Editoriaux - 22 novembre 2018

Bien sûr que la PMA comporte un risque d’eugénisme ! La preuve par les États-Unis…

N’en déplaise à mesdames Schiappa et Buzyn, les propos de monsieur Wauquiez rappelant que l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels pourrait être détournée et s’orienter vers de l’eugénisme sont clairement illustrés aux États-Unis.

Jusque-là en embuscade, les Planned Parenthoods nous parlaient d’amas de cellules, de liberté de la femme, du droit à disposer de son corps : il s’agissait du simple (en réalité bien complexe) choix d’accoucher ou non de son enfant. Mais c’était sans tenir compte d’autres signes.

Il est, en réalité, scandaleux, non pas que M. Wauquiez veuille prévenir une dérive dangereuse de la PMA, mais que Mmes Schiappa et Buzyn soient, au mieux, aveugles sur ce risque, au pire, veuillent le cacher à la population.

Il n’est qu’à regarder, pour s’en convaincre, l’annonce proposée, il y a à peine quelques années, par le groupe américain Agenda Project pour défendre l’avortement et la cause des Planned Parenthoods, intitulée “The Chosen” (« l’élue » ou plutôt « la choisie »). Cette annonce, sans le texte, pourrait passer pour une campagne valorisant la procréation et la famille : on y voit en gros plan un adorable bébé de sexe féminin, de type caucasien aux yeux bleus, souriant et gazouillant. Mais le texte qui l’accompagne fait froid dans le dos. La phrase commence par “she deserves to be” (« elle mérite d’exister » ou plutôt, ici, « elle mérite d’être ») et se poursuit d’abord par “loved” (« aimée ») puis par “wanted” (« voulue ») et, finalement, “a choice” (« un choix »).

L’ignominie débute par l’idée même qu’un enfant, avant de naître, doive le « mériter » : il ne s’agit plus du choix des adultes, ici, mais de la culpabilisation d’un être qui n’est pas encore venu au monde !

La deuxième ignominie se trouve dans l’idée que l’amour se mérite : apparemment, certains bébés sont plus adorables que d’autres et mériteraient de vivre, par opposition à d’autres…

La troisième ignominie consiste à déclarer que le bébé devrait avoir à donner des raisons pour être délivré : la volonté d’avoir ou non un enfant pouvait se comprendre dans un contexte socio-économique où la réputation d’une personne, ses obligations vis-à-vis de ses employeurs obligeaient une mère à faire un choix, le plus souvent douloureux. Mais aujourd’hui, à l’heure où l’on vous martèle que vous êtes libre de faire des choix ? Pourquoi vouloir absolument inciter les femmes à avorter plutôt qu’à accoucher ? Surtout lorsque l’on vous explique que la population française est vieillissante et que nous n’enfantons plus assez…

La quatrième ignominie réside dans le changement de la syntaxe : au lieu de noter “she deserves to be chosen” (« elle mérite d’être choisie »), qui serait la continuité logique des deux premières phrases, le verbe devient un nom “a choice”, signe que ce bébé est bien considéré comme un objet, une marchandise que vous pouvez jeter ou conserver.

Et la cinquième ignominie n’est pas des moindres. On vous montre ici le bébé parfait dans l’imaginaire occidental : le poil plutôt clair, les yeux bleus, la peau bien blanche, un petit corps potelé et un visage souriant ; cela s’appelle de l’eugénisme. Pourquoi ne pas avoir montré plusieurs bébés ? De couleurs de peau différentes, de couleurs d’yeux différentes, de corpulence différente ? Pourquoi ne pas avoir montré des bébés différents : trisomiques, ou bien avec certaines difformités ? Car certains parents font aussi le choix de ces bébés et sont tout aussi heureux de ce choix…

Où se trouve le choix de la différence dans cette annonce ? Il n’y en a pas (comme dans un régime totalitaire tel que le nazisme) et l’on ne vous montre que l’idéal auquel vous devez vous conformer (comme dans l’eugénisme) : or, c’est ce monde-là que certains macronistes veulent importer. Mais c’est peut-être aussi contre ce macronisme-là que les gilets jaunes manifestent leur désapprobation…

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