Dans son laboratoire du ministère de la Culture, travaille sur divers scénarios de reprise des concerts. Pour le ministre, la problématique est double. Il y a ceux où les spectateurs sont assis. Sagement. Sanglés sur leurs chaises. À quinze mètres les uns des autres. Sur scène, des artistes tels que Karine Lacombe dans le grand air du , Olivier Véran et son orchestre ou encore le groupe de hard rock « AC d’essais » donneraient tous les gages de sécurité sanitaire.

Les concerts avec un public debout donnent, en revanche, du fil à retordre au professeur Bachelot, qui déclare : « Pour les spectacles debout, c’est plus compliqué, c’est pour cela que je mène des expérimentations, et ces expérimentations sont destinées à bien tester ce qui se passe. »

Des rats de laboratoire seraient sortis indemnes d’une chanson de Camilla Jordana qu’ils avaient écoutée dressés sur leur deux pattes arrière. Un résultat encourageant qui amène le ministre à autoriser deux concerts-tests dans la deuxième quinzaine de mars. L’un se déroulera à Marseille, dans la salle du Dôme avec un millier de spectateurs qui seront « assis avec la possibilité de se lever ». Munie d’un sifflet, Roselyne Bachelot donnera le top départ de l’enthousiasme. Dans le cas d’une prestation de la chanteuse enrobée Yseult, les personnes souhaitant partir avant la fin pourront également en profiter pour filer à l’anglaise.

Pour les besoins de l’opération menée conjointement avec l’INSERM, tous les spectateurs pourront pénétrer dans la salle, y compris ceux testés positifs à l’entrée « parce qu’il faut se mettre en situation où il y aura un brassage ». Un test réalisé ultérieurement évaluera s’il y eu un effet de transmissibilité. Les gagnants seront récompensés par un séjour d’une semaine en pension complète à l’IHU de la ville où le professeur Raoult les accueillera avec verre de chloroquine et des guirlandes de fleurs.

L’autre expérience se déroulera à Paris dans l’immense salle de l’Accor Arena avec le concours de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris. Concert dit « en jauge debout » par le ministre qui maîtrise désormais les deux positions du kamasutra culturel. Un échantillon choisi parmi les 5.000 spectateurs présents subira le test avant/après. Outre des crampes dans les jambes, l’examen déterminera les éventuelles cas de contamination et, ainsi, la suite à donner aux spectacles vivants.

Une expérience similaire avait été réalisée en Espagne sur un échantillon de 1.047 personnes. Une semaine plus tard, les 463 qui avaient assisté au concert furent testés « négatif » alors qu’il fut décelé deux cas positifs parmi ceux qui n’y étaient pas allés. Un résultat paradoxal qui n’entame en rien la détermination de Roselyne Bachelot. Au terme de ses recherches, l’inutilité de la paralysie de la vie culturelle pourrait être démontrée. Conclusions au prochain spectacle de Guignol !

16 février 2021

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