Editoriaux - Société - Tribune - 28 août 2019

Attention ! Le roi a sorti sa dame et ses tours…

Le gouvernement avance ses pièces pour la PMA

Il faut prendre au sérieux le jeu de dames juridique qui se joue en haut lieu. Le roi a sorti sa dame et ses tours. Ce n’est plus Schiappa qui parle, c’est Belloubet. Dire que Buzyn a « dérapé » récemment, c’est oublier que la provocation et le dérapage font partie du néoparler manié de main de maître par la gauche libertaire dont le Président est l’héritier. Le camp progressiste avance ses pions avec sûreté. Voici un vade-mecum à « marteler » (verbe orwellien) pour l’action à venir.

1) Idéologie : nous sommes face à une idéologie, dans la pure tradition rhétorique de la reductio ad homophobiam. La lutte contre l’homophobie continue, comme en témoigne le projet de loi concernant les stades. Si, donc, vous vous opposez, encore, à la PMA, c’est que vous êtes lesbophobe. Les sondages ne disent plus que les Français « acceptent » l’homosexualité mais que les parents « acceptent l’homosexualité de leur fils » : du général, on est passé au particulier. Dans un magazine, deux femmes, dont l’une est mère kangourou. Dessous, le sésame : « Mère et Mère ». Le rapport entre homophobie et procréation ? Aucun.

Cette idéologie est celle du transhumanisme dont on peut décliner les trois formes : PMA, GPA, eugénisme.

2) Égalité : la PMA se ferait au nom de « l’égalité » entre les femmes. C’est parce qu’une minorité de femmes hétérosexuelles (4 %) ont des enfants par tiers donneur que les lesbiennes réclament « l’extension » de cette PMA, c’est-à-dire une insémination avec tiers donneur anonyme remboursée par l’assurance maladie. Si le projet de loi dit qu’on « étend » la PMA à toutes les femmes (ce qui est impossible), c’est pour qu’on ne puisse accuser l’État de « discrimination ».

3) Sexualité : les goûts sexuels d’autrui ne concernent pas l’État. Comme l’écrivent Anne-Marie Le Pourhiet et Aude Mirkovic dans leur excellent livre Mariage des personnes de même sexe, La controverse juridique, paru aux Éditions Téqui, « les goûts sexuels relèvent de la liberté (droit de) mais non de la créance sociