Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 27 février 2019

Damien Lempereur : “On ressent vraiment une dynamique sur le terrain en notre faveur ! L’accueil est très bon.”

Le débat des élections européennes semble se cristalliser entre les “progressistes” et les “populistes”. Analyse de Damien Lempereur, porte-parole de Debout la France, qui revient aussi sur les dernières déclarations de la tête de liste des Républicains. Selon lui, “François-Xavier Bellamy est dans une contradiction dont il aura du mal à se sortir”.

Il semblerait que la stratégie d’Emmanuel Macron soit en train de fonctionner. On assiste, dans ce débat européen, à une cristallisation du débat où il y aurait les progressistes d’un côté et les populistes de l’autre. Ce schéma vous paraît-il juste et dans quel camp seriez-vous ?

Je ne crois pas que ce schéma soit juste. Ce qu’on appelle les “progressistes” ne sont pas véritablement les défenseurs du progrès. Est-ce le progrès, de revenir vers l’esclavage ? Est-ce le progrès, un monde sans frontière ? Est-ce le progrès, un monde de précarité ? Est-ce le progrès, le retour d’un monde des féodalités, avec les grandes intercommunalités ? Je ne suis pas sûr que les termes soient corrects, comme souvent, d’ailleurs, avec la novlangue macronienne. On met souvent un mot pour désigner le contraire. Cela me fait penser à la loi anti-casseurs, qui était en réalité une loi anti-manifestation, anti-gilets jaunes.
Pour autant, le clivage, en soi, nous convient. Il y a d’un côté les mondialistes, c’est ce qu’ils appellent les “progressistes”, et de l’autre les “populistes”, qui sont en réalité les conservateurs. Ceux qui veulent conserver des traditions, un modèle de société et un modèle social qui va de pair avec le développement économique. Finalement, si les termes sont mal choisis, à dessein, par Emmanuel Macron, il y a vraiment un clivage entre, d’un côté, les mondialistes et, de l’autre, tous ceux qui sont encore attachés aux traditions et aux nations.

Certains des propos de François-Xavier Bellamy ont été rapportés par des journalistes. Il disait, notamment, qu’il se reconnaissait plus dans Juncker que dans Orbán, et qu’il était plus proche de Macron que de Marine Le Pen. Ces paroles sont-elles une clarification de sa ligne ?

C’est quasiment un lapsus ou un acte manqué. Bellamy va essayer de passer sa campagne à dire des choses qui sont complètements contradictoires avec la réalité de la politique qui est menée par son parti. Au bout d’un moment, on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. C’est ce qu’il s’est passé.
Les Républicains, par leur appareil et leurs choix politiques depuis des années, notamment au Parlement à Bruxelles et à Strasbourg, sont clairement dans le camp des progressistes. Ils ont voté les sanctions contre Orbán, acquiescé à toutes les règles migratoires et ont totalement validé les traités supranationaux. Bellamy essaye d’avoir un discours conservateur, mais on voit bien qu’il y a une limite. Il est tenu par des intérêts et des enjeux. Je crois que cette interview, quel que soit le démenti, est assez emblématique de ce que sera la campagne de François-Xavier Bellamy.
Il va essayer de venir sur les thèmes défendus pas les patriotes, par exemple à Debout la France, mais, en réalité, il doit défendre une politique qui est celle de monsieur Juppé, madame Pecresse, etc. C’est une contradiction de laquelle il aura du mal à se sortir.

La campagne continue pour Debout la France et les Amoureux de la France. La caravane Debout la France s’arrête en Haute-Vienne. Avez-vous le sentiment que votre discours porte, malgré les derniers sondages qui vous font baisser ?

Les tout derniers nous remettent à 7,5 %. Je pense qu’il y a réellement une dynamique. Il ne faut pas trop se fier aux sondages, de manière générale. Mais on ressent davantage cette dynamique sur le terrain. Cette caravane est, en fait, un grand camping-car Debout la France qui se déplace dans les préfectures et les sous-préfectures de toute la France. Bientôt, elle sera dans le Sud-Ouest début mars, puis les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, etc. Cette idée d’aller sur le terrain était, je crois, une très bonne idée. D’une part, cela permet de rencontrer les compatriotes dans les petites villes, les villes moyennes et les campagnes ; d’autre part, cela permet éventuellement de confronter nos idées. 100 % de la population n’est pas d’accord avec les idées de Debout la France. Mais on n’en ressort que du positif. Et l’accueil est très bon. Il est bon lorsque nous sommes avec nos sympathisants, évidemment, mais aussi lorsque ce n’est pas le cas. Les gens viennent discuter avec nous pour comprendre les choix politiques.
Il y a une volonté d’essayer de dépasser la caricature des médias. Certains ont en tête une image caricaturale de Debout la France. Le fait d’avoir la caravane avec nos responsables locaux sur le terrain permet de répondre aux interrogations. Cela crée du dialogue. Je pense sincèrement que cela va être une opération très productive. Cela permet de convaincre des gens que nous n’aurions sinon pas convaincus.

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