Editoriaux - Histoire - Politique - 22 novembre 2017

Hidalgo s’y cramponne et n’en démordra pas : l’écriture inclusive est son combat

La gauche radicale et sa sœur de lait la gauche modérée sont en déconfiture. La CGT n’est plus le.la défenseur.se (je m’entraîne, mais je ne sais pas encore faire le “point médian”) officiel.le des « travailleurs, travailleuses », le facteur Besancenot est retourné cultiver les vignes de beau-papa, Mélenchon confit doucement dans sa bile, le PS se cherche un premier secrétaire et l’immeuble dans lequel l’installer, et le PCF n’a plus, pour s’occuper, qu’à fleurir les tombes de ses grands hommes alignés au Père-Lachaise. Bref, la gauche s’ennuie. Hollande s’est remis à bouffer comme quatre et, même s’il ronge son frein, continue d’engraisser.

Quel dada enfourcher, quelle grande cause épouser, se demandent alors tous ces crânes en jachère, quand deux obscurs olibrius leur en offrent une sur un plateau : l’écriture inclusive. Bon sang, mais c’est bien sûr, en voilà une idée qu’elle est bonne !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette merveille d’équité, j’explique : l’écriture inclusive remet en cause la règle d’accord de la langue française, jugée sexiste, selon laquelle, au pluriel, « le masculin l’emporte sur le féminin ». Tout comme nos politiques ont pris l’habitude imbécile de dire systématiquement « celles et ceux », on doit donc écrire chaque mot pluriel au masculin ET au féminin, en insérant un petit point baptisé « point médian » ou « point milieu » avant le « e » du féminin. Dans un pays qui compte 20 % de quasi-illettrés à l’entrée en sixième, ça va assurément leur faciliter l’apprentissage de la langue…

En vérité, l’écriture inclusive est une ineptie qui n’aurait même pas justifié une ligne dans les gazettes ni un gazouillis sur les réseaux si toute cette gauche n’avait été au fond du trou, et si le porc Weinstein n’avait pas sorti son service trois-pièces pour le faire astiquer par les actrices d’Hollywood. Mais voilà, l’actualité prétend aujourd’hui faire non seulement l’Histoire mais aussi façonner la langue.

Et voilà tous.tes les foldingues paralysé.es par la nouvelle République en marche qui se jettent dans ce nouveau combat comme un.e chien.ne affamé.e sur son os. Qu’on se le dise : l’écriture inclusive est devenue un combat politique de première importance. Au point que le Premier ministre Édouard Philippe a jugé nécessaire d’adresser une circulaire à tous ses ministres, publiée ce mercredi au Journal officiel : “Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive”, écrit-il, précisant : “Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme.” Ainsi, dans les textes réglementaires, on conservera “le masculin [qui] est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aux femmes”, étant entendu que pour les grades et fonctions de même que pour les mots épicènes (journaliste, ministre, etc.), on utilisera le féminin.

C’est juste un peu de bon sens dans un monde de fanatiques hystériques, mais c’est encore trop pour le maire de Paris, madame Hidalgo.

Ainsi, aux élus Les Républicains qui, mardi, lors du Conseil de Paris, ont demandé à ce que la mairie cesse d’utiliser l’écriture inclusive dans ses textes officiels, arguant du fait que cela rendait notamment le texte incompréhensible, l’adjointe PCF chargée de la lutte contre les discriminations a opposé une fin de non-recevoir. Nous “gardons l’écriture inclusive. On comprend le français quand on écrit.e !”, a indiqué Hélène Bidard.

On comprend surtout que ces gens-là sont de dangereux.ses crétin.es.

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