Directeur de la MAIF, l’assureur militant qui ravive le front anti-RN
« Il y en a marre de ces patrons qui font la morale aux électeurs. » La formule d’Hervé de Lépinau, député RN et vice-président de la commission économique à l’Assemblée nationale, interrogé par BV, claque comme un rappel à l’ordre. Et elle vise directement Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, dont les récentes sorties contre le Rassemblement national ont de quoi interroger.
J’invite tous les électeurs qui ont mis un bulletin de vote #RN dans l’urne à quitter et boycotter la @MAIF qui veut bien leurs sous mais pas leurs gueules! L’assureur militant gauchiste ne galvaude pas son slogan! https://t.co/mMQ00SZONI
— Hervé de Lépinau (@H2Lepinau) April 13, 2026
Dans une tribune parue dans Le Monde le 12 avril, il met en garde contre tout rapprochement entre le patronat et le RN, qualifié d’« erreur tactique » et d’« illusion politique ». Sur France Inter, le lendemain, il franchit un cap supplémentaire en affirmant qu’une arrivée du RN au pouvoir serait « une ruine pour la France ». Des propos qui ne relèvent plus de l’analyse économique mais bien du registre de l’injonction politique. Le dirigeant d’une mutuelle se transforme en prescripteur idéologique, appelant les chefs d’entreprise à « résister ». Une posture que résument sèchement, auprès de BV, Hervé de Lépinau et Julien Odoul, député et porte-parole du RN : « C’est un assureur militant anti-RN qui décide de partir en campagne. »
Un militantisme bien installé
Les déclarations de Pascal Demurger ne sont pas un dérapage isolé. Elles s’inscrivent dans une trajectoire claire. Coprésident de Vision Impact France, il défend une entreprise engagée dans la transformation sociale, promouvant « la diversité, la parité, l’équité et l’inclusion » et des politiques fiscales finançant « la solidarité ». Une vision assumée, mais profondément idéologique. Il ne s’agit plus seulement de gérer une mutuelle, mais de peser sur le débat public.
La MAIF n’en est d’ailleurs pas à son premier engagement politique. En 2019, elle avait menacé de retirer ses publicités de CNews en cas d’arrivée d’Éric Zemmour à l’antenne, assumant une pression directe sur la ligne éditoriale de la chaîne. En 2017, l’assureur avait également soutenu une collecte de l’association Utopia 56, engagée dans l’aide aux migrants.
Ajoutés aux positions défendues au sein dImpact France, ces épisodes traduisent une ligne constante : celle d’une entreprise qui assume intervenir dans le débat public au-delà de son rôle économique. Contactée par courriel par BV, la MAIF nous a répondu ne pas souhaiter répondre à nos demandes.
Un donneur de leçons très bien rémunéré
Le contraste est saisissant. Chantre d’une économie « responsable » et d’un partage plus équitable de la valeur, Pascal Demurger perçoit une rémunération qui tranche avec ces principes. Selon les éléments révélés par Le Canard enchaîné, son salaire atteint environ 55.000 euros bruts mensuels, soit près de 30 fois le SMIC et plus de 20 fois le salaire minimum interne de la MAIF. Un niveau qui dépasse largement les critères des entreprises solidaires d’utilité sociale, censées limiter les écarts de rémunération de 1 à 10.
En outre, parmi les sociétaires de la MAIF, il y a précisément ces Français que Pascal Demurger semble vouloir éclairer, voire corriger. Une posture qu'Hervé de Lépinau juge déplacée : « Parmi ses sociétaires, il y a des électeurs du RN. » Plus encore, le député RN pointe la légitimité démocratique : « Il n’a pas de mandat électif […] Moi, j’ai l’onction du peuple. » Julien Odoul appuie, lui, là où ça fait mal : « Qui écoute ce directeur de la MAIF ? Il ne représente que lui-même. » À force de « pédagogie », le risque est clair : celui de donner des leçons à ses propres clients en transformant une relation contractuelle en rapport idéologique.
Pendant que Demurger sermonne, le RN progresse
Pendant que le directeur de la MAIF distribue les avertissements, le Rassemblement national, lui, avance ses pions. Dîners avec des chefs d’entreprise, rencontres avec les milieux économiques, échanges avec le MEDEF : le parti poursuit sa stratégie de crédibilisation. Et cela semble fonctionner. Hervé de Lépinau y voit un signal clair : « Le travail que nous avons fait […] commence à porter ses fruits. » Et le député RN d’enfoncer le clou : « Il veut jouer au chevalier blanc ? Qu’il vienne se frotter au suffrage. »
Julien Odoul conclut dans le même esprit : « Les idées de ce petit personnage sont aujourd’hui minoritaires dans le pays. » Ce décalage est révélateur : plus certains cherchent à disqualifier le RN, plus celui-ci s’installe dans le paysage économique.
Au fond, la sortie de Pascal Demurger pose une question simple : un dirigeant d’entreprise est-il là pour gérer une organisation… ou pour développer un discours idéologique ?
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73 commentaires
Un petit rappel “MAIF égal, MUTUELLE D’ASSURANCE DES INSTITUTEURS “. Même si aujourd’hui vous pouvez adhérer sans être dans l’enseignement chassez le naturel il revient au galop.
Ce directeur d’assurance à certainement peur de ne pas toucher le même salaire si le RN passe au pouvoir.
Je suis dubitatif sur son arguments « une ruine pour la France », peut être n’a t il pas remarqué qu’elle est déjà dans le rouge.
Je me méfierai de ce président qui ne fait que de l’idéologie au lieu de s’occuper des intérêts de ses sociétaires, MAIF à fuir donc.