Ce samedi 28 mai s’est achevée la 75e édition du Festival de Cannes, avec l’incontournable distribution d’une ribambelle de prix, de palmes et autres trophées. Rien de bien notoire dans cette cérémonie des plus convenues, si ce n’est le discours de l’actrice iranienne Zahra Amir Ebrahimi, récompensée pour son interprétation dans le film Les Nuits de Mashhad. La jeune femme, qui a fui l’ à la suite d’un scandale sexuel, est réfugiée dans l’Hexagone depuis 2008.

Sur la scène ce samedi soir, l’actrice a exprimé la joie que lui causait cette récompense, déclarant notamment : « Je suis très reconnaissante de ce mélange de la vie et des ombres. Ça m’a sauvée, et ça va sauver encore des femmes en Iran, en Afghanistan, au Mali, dans les banlieues parisiennes. Ce film parle des femmes, de leur corps, ce film est rempli de haine, de mains, de seins, tout ce qu'on ne peut montrer en Iran. Merci Ali Abassi d'avoir été si fou, si généreux. Merci de cet art si puissant. » Le film en question évoque la place des femmes en et dévoile combien celles-ci sont à la merci des pouvoirs politiques et religieux, ces derniers n’hésitant pas à couvrir les agissements d’un criminel sous prétexte qu’il purifierait la ville de ses péchés.

Si la situation des femmes iraniennes, maliennes et, dans l’actualité plus récente, afghanes n'est absolument pas taboue en France, celle des femmes « des banlieues parisiennes » est loin d’être décriée de manière aussi unanime. Que des Afghanes se voient contraintes de porter le intégral dès qu’elles mettent un pied hors de chez elles semble effrayer la totalité des citoyens français, si soucieux des droits des femmes à 6.000 km de chez eux. Mais lorsque leurs compatriotes féminines ne peuvent s’habiller librement dans certains quartiers « sensibles », lorsque certaines femmes ne sont autorisées à se baigner qu’en burkini, instantanément, par un renversement de situation tout à fait inopiné, les mêmes défenseurs des libertés se montrent beaucoup plus évasifs. Cette ambiguïté, cette indignation à géographie variable, il n’est pas question pour Zahra Amir Ebrahimi de s’en montrer complice. La jeune femme sait suffisamment de quoi sont capables les fondamentalistes islamistes pour être consciente qu’il s’agit là d’un sujet qu’il est impossible de prendre à la légère. Elle lève courageusement l’omerta sur des situations qui ne se cantonnent pas à l’extérieur des frontières françaises, nommant l’ennemi sans user de la prodigieuse langue de bois d’un Gérald Darmanin. « Merci la France de m’avoir donné de ta joie, de ta force, de ton amour », conclut-elle enfin, rendant ainsi à sa terre d’accueil, dont elle est l’une des seules à oser dénoncer les dérives.

Une audace qui n’a évidemment pas été relevée par les médias, ceux-ci préférant souligner cette expression de l’artiste : « La France, ce pays exotique et paradoxal, rempli de gens heureux... qui adorent être malheureux. » Bien sûr, c’est cela, la grande leçon de cette intervention : les Français vivent dans un nouvel eldorado et trouvent encore le moyen de se plaindre alors qu’ils avancent résolument vers un avenir radieux, comme chacun sait.

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30 mai 2022

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17 commentaires

  1. Si les musulmanes françaises souhaitent rester des demi-hommes (en droit), si des minorités militantes et convulsives soutiennent frénétiquement cette volonté, si une majorité de Français se retrouvent à tous les deuxièmes tours sur cette position, la situation est claire: elle est sans espoir.

  2. De telles vérités ne s’expriment pas sur le plateau dirigé par le clown Hanouna…

  3. Que les Français soient heureux, du moins la majorité d’entre eux, c’est évident même s’ils n’en sont pas toujours conscients. Mais pourquoi donc prennent-ils un malin (dé)plaisir à élire quasi-systématiquement des gens, à commencer par le premier d’entre eux, dont le seul et constant souci est de les contraindre, de les restreindre, de les enfermer, en un mot de leur interdire cette liberté, cette égalité, cette fraternité qui les rend si heureux ?

  4. Ne pourrait-on pas permettre à des Iraniennes de venir « instruire » la liberté à certaines femmes dans certains quartiers de France ?

  5. Quel courage félicitations Madame ! quelle différence avec nos pseudo actrices françaises qui ne pensent qu’à s’insurger et faire barrage contre l’extrêeeeme droite, non par conv iction mais par intérêt.

  6. Avec un discours pareil, on ne risque pas de la voir souvent.
    Pas très « woke » la fille, mais quel courage !

  7. Cachez ces maux Madame dont on saurait parler ouvertement tant ils sont révélateurs d’une grande hypocrisie nationale, merci à vous Madame Le Conte.

  8. où sont nos néo féministes si promptes à dénoncer l’Homme Blanc hétéro ? En fait elles défendent certes des causes, mais jamais celles qui ont trait à l’islam intégriste alors que les femmes voilées sont les « otages » des intégristes ! Hélas, ces femmes votent majoritairement pour Mélenchon au lieu de voter pour le seul candidat qui compte mettre fin à l’islam politique qui gangrène des quartiers ! Finalement, il n’y a pas que les mécréant(e)s qui se font laver le cerveau par la propagande !

    1. Ben, disons que critiquer l’ islam expose à de graves ennuis, certains définitifs!
      l’homme blanc hétéro, par contre n’a généralement rien à fiche des délires de ces harpies…on peut, sans risque, leur taper dessus!

  9. Bravo cela s’appelle une baffe dans la tronche de tout les progressistes qui sont tous des rétrogrades en vérité.
    La journaliste souligne le courage de cette Dame qui dans le fond ne reprend qu’une des vérité de Zemmour.
    Nous avons encore deux chances si nous ne les saisissons pas il en sera fini d’une certaine idée que nous nous faisions de notre civilisations et d’art de vivre.

  10. Au moins elle sait de quoi elle parle, des mecs comme Piolle le maire de Grenoble ferait bien de s’inspirer du vécu de ces personnes plutôt que de s’autoriser comme les dictateurs Talibans ou ayatollah divers et variés à penser à ce qui est bon pour les autres et plus particulièrement les femmes. En réalité ce sont des machos en puissance qui se cachent en politique pour exulter leurs fantasmes

    1. Le burkini est une invention récente, il n’est, avec le voile, que l’étendard de l’islam conquérant qui montre qu’il occupe l’espace public français. Une bonne musulmane doit rester chez elle selon le verset 33 de la sourate 33. Etape suivante : burkini obligatoire pour toutes, puis piscines et plages interdites aux femmes.

    2. Piolle se fout totalement que les femmes portent un burkini ou pas, ce qu’il veut c’est obtenir les voix des musulmans intégristes, tout comme Macron

    1. D’ailleurs, je me demande s’il y a des réalisateurs / producteurs de droite en France, pays où il y a belle lurette que Clint Eastwood ne tournerait plus..

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