Il avait pourtant été clair, monsieur le ministre de la Culture ; droit dans ses bottes, ferme dans ses convictions, précis dans ses consignes : Franck Riester l’avait martelé, fête de la Musique ou pas, « les rassemblements de plus de dix personnes sont toujours interdits sur le domaine public » et « les concerts spontanés ne sont pas autorisés ».

On ne les a pas comptés, mais les Parisiens étaient fort nombreux, ce dimanche soir, à danser « collé-serré » sur l’esplanade des Invalides et sur les bords du canal Saint-Martin, ce haut lieu de la boboïtude déconfinée. Sans masques, sans distanciation physique, sans scrupules.

Plusieurs centaines de personnes étaient en effet réunies dans le jardin Villemin (Xe arrondissement), cela, sans aucun respect des consignes sanitaires, rapporte Le Parisien.

Le quotidien a interrogé la préfecture de police qui indique qu’elle « n’a pas été sollicitée pour donner une autorisation à ce rassemblement ». Mais il se peut que celui-ci l’ait été directement par la mairie de Paris. La chose serait possible, tant Mme Hidalgo courtise son électorat bobo. Les fêtards empêchant la circulation, la police qui tentait de dégager le passage s’est fait recevoir aux cris de « Tout le monde déteste la police », preuve qu’un frisson révolutionnaire chatouille les CSP+.

La foule était aux Invalides, BFM aussi, qui a filmé les caillassages en règle. « Sur l’esplanade des Invalides, de nombreuses personnes s’étaient rassemblées plus tôt dans une ambiance festive sans aucun respect des règles de distanciation sociale. Au milieu de la nuit un feu d’artifice éclate, ce qui précipite l’intervention des forces de l’ordre venues disperser la foule aux environs d’une heure du matin. Des tensions surviennent », rapporte la chaîne d’infos. Un jeune à capuche témoigne : « Ils ont commencé à nous encercler, tout ça. Nous on aimait pas ça, du coup, on a commencé à les caillasser partout… bouteilles, tout ce qu’il y avait par la main (sic) on caillassait. » Le caillassage soutenu a duré plus d’une heure.

La chasse aux flics est ouverte. Certes, elle l’est depuis un moment déjà, mais aujourd’hui, elle est totalement banalisée, presque encouragée par certains élus qui ne rechignent pas devant les amalgames les plus cyniques.

Ainsi, le maire de Stains, M. Azzédine Taïbi, venu inaugurer, le 18 juin, la fresque du Collectif Art Contre le racisme et les violences policières où sont réunis dans une même souffrance les deux héros et George Floyd.

Maire rouge dans une banlieue rouge, Azzédine Taïbi est élu sous l’étiquette du PCF. Dans la droite ligne de son parti, il renvoie à l’État l’entière responsabilité d’une déconfiture locale et départementale, la mainmise historique du PC sur la Seine-Saint-Denis n’ayant évidemment aucune incidence dans tout cela. À noter que Stains est aux mains du PCF depuis 1939, mais ceci n’a évidemment rien à voir avec cela. C’est pourquoi M. Taïbi s’en est pris au ministre Blanquer qui lui reprochait, comme à d’autres maires du département, de ne pas vouloir rouvrir les écoles avant septembre : tout ça, c’est la faute de l’État qui ne banque pas suffisamment.

Aujourd’hui, le maire de Stains l’affirme : « Le comportement des policiers en France est le même que celui que nous connaissons aux États-Unis. » « On ne peut pas laisser passer cette violence policière qui, derrière, caractérise une violence institutionnelle, sur des bases de racisme et de justice sociale », confie-t-il à Regards. Et s’il reconnaît que « la République est en échec en Seine-Saint-Denis », il annonce avoir « déposé plainte contre l’État pour rupture d’égalité ».

Ecœuré, le syndicat de police Alliance 93 a appelé, lui, à une manifestation de protestation contre la fresque, ce lundi, accusant le maire de « jeter de l’huile sur le feu dans un contexte déjà ultra-tendu ».

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