Philippe Monguillot, chauffeur de bus à Bayonne, est mort le 10 juillet, massacré par quatre individus dont trois n’auraient « aucune attache particulière avec la ville », selon RTL. Qui sont-ils ? Les médias ne se sont pas pressés pour les identifier autrement que « marginaux ».

Jean Castex a réagi sur Twitter. « La République reconnaît en lui un citoyen exemplaire et ne l’oubliera pas. La Justice punira les auteurs de ce crime abject. » Pouvait-il faire moins ? Sa fermeté déclamatoire n’est pas gage d’action, hélas !

Si le phénomène de la marginalité a été évoqué par certains journaux parisiens pour expliquer ce drame, à l’instar de nos dirigeants, aucun n’a relevé les patronymes à consonance étrangère des mis en cause dont la révélation sur Twitter viendrait, dit-on, de fuites policières. Pourquoi ?

Tout cela a un sens. Le 18 février 1976, le présentateur Roger Gicquel ouvrait ainsi le journal télévisé de TF1 après l’arrestation de l’assassin Patrick Henry : « La France a peur ! » Oui, la France a toujours peur. Mais la peur française d’aujourd’hui est celle, pour beaucoup, de ne pas oser se déterminer par crainte de rétorsions administratives.

Souvent, les familles de victimes ne veulent pas de « récupération politique ». Est-ce l’effet de décennies de manipulation mentale pour faire de nous des citoyens honteux et formatés ? Alors qu’un père en souffrance ne peut que répéter : « Nous portons des valeurs du vivre ensemble » (comme l’a dit, sur Europe 1, le père de la gendarme Mélanie), Brigitte Bardot a poussé un cri de rage contre l’insécurité et la démission « lâche » des politiques. Quelque magistrat doctrinaire, missionné, après plainte de telle ou telle association communautariste, ne l’incriminera-t-il pas d’incitation à la haine raciale ? Le sujet de la délinquance des étrangers – et plus encore des nationaux récents issus d’un droit du sol tristement automatique – est tabou.

L’explication xénophobe qui attribuerait à un groupe humain une propension « innée » au crime n’est pas sociologiquement fondée. En revanche, « l’ensauvagement » de certains, par perte de repères moraux, semble évident. Et on ne peut nier que le binôme infernal alcool-drogue, décliné en comportement mafieux d’existence sociale, ne soit un accélérateur de la dérive criminelle.

Dans les États-Unis du XIXe siècle, on dénonçait les Irlandais comme « délictueux par nature »… avant leur assimilation. Les Maghrébins, Sahéliens, Caucasiens, etc., venus en France, ne le sont pas plus que les Irlandais, en tant que groupe ethnique. Mais la surreprésentation criminelle des étrangers par rapport à leur nombre réel dans la population est une réalité volontiers occultée par le pouvoir pour raisons idéologiques. Les exemples des drames récents, avec passage au crime dit « gratuit », par refus de la règle sociale établie fragilisent un peu plus, aux yeux de l’opinion, le mythe du « vivre ensemble » multiculturaliste et pourraient bien confirmer pour partie la vision d’Hugues Lagrange expliquant, dans Le Figaro, la délinquance sur notre sol de jeunes venus du Sahel par le rejet d’un contrat social occidental mal compris, par divergence culturelle forte.

Nous apprenons maintenant que l’un des agresseurs de Philippe serait « en situation irrégulière sur le territoire français », selon France Bleu, vivant dans un logement sans eau ni électricité. Cette information pose le problème de l’hypocrisie de l’accueil. Mais aussi cette autre question-clé de la capacité et de la volonté d’assimilation culturelle de certains nouveaux Français d’identité automatique, non de cœur ou de mémoire, ou en attente de régularisation. Incompréhension de nos critères sociaux ou volonté, de leur part, d’imposer d’autres rites ? Chacun jugera. En espérant que la République n’oubliera pas nos « citoyens exemplaires ».

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