Editoriaux - Histoire - 24 août 2019

Il y a 75 ans, la libération de Paris (4/4)

La libération de Paris se déroule du 19 au 25 août 1944. Arrivant de Normandie, les Américains avaient prévu de contourner la capitale française. Sur pression du général de Gaulle et parce que les Parisiens se sont soulevés, la 2e division blindée du général Leclerc de Hauteclocque est autorisée entrer dans la Ville lumière.

Le vendredi 25 août, au matin, les Allemands commencent à plier bagage. Le réseau téléphonique ne fonctionne plus du tout, les liaisons entre les points d’appui et l’état-major du général Dietrich von Choltitz (1894-1966) sont coupées. Les organes de commandement intermédiaires sont inexistants. Selon le général commandant le Groß Paris, « on entendait à peine à cause de la distance, le bruit des combats »[1]. Les premières unités commencent à entrer en masse dans la capitale et font face à une résistance sporadique.

Le groupe Langlade s’introduit dans la capitale par la porte de Saint-Cloud et file vers la place de l’Étoile et l’Hôtel Majestic qui abrite le siège du haut commandement militaire allemand en France[2], dirigé par les généraux et cousins Otto et Carl-Heinrich von Stülpnagel.

Le groupe Dio s’engouffre dans la porte d’Orléans et remonte vers la Chambre des députés et l’École militaire. Le jeune brigadier Pierre Derville appartenant au 4e régiment de marche de spahis marocains (RMSM), sous le commandement du colonel Dio, appelle ses parents : « J’arrive », leur dit-il. Il meurt, quelques heures plus tard, tué par un sniper allemand dans les combats. Il fêtait ses 20 ans le jour même. Le sous-lieutenant Bureau et bien d’autres connaîtront le même sort…

Pendant ce temps, le groupe Billotte, entré par la porte de Gentilly, file vers le palais du Luxembourg et la préfecture de police. Enfin, le groupe Dronne, venu de la porte de Gentilly, se porte vers l’hôtel de ville.

À 10 h 30, le colonel Billotte envoie un ultimatum dactylographié à Choltitz. Il demande sa reddition : « Au cas où vous jugeriez bon de poursuivre une lutte qu’aucune considération d’ordre militaire ne saurait justifier, je suis décidé à la poursuivre jusqu’à l’extermination totale. Dans le cas contraire, vous serez traité conformément aux lois de la guerre. » Cette missive aurait eu une influence sur la décision de Choltitz de ne pas détruire Paris conformément aux ordres d’Hitler. Quelques heures plus tard, Billotte fait la jonction à la préfecture de police avec la Résistance intérieure. Partout sur le parcours, la foule s’amasse, parfois délirante, au mépris du danger.

À l’hôtel Meurice, siège du Groß Paris, le lieutenant Karcher est le premier officier français à prendre contact avec le général von Choltitz, qui accepte de déposer les armes. Il est conduit à la préfecture de police vers 15 h 00 pour signer la capitulation dans la salle du billard. Autour de la table sont réunis les généraux Leclerc, Chaban-Delmas, Von Choltitz, les colonels Billotte et Rol-Tanguy, les commandants de Guillebon et Repiton, les capitaines Girard et Betz, le lieutenant de Dampierre, M. Kriegel-Valrimont et un officier allemand.

Paris est presque libéré puisque les combats dureront, en réalité, jusqu’au 28 août. La division Leclerc a perdu près de 450 hommes (130 tués et plus de 300 blessés). Côté Résistance, le bilan est aussi important, les FFI comptent environ 500 tués et 1.000 blessés. La population civile a également souffert : 400 personnes sont mortes, 5.500 autres ont été blessées.

Ce 25 août, peu après 17 h 00, le général de Gaulle arrive à l’hôtel de Brienne, siège du gouvernement provisoire. Il s’installe au premier étage : « Rien n’y manque, excepté l’État, il m’appartient de l’y remettre », notera-t-il plus tard dans ses Mémoires.

[1] Extrait des Mémoires du général Von Choltitz

[2] Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF)

À lire aussi

Pologne, 1er septembre 1939 : une invasion montée de toutes pièces !

Après l’annexion de la Tchécoslovaquie, Hitler entend « ne pas épargner la Pologne ». …