La , en retard paraît-il sur les nations évoluées, adopte « enfin » la nouvelle carte qui permettra à chaque citoyen de disposer de son « numérique ». Entrée en vigueur ce 16 mars, elle aura totalement remplacé notre carte actuelle, le 3 août 2031, date à laquelle cette carte sera sans doute elle aussi obsolète, puisque remplacée par l’identité biométrique sur smartphone et peut-être aussi la puce implantée sous la peau.

Bienvenue, donc, dans le monde merveilleux du flicage tous azimuts.

Nos ont fait à ce propos le service minimum, vantant le côté pratique de la chose : par sa puce intégrée, notre nouvelle carte, au format carte de crédit, va nous offrir enfin la totale de nos données. Car l’identité numérique, c’est le Graal. Ou pas.

Dans l’article de BFM TV, une petite ligne laisse en effet planer le doute : « À terme, ce nouveau document d’identité est voué à servir de support pour accéder à des services publics ou privés exigeant une identification robuste en ligne, et ouvrir ainsi la voie à une identité numérique régalienne, sur laquelle planche le ministère de l’Intérieur depuis 2018. Ce volet devait être intégré à la nouvelle carte dès son lancement, mais a en fin de compte été totalement occulté. » Tiens donc, et pourquoi ça ?

En allant visiter le site de Thales, dont la devise est « Construisons ensemble un avenir de confiance », on comprend mieux la philosophie et l’objet de la chose. « Les entreprises et les gouvernements comptent sur Thales pour apporter de la confiance (sic) aux milliards d’interactions numériques qu’ils établissent avec les utilisateurs », nous dit le pourvoyeur de confiance en carte. « Nos technologies de gestion des identités et de protection des données permettent aux d’échanger des fonds, aux voyageurs de franchir des frontières, à l’énergie de devenir plus intelligente, et plus encore. Plus de 30.000 organisations comptent d’ores et déjà sur les solutions Thales pour vérifier les identités des personnes et des objets, autoriser l’accès à des services numériques, analyser de vastes quantités d’informations et crypter des données. »

Une identité « numérique et régalienne » qui va nous permettre, c’est sûr, d’échapper à toutes les fraudes. Et, bien mieux encore, nous donnera accès « à la fois aux services publics et à ceux du privé avec l’assurance d’une sécurité renforcée ». Ces petites merveilles de technologie délivrées par les gouvernements peuvent « offrir une foule d’applications », comme « permettre de remplir ses déclarations d’impôt, remplir automatiquement un formulaire en guichet ou en ligne et valider/donner/signer son accord avec son code PIN ».

Tout cela est fait pour notre bien, pour notre sécurité et pour nous faciliter la vie. Les bons esprits, ceux qui critiquent la pour sa surveillance ultra-renforcée des citoyens et sanctions y afférentes, n’en sont pas moins enthousiastes à l’idée du monde merveilleux qui s’annonce. « Je n’ai rien à cacher », disent les honnêtes gens. En sont-ils si sûrs ?

Dans le monde merveilleux de Thales, « L’ID mobile représente un vecteur de confiance entre les citoyens et les fournisseurs de services et, à ce titre, continue d’étendre son usage vers d’autres domaines en ligne que l’e-Gouvernement, comme la banque et le paiement des transactions. » Voilà qui a au moins le mérite d’être clair.

On comprend, en effet, qu’à brève échéance, toutes nos données (dossier de santé, mutuelle, assurance, surveillance des mouvements bancaires, etc.) seront intégrées à notre identité numérique et accessibles. Qui empêchera, alors, « les services publics et ceux du privé » évoqués ci-dessus d’en faire usage à leur avantage : augmentation des primes, refus de prêts ou de soins, sanctions diverses… La foire aux idées est ouverte. Mais c’est pour notre bien, assurément.

23 mars 2021

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