La scène se déroulait samedi matin, dans le quartier tranquille (et bourgeois) de Saint-Augustin, à Bordeaux. Une association de quartier, vent debout contre la nouvelle réglementation du stationnement, s’est bruyamment invitée à la cérémonie municipale des vœux. Plus de trois cents personnes venues, avec banderoles et tracts, crier leur colère contre le maire de Bordeaux et son adjoint de quartier.

Petit verbatimn ? “Tu seras pas réélu !” Et je vous passe les citations plus crues.

Réponse de M . Juppé ?

Gueuler ne sert à rien. Je n’ai jamais vu un tel comportement dans aucun quartier, qui ont pourtant tous bénéficié du même règlement. La décision est prise et ne sera pas remise en question !

Du droit dans ses bottes pur Juppé !

Ce qui n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. Et même le quotidien Sud-Ouest, média bien-pensant s’il en est, écrivait : “La de Saint-Augustin loin de se calmer, risque de prendre une ampleur inédite.”

Après l’élimination de M. Juppé de la scène nationale lors de son échec à la primaire, il semble que ce soit aussi le début de la fin de sa carrière à Bordeaux. Et il faut espérer qu’il aura, cette fois-ci, la lucidité de ne pas courir le mandat de trop.

Mais l’événement est, en fait, révélateur d’un mouvement bien plus grand et plus profond que le cas personnel de M. Juppé, même si celui-ci est désormais, pour l’Histoire, le prototype du technocrate qui aura toujours été sourd aux aspirations populaires, en 1995, comme en 2016, et encore en ce mois de janvier 2018, donc.

Le même jour, en effet, des centaines de motards en colère – une tout autre France que celle de Saint-Augustin – s’invitaient de la même façon virile à une cérémonie des vœux des députés du département voisin du Lot-et-Garonne pour crier leur « ras-le-casque » du 80 km/h.

Il semblerait que, dans le Sud-Ouest, à la fois dans les départements ruraux abandonnés et les centres urbains plus favorisés, il y ait une France vraiment remontée qui n’a pas du tout l’intention d’adhérer au grand mouvement central de MM. Juppé et Macron.

30 janvier 2018

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