Chanter Aya Nakamura dès le berceau : le rap pour apprendre la langue française ?
Charitablement, M6 offrait à ses téléspectateurs une idée de cadeau pour leurs enfants : Mon premier Aya Nakamura. Les Éditions PlayBac, connues pour leurs livres musicaux à destination des tout-petits, ont sorti, cette année, un recueil enfantin des plus grands tubes de la chanteuse française. Heureusement que M6 précise : « Attention aux parents : il faudra sans doute expliquer certaines paroles à vos enfants ! »
À ce sujet — Aya Nakamura ou le Grand Remplacement musical
« Un vrai moment de complicité » !
Ce n’est rien de le dire ! Comme chacun sait, la chanteuse n’est pas réputée pour sa syntaxe et son vocabulaire. C’est ainsi qu’on assiste, affligé, à une maman trouvant que « ce livre, c’est une pépite », mais tout de même un peu gênée de devoir expliquer à son enfant qui lui demande « Maman, ça veut dire quoi : "fais-moi mmh, mmh" ? » M6 avait prévenu qu’il faudrait être « inventif ». Autre option, éviter d’initier ses enfants à la culture rap, connue pour ses thèmes trash ? Le résumé de ce livre, proposé notamment à la FNAC, pour les enfants « dès 6 mois », vous promet pourtant « un vrai moment de complicité et de partage ». La maison d’édition s'adresse ici aux « fan[s] de l'incontournable Aya Nakamura et de sa musique urbaine et rythmée », puisqu’« avec ce livre sonore, [ils pourront faire] découvrir ses plus grands titres à [leurs] enfant : Djaja, Copines, Pookie, Bobo, Jolie nana. »
Les paroles de chacune de ces chansons, quand elles ne sont pas tout à fait hermétiques, sont hyper sexualisées et ne font pas dans la finesse. Quel intérêt peut-on trouver à faire faire chanter son enfant à tue-tête « Oh, Djadja/Y a pas moyen Djadja/J'suis pas ta catin Djadja/Genre, en catchana baby, tu dead ça/Oh Djadja » ? Sans compter que, selon L’Union, les rappeuses françaises comme Aya Nakamura qui « bousculent les codes du genre » participent à faire du rap « une tribune brute, dénonçant le racisme, les violences policières ou les inégalités sociales ». On est loin de l’innocence de l’enfance et de la magie de Noël !
Les rappeuses françaises ont du succès
Les Éditions PlayBac proposent depuis longtemps des livres musicaux destinés aux enfants avec des titres et des chanteurs passés dans le patrimoine culturel : Édith Piaf, Tino Rossi, Trenet, Aznavour, Brassens - pour ne citer qu’eux. C’est vrai qu’après sa performance aux Jeux olympiques, l’idée s'est imposée qu’Aya Nakamura était la meilleure représentante de la musique française. La maison d’édition ne pouvait donc pas passer à côté pour ses ventes de Noël. Sans compter que sur le podium des artistes francophones les plus écoutés en France, Billboard dévoile qu’Aya Nakamura et Théodora sont passées devant Céline Dion.
Théodora, rappeuse franco-congolaise, s’est fait connaître en 2024 avec sa chanson Kongolese sous BBL et ses paroles tout en poésie : « Baby boo, tu sais, je vaux beaucoup Même si parfois, je ne joins pas les deux bouts C'est à cause d'mon fiak, il éloigne trop mes g'noux Et mes gros seins me font souvent mal au cou. » En revanche, il faudra peut-être attendre Noël 2026 pour offrir la version livre musical à vos petits. Ce ne serait même pas étonnant, puisque ces deux chanteuses sont données en exemple comme des modèles de féminisme et de réussite. Ouest-France, par exemple, sortait, il y a deux jours, une vidéo intitulée « Femmes alpha : Aya Nakamura, Théodora… des modèles à suivre ? » dans laquelle les deux chanteuses sont portées aux nues comme modèle de « femmes confiantes et ambitieuses », qui s’assument et revendiquent être des « boss lady » à l’opposé des masculinistes et des tradwives qui, Ouest France nous l’assure, « resteront minoritaires » au nom du « sens de l’Histoire ». Vous l’aurez compris, à moins d’être affreusement rétrograde, élever son enfant aux musiques d’Aya et Théodora devient incontournable.
