CAN : rien ne va plus entre le Maghreb et l’Afrique noire

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La Coupe d'Afrique des nations (CAN) est une compétition très appréciée des amateurs de football. Tous les deux ans, les meilleures équipes du continent s'affrontent durant près d’un mois. Pour sa 34e édition, qui a débuté le 13 janvier dernier, toutes les rencontres ont lieu en Côte d’Ivoire. Malheureusement, si tous les regards sont tournés vers le pays d’Afrique de l’Ouest, ce n’est pas uniquement pour la qualité du jeu pratiqué lors du tournoi. La nation des Éléphants est le théâtre de plusieurs polémiques sur fond de racisme.

Racisme et dénigrement

Le dimanche 21 janvier, la République démocratique du Congo et le Maroc avaient rendez-vous à San-Pédro dans le cadre de la deuxième journée de compétition. La rencontre qui s’est soldée par un match nul (1 partout) a été marquée par un affrontement entre Chancel Mbemba, le capitaine congolais, et Walid Regragui, le sélectionneur marocain, lors du coup de sifflet final. L'altercation s’est poursuivie dans le couloir menant aux vestiaires puis aux micros des journalistes présents sur place. Le joueur de l’OM n’a pas souhaité rapporter le contenu de l’échange ayant dégénéré mais aurait, selon l'entraîneur des Lions de l’Atlas, sous-entendu qu’il s’agirait de propos racistes - ce dont il se défend.

Entre ce qui a été dit, pas dit, entendu, malentendu et sous-entendu, difficile de démêler le vrai du faux. Sur les réseaux sociaux, les supporters des deux équipes ont fait leur choix. Naturellement, ils défendent leur poulain. Pour certains, avec beaucoup d’entrain voire un entrain raciste. Sur le compte Instagram du Congolais, nombre de personnes s’affichant comme supportrices du Maroc (présence du drapeau sur leur profil) ont posté des photographies ou des vidéos de singes et proféré des insultes racistes à l’encontre du footballeur. Du chauvinisme au racisme, il n’y a parfois qu’un pas que certains supporters font facilement.

Autres pays, autres attaques racistes. Sofia Benlemmane, une influenceuse algérienne, fervente supportrice des Fennecs, s’est elle aussi illustrée. Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, celle qui est de quasiment tous les déplacements de l’équipe de Djamel Belmadi critique ouvertement la Côte d’Ivoire et laisse entendre que l’Algérie vaudrait mieux que l’Afrique : « Il faut que les Algériens sachent comment ils vivent ici. Nous remercions Dieu d'avoir un pays comme l'Algérie. Normalement, l'Algérie devrait se situer entre le Portugal et l'Espagne. Parce qu'ici, ils vivent dans la misère. C’est peu dire qu’ils vivent à l’ère préhistorique. Si je pouvais, j’enverrais les Algériens voir comment les gens vivent en Côte d’Ivoire. »

Deux Afrique ?

Des propos peu appréciés par les Ivoiriens ainsi que par les autorités locales. La supportrice, dont ce n’est pas le premier coup d’éclat, a été expulsée du pays hôte. Elle regardera la suite de la compétition depuis son canapé.

Ces affaires ne mettent pas seulement en lumière la xénophobie et la bêtise de tel ou tel individu, elles montrent combien l’Afrique est divisée. L’opposition entre les différentes régions du continent va bien au-delà des limites des terrains de football. La CAN n’est qu’un révélateur, elle médiatise la rivalité du Maghreb et de l’Afrique noire. Le blogueur et rappeur franco-tunisien Bassem met en avant cette hostilité, mais il n’est pas le seul. Certains supporters demandent la création de deux tournois, d’un côté la Coupe d’Afrique noire et, de l’autre, la Coupe arabes des nations. C’est dire si le continent est coupé en deux et combien la question raciale joue, dans cette coupure, un rôle plus grand que les uns et les autres ne veulent le reconnaître.

Vos commentaires

35 commentaires

  1. Vite des centres detentions dans des endroits inhospitaliers (Guyane en particulier sans telephone ni confort ) et suppression de la natalité française .

  2. Mais les Maghrebins et les noirs du sud sahara n’ont jamais pu se supporter ! Il y a plus de 15 ans j’etais à Rabat chez des amis Marocain. Ils avaient un litige avec leur employé (clandestin) sénégalais (oui: là-bas aussi il y en a) et la maitresse de maison (marocaine) a dit: s’il n’est pas content, il n’a qu’à retourner en Afrique. Je lui ai fait remarquer que Rabat c’etait aussi en afrique, et d’un air excédé, elle m’a répondu: « oui, mais tu vois ce que je veux dire! »

  3. Tout ça n’est pas nouveau , ils ne s’aiment pas du tout , en France , ils font cause commune contre le racisme présumé blanc mais arrivera un moment où les deux communautés vont s’affronter pour être dominant , ce sera peut être notre chance .

  4. Hélas l’Afrique est une terre de contrastes, de conflits et de racismes comme tous les continents. Un seul regret :ils importent leurs querelles en Europe, ce dont nous n’avons guère besoin. Nous avons l’idéologie et la technocratie la commission européenne qui nous suffit comme source d’aigreurs.

  5. Vivement que cet antagonisme vienne pacifier notre France selon les voeux des Tapiro Dray; Macias; immigrationnistes forcenés!

  6. Ce matin, à lire les commentaires unanimes à se rappeler les razzias nord Africaines en subsaharien, trop longtemps étouffés qui alimentaient esclavagisme tant à l’ouest qu’à l’Est notamment au départ de Mogadiscio vers l’océan Indien, mais interdit formellement d’en parler çà me fait vraiment grand plaisir. Enfin ! Bon ne parlons pas des razzias du sud de la France où on vas actuellement leur demander pardon.

  7. Depuis le 8eme siècle les musulmans pratiquent l’esclave, et ils le pratiquent encore sous d’autres formes, l’emploi des indiens au Quatar, les passeurs des migrants en Méditerranée, les emplois des jeunes dans les trafics de drogue, et ce n’est fini, car quand les frères musulmans seront majoritaires en France…. ….

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