L'année 2019 a compté 95.600 chômeurs de moins en France, soit une baisse de 3 % sur l'année. Ils ne sont, selon le discours officiel, désormais plus que 5.740.000. Le nombre de demandeurs d'emploi des trois catégories a reculé de 1,6 % pour le seul quatrième trimestre 2019.

Doit-on se réjouir de ces chiffres ? Oui, bien sûr, car ils indiquent un mieux par rapport au bilan précédent qui était désastreux en la matière.

Comme le gouvernement, doit-on crier victoire, verser dans un optimisme béat et en conclure que l'on a agi à hauteur des enjeux ?

Manifestement, il serait tout à fait indécent de se contenter de faire ce constat et, surtout, de s'en tenir à cette seule apparence, ce qui pourrait n'être qu'un sentiment hédoniste, voire l'acceptation d'une attitude opportuniste à visée électoraliste.

Assiste-t-on à une réelle augmentation de l'activité ? La réforme de l'assurance ne serait-elle pas plutôt la clé de cette apparente embellie ? Et, dans ce cas, la situation est-elle meilleure qu'il y a un an ?

La première question qui vient à l'esprit est de savoir quelle est la part de ces demandeurs qui ont réellement trouvé un emploi, et lequel. Autrement dit, quelle est la part de ceux qui sont sortis des statistiques pour une autre raison, qu'il s'agisse de causes administratives (radiations) ou de raisons plus délibérées.

Deuxièmement, cette baisse est-elle une spécificité française, ce qui permettrait de conclure à la réussite de la de M. Macron, ou bien est-elle comparable avec celle des autres pays industrialisés ? Force est de constater que de nombreux pays font mieux que nous, l'Espagne par exemple ou encore la Grèce, sans parler de la Grande-Bretagne (supposément plombée par l'approche du Brexit) ou encore l'Allemagne et les Pays-Bas en quasi-situation de plein-emploi.

La communication gouvernementale avait amorcé, il y a quelque temps, cette tendance au satisfecit de sa économique en annonçant une poussée spectaculaire du nombre de créations d'entreprises au cours de la même année 2019. Or, il est apparu très vite que, parmi ces prétendues nouvelles entreprises, une moitié d'entre elles étaient en réalité des entreprise unipersonnelles, et plus exactement des statuts d'auto-entrepreneurs à hauteur de 350.000.

Aussi, la tentation est grande de considérer, de façon légitime, qu'une quantité non négligeable de la création d'emploi est constituée de postes de ce type.

Aussi, cette situation ne serait la garantie ni d'une amélioration substantielle de la situation des nouveaux employés, car la rémunération n'excède guère 500 € par mois, ni une garantie de durabilité de leur position.

Ce dont il s'agit, en réalité, c'est une démonstration clinique de l'uberisation du monde du travail, dont les livreurs de pizzas sont l'emblème. Cette transformation serait dans la nature des choses du monde économique d'aujourd'hui, ce serait un progrès pour les tenants de la ultralibérale. À chacun d'en juger.

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29 janvier 2020

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