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Editoriaux - 1 février 2018

Catholiques : pour les réclamations, vous repasserez

Suite à l’agression, lundi soir à Sarcelles (Val-d’Oise), d’un enfant de huit ans, “porteur de symboles juifs clairement identifiables” (Le Figaro), par deux adolescents, l’exécutif s’est fort justement insurgé contre cet acte abject et une enquête a été ouverte par le parquet de Pontoise, retenant le caractère indéniablement antisémite de l’agression.

Toutefois, à l’heure où le marécage s’ébroue à l’idée que les pamphlets antisémites de Céline puissent être réédités – sans s’émouvoir, par ailleurs, que ceux du cheik égyptien Youssef al-Qaradawi, antisémite notoire, circulent librement sur le sol français –, il semblerait qu’il y ait un grand oublié parmi les victimes d’actes d’intolérance religieuse : les chrétiens, et plus particulièrement les catholiques.

Aussi, lorsque mercredi dernier, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a déclaré que “lutter contre le racisme et l’antisémitisme, c’est évidemment avoir le courage de nommer les choses. Le courage de reconnaître que oui, il existe une nouvelle forme d’antisémitisme violente et brutale” (BFM TV), je me suis senti un peu seul car les nombreux actes christianophobes sont ignorés dans cette phrase, passant sur le fait que mêler le racisme et l’antisémitisme est un non-sens puisque, précisément, l’antisémitisme prospère dans les rangs de l’antiracisme.

Un exemple parmi d’autres me donne raison au sujet de ce mépris dont les catholiques font les frais. En février 2013, on se souvient que des Femen s’étaient introduites dans la cathédrale Notre-Dame de Paris pour fêter, à leur manière, le renoncement de Benoît XVI à son pontificat. Elles s’en étaient alors prises aux “trois cloches, exposées provisoirement dans la nef à l’occasion du jubilé des 850 ans” (20 Minutes). Par trois fois, les militantes ont été relaxées et les surveillants, ayant tenté de les neutraliser, condamnés à des amendes avec sursis.

Autre exemple. En 2016, “une effigie de Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a été brûlée en place publique” (Christianophobie Hebdo) pour dénoncer ses prises de position sur l’avortement et ce, avec le soutien de Medhi Ouari, membre du Conseil national du PS. Quelles que soient les opinions concernant l’avortement, l’abbé Pierre Amar avait raison en déclarant : “Brûler la figure d’un évêque c’est de “l’humour”. Essayez avec un imam ou un rabbin, on verra si c’est “drôle”” (op. cit.).

En France, les actes dirigés contre les catholiques se multiplient dans l’indifférence générale, sauf quand c’est trop visible, comme l’assassinat du père Jacques Hamel. Les catholiques n’intéressent souvent que du point de vue du crime, comme les prêtres pédophiles, les groupes extrémistes ou jugés comme tels, et dont on exagère volontiers les traits à la manière de Charlie Hebdo parce que c’est moins risqué de déverser sa haine sur une communauté religieuse qui ne règle pas ses comptes l’arme au poing.

En fait, pour les catholiques, c’est un peu la faute d’être nés… chez la fille aînée de l’Église !

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