Editoriaux - Société - 25 décembre 2018

Délitement…

Regarder Les Carnets de Julie à la télévision française depuis l’île Maurice donne à l’outremérien que je suis une image tellement paisible, culturellement vraie et traditionnellement intacte de la France qu’on en arriverait presque à oublier le reste…

Ce beau pays de France était, jadis, cohérent à travers un fil conducteur qui tenait ensemble tous les ingrédients qui avaient fait son histoire. Il était chrétien et le revendiquait haut et fort, il était européen et participait d’un ensemble continental uni à travers ses peuples différents, et tout cela parce que son identité était issue des cultures grecque et romaine, indispensables clés de voûte de cet édifice… Le spectre des deux guerres entre Européens a distillé dans les veines de nos dirigeants le lent et vicieux poison de l’antinationalisme à tel point qu’à la fin du siècle dernier, brandir un drapeau français ailleurs que dans un stade était devenu du plus mauvais goût politique. C’est alors qu’a commencé ce lent délitement de la France.

Aujourd’hui, tout cela me semble déjà très loin. Au fil des années de détricotage de notre identité d’origine, on nous a fait comprendre qu’être conservateur était devenu le pire crime que les tribunaux de la bien-pensance se sont chargés de punir.

Mais il était écrit quelque part que la réaction du pays réel allait, un jour ou l’autre, se charger de nous rappeler qui nous étions, d’où nous venions, mais surtout là où nous ne voulons pas aller. C’est ce qui est en train de se passer un peu partout en Europe et qui donne du poil à gratter à tous les tenants des “open societies” inodores et sans saveur si chers à George Soros. Car à travers tous ces mouvements sociopolitiques, on peut deviner non seulement ce désir d’identité retrouvée mais aussi ce conservatisme jusque-là jeté dans les poubelles.

Est-il toujours temps de redevenir conservateur ? Probablement ! Mais pour conserver quoi ? Sûrement pas le méli-mélo que nous a laissé la période post-soixante-huitarde faite de repentance morbide, d’une chrétienté plus sociale que spirituelle et d’une autorité battue en brèche par la mise au rancart des vieux qui savaient au profit des jeunes qui ne savent pas encore… La génération spontanée née de ce chambardement a ouvert en grand les vannes au tout-venant d’horizons divers. Aujourd’hui, l’identité française est tellement diluée que le maillage ne tient plus que par miracle. Il faudra donc faire un immense grand écart pour aller repêcher, conserver et rétablir les ingrédients de la grandeur passée de la France… C’est, après tout, la finalité de chaque peuple, qu’on le veuille ou non. C’est aujourd’hui à ces mêmes peuples de le rappeler à leurs dirigeants, tellement férus de mondialisme et de bruxellose qu’ils ne savent plus qui ils sont et où ils vont.

On a tellement tendu l’élastique qu’il est sur le point de rompre, et nul ne sait de quoi le demain de cette rupture sera fait.

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