Aya Nakamura au secours de la langue française
Des musiques et une langues d'autant plus incontournables, si l'on en croit Radio France, qu'Aya Nakamura « contribue grandement à ce que la langue française reste vivante ». Au bûcher, Les Bons Enfants de la comtesse de Ségur, voici les nouvelles grandes filles modèles de la langue française. Camille, Madeleine et Sophie peuvent aller se rhabiller, avec leur subjonctif imparfait : Aya est, aujourd'hui, « la meilleure ambassadrice de la langue française dans le monde », selon Paul Rondin, le directeur de la Cité internationale de la langue française. Ce monsieur reconnaît quand même qu'« on comprend certaines choses et pas d’autres, mais ce n’est pas grave ». S'il vous le dit ! Horriblement réacs, et très naïfs, nous pensions que la langue servait justement à se faire comprendre... En tout cas, ce français très vivant n'aidera pas la compréhension entre générations. M6 aurait peut-être dû conseiller à ses téléspectateurs d'offrir, avec leur Premier Aya Nakamura, un Petit Robert !
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66 commentaires
Pour que le Rap soit utile à l’apprentissage du français, il faudrait d’abord que les paroles soient en français, sans grossièretés. Quand j’ai vu Aya Nakamura à l’ouverture des JO, je n’ai absolument rien compris à ce qu’elle disait quand il s’agissait de ses chansons. Quel intérêt pour les enfants de les confronter à cette bouillie ?
Elle faisait vulgaire et je ne comprends toujours pas que la garde républicaine était fière à ses côtés. Il aurait été à côté de Céline Dion, J aurais pu comprendre car non seulement elle chantait magnifiquement bien mais elle avait de la class.
Le rap ? Je ne peux pas. J’y suis profondément allergique, même quelques secondes, impossible. Entendre des gens, dans des postures simiesques, éructant, vociférant et vomissant quelques mots ou onomatopées dégoulinants de haine. Mon médecin me l’a fortement déconseillé.
Quand je vous dis que c’est rappé !
Nos ancêtres écrivains et poètes (Victor Hugo, Baudelaire, Mallarmé, Racine, Montaigne, Bossuet, Voltaire, etc…) doivent se retourner dans leurs tombes. Zut, je n’ai cité que des hommes. Ajoutons George Sand.
J’écoute la radio quand je traverse la France en voiture. Ces trente dernières années, je n’ai jamais entendu aucune chanson acceptable : mélodie, rimes, métriques… Un rap de temps à autre est acceptable, pour changer.
Mon pays sombre de jours en jours et personne ne fait rien. Que faire ?
La preuve, s’il en était besoin, que la « déculturation » de ce pays est bien engagée, et par tous les moyens existants. Nos parents dans les années 60 pleuraient sur notre « déculturation » par le « rock and roll », mais celui-ci ne nous éloignait pas de notre culture originelle. Mais là, le « rap » n’est pas un réel exemple de culture occidentale…
Chanteuse, déjà c’est un bien grand mot, tellement sa voix est trafiquée.
Et entendre qu’elle est une ambassadrice de la langue française, c’est une insulte à notre culture, notre langue et notre histoire.
Et si ça fait de moi un vieux réac’, eh bien tant pis.
Aya Nakamura ou l’indigence musicale, c’est l’exploit unique de transformer chaque chanson en brouet sonore où trois mots faméliques voire incompréhensibles tournent en rond comme des mouches en fin de carrière. Ses textes ? Une poésie écrits à la lampe torche d’un téléphone à 2 % de batterie : plats, bancals, et déjà épuisés avant d’avoir commencé. Quant à la musique, c’est l’équivalent auditif d’un plat réchauffé quinze fois : ça crépite, ça répète, mais ça n’a plus de goût. Et pourtant, on nous vend cela comme la révélation du siècle. À ce stade, ce n’est plus de la pop : c’est de la pénurie mise en boucle.
j’adhère totalement à votre description !
On est loin d’Anne Sylvestre, Barbara…
L’Académie française ? Euhhh
Vous appelé ça une chanteuse française ? Si toutes les chanteuses françaises chantaient comme elle, on tomberait encore plus bas.
Bah, comme entendu sur TF1 dans une série télé, c’est juste un bon moment…
Delogu presque au niveau ?
Grandiose, évidemment les ministères de l’inculture et de l’ineducation nationale chouf(fent) ailleurs.
Décadence et déconstruction de la France sont les mamelles de ce nouveau monde. Plus rien ne m’étonne depuis que le traître a été élu par de riches retraités qui doivent le regretter aujourd’hui !
Bien fait pour eux et malheur pour nous autres, à virer ce guignol et ne plus en entendre parler.
Il y a donc tant de riches retraités en France qu’ils sont capables à eux seuls d’élire le président de la République?