Editoriaux - Politique - Société - 20 janvier 2020

Discriminations à l’embauche : Marlène Schiappa sur orbite !

Comme chacun sait, il n’existe guère de problème ne se posant pas qui ne puisse être résolu par une absence de solution. D’où les dernières mesures annoncées par , secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

Ainsi annonce-t-elle, ce lundi 20 janvier sur RTL : « Le 6 février prochain, nous présenterons avec plusieurs ministres la première stratégie gouvernementale de lutte contre les discriminations, avec les associations, les acteurs qui suivent, sur le terrain et depuis des années, et luttent parfois seules contre les discriminations. » « Seules », certes, mais un peu aidées par l’argent du contribuable, notera-t-on.

Et les discriminations en question ? D’après une étude de la TEPP (Théorie et évaluation des politiques publiques), comité Théodule plus ou moins affilié au CNRS, sur laquelle se fonde madam.e la ministr.e, serait mise « en évidence une discrimination significative et robuste selon le critère de l’origine, à l’encontre du candidat français présumé maghrébin ». Tout d’abord, pourquoi se focaliser sur la seule « discrimination », « robuste » ou pas, dont les « Maghrébins » seraient les seules victimes ?

Car voilà qui pourrait signifier que « l’Africain » aurait vocation à être autant « discriminé » sans qu’on ne s’en émeuve davantage ; ou, à l’inverse, puisse l’être moins que son frère d’infortune « maghrébin », sans que cela ne pose plus de problèmes… L’homme et la femme de bien ne peuvent que s’interroger.

Cela pourrait, bien sûr, être l’objet d’une autre et future étude, TEPP ayant tenu salon, les 12 et 13 novembre dernier, à Dakar, dans une île tenant plus du réduit pour milliardaires que du bidonville, histoire de discourir sur des sujets aussi brûlants que « les approches statistiques et économétriques, la modélisation, la simulation et la socio-économie du travail ». Marlène Schiappa a les sources qu’elle peut.

Voyons plutôt le résultat de l’étude en question. Là, ça fout des miquettes de frisson à faire froid dans le dos : « Sur les 103 entreprises testées, nous identifions entre 5 et 15 entreprises discriminantes. » De « 5 » à « 15 » des « 103 » plus grandes entreprises françaises seraient donc « discriminantes »… Que fait la police contre cette minorité écrasante ?

La police, Marlène Schiappa est justement là pour s’en occuper, sachant que cette dernière n’a évidemment pas que cela à faire, par les paisibles temps qui courent. Pourtant, il n’est pas de police digne de ce nom sans indicateurs de… police. Qu’à cela ne tienne ! Notre Fouquière-Tinville affirme ainsi : « Nous pouvons aller vers du “name and shame”. C’est-à-dire nommer des entreprises qui discriminent. » Bref, les balancer à la vindicte publique sur ces réseaux sociaux qu’elle « stigmatise » au passage. Tout cela est d’une logique implacable.

Au risque de « discriminer » la minorité des « 5 à 15 » entreprises « discriminantes » ? Si l’on allait au bout de cette logique, voilà qui pourrait se révéler croquignolet. L’hétérosexuel interdit d’embauche par le barbier homosexuel du Marais. Le « Maghrébin » refoulé parce que voulant travailler comme serveur chez un traiteur de la rue des Rosiers. Le « Juif » pas forcément le bienvenu dans un kebab de Bobigny. Le LGBTQI+ dont le CV ne serait pas retenu pour officier comme organiste chez les catholiques traditionalistes de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. On peut tout imaginer.

Sans oublier votre serviteur, dont aucune rédaction parisienne ne s’arrache la plume, de L’Obs à L’Express en passant par Les Inrockuptibles. Marlène, moi aussi, j’ai la haine !

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