vous apprêtez à semer mâche, cresson et épinard, n’espérez pas les consommer.

En relisant bien, on voit que la production agricole ne rentre pas en compte dans ce calcul. C’est bien dommage, car le facteur limitant de la croissance des plantes est justement le taux de dioxyde de carbone : ainsi, plus il y en a dans l’atmosphère, plus la production végétale augmente. Ce surplus de ressources vient contrebalancer la surconsommation de ressources pour l’élevage, au niveau des océans, la prolifération de phytoplancton permet d’alimenter toute la chaîne alimentaire et, au final, favorise la prolifération des stocks surexploités.

Même si c’est un peu simpliste, il convient de rappeler que la quantité de représentants d’une espèce suit des oscillations, selon le modèle évolutif r/K, décrit par Robert MacArthur et Edward Osborne Wilson. Quand une espèce se raréfie, sa source de nourriture prolifère et ses prédateurs disparaissent, faute d’alimentation. Cela permet à sa population de proliférer, ce qui entraîne par la suite une augmentation des populations de ses prédateurs et une diminution de ses ressources alimentaires, qui conduisent à un nouveau déclin de population.

Il faut aussi rappeler que le prélèvement dans la nature est un phénomène continu, et que l’évolution de la production terrestre est plus ou moins continue, liée aux saisons. Ainsi, les poissons pêchés à l’automne auront certainement eu le temps de se reproduire et d’assurer le renouvellement du stock, et les légumes qui n’ont pas encore été semés ne peuvent pas entrer en ligne de compte dans ce qui sera sur-prélevé aujourd’hui, comme tout ce qui constitue les intérêts des prélèvements déjà effectués.

Au passage, cette semaine, les nous parlent aussi du jour de libération fiscale, c’est-à-dire que tout ce qui a été travaillé jusqu’à présent cette année l’a été pour l’État. En croisant ces deux sophismes, nous en arrivons à la conclusion flagrante que l’État a prélevé toutes les ressources naturelles de l’année et que, désormais, les Français doivent vivre à crédit et ne bénéficient au final d’aucune ressource.

4 août 2017

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