Editoriaux - 5 novembre 2017

Mais jusqu’où iront se loger les féministes ?

Elles n’ont plus peur de rien, même pas du ridicule. On avait bien des revendications régulières, résidus de la lutte des classes qui, pouvoir d’achat et protection des ouvriers augmentant, a besoin de se trouver un nouveau fonds de commerce.

La flamboyante Marlène Schiappa nous a gratifiés de quelques combats qui laissent pantois. On a oublié le courrier verbeux à Alain Finkielkraut, la promenade dans des quartiers prétendument mal famés, les déclarations au sujet de violences obstétricales. On se souvient mieux des récentes sorties sur Bertrand Cantat, Christine Angot, son implication dans le développement de l’écriture inclusive – qui lui a valu une claque de la part du ministre de l’Éducation et une fessée de la part de l’Académie française. Allait-elle s’arrêter là ? On repart avec le projet de sanction contre le harcèlement des femmes dans l’espace public puis, récemment, la violente diatribe contre Roman Polanski. Sauf que, si monsieur Polanski est un vilain bonhomme côté mœurs, on peut accepter l’idée qu’il soit un bon cinéaste… Bref, notre sémillant secrétaire d’État se gonfle (et nous gonfle !) au gré de ses lubies, et se déballonne aussi sec, passant pour la baudruche du gouvernement qui flotte au gré des vents et des humeurs.

Apparemment, elle fait des émules puisque ses promesses d’ouvrir la PMA à toutes les femmes, interprétées comme des sommations d’usage par la Manif pour tous et vite tempérées par Gérard Collomb – sorti de la naphtaline pour l’occasion -, ont été reprises par Aurore Bergé dans l’indifférence quasi générale, montrant que le sujet est éventé. Pauvre Aurore Bergé, sorte d’Alice au pays des merveilles sans merveilles, contrainte d’être le porte-parole des députés LREM qui ont pour consigne de fermer leur gueule ! N’est pas Bruno Roger-Petit qui veut !

Mais le vent de folie souffle partout. Il fallait donc de nouveaux relais au flambeau et c’est ce qu’a fait le CSA, qui nous a gratifiés d’une étude sur l’image des femmes dans la publicité télévisée.

C’est du lourd ? Que nenni ! La couverture du dernier Dan Brown et l’intérieur du rapport annuel de l’INSEE. Triste et inutile comme un éditorial de Caroline Fourest !

Mais là où on tangente le sublime, c’est que l’on y découvre que :

les produits tels que des crèmes anti-âges ou les huiles contre les vergetures, concernent les femmes et sont présentés presque exclusivement par ces dernières, tandis que les personnages masculins promeuvent des déodorants ou des produits de rasage, souvent présentés comme des instruments d’aide à la séduction.

Ben voyons ! Il faut vite demander à Delphine Ernotte de nous commander une série de spots avec Sébastien Chabal vantant un protège-slip, le cow-boy de Marlboro (mais sans la clope) interprété par Marion Cotillard, Franck Ribéry défilant pour Victoria Secret et surtout Estelle Lefébure manipulant une tronçonneuse. Et tant qu’on y est, Stéphane Bern à la place de la mère Denis…

Et là, vraiment, on aura fait un grand pas en faveur de la parité…

À lire aussi

11 novembre et 13 novembre : même combat !

La France a gagné la guerre et obtenu la paix car elle savait qui était son ennemi. Aujour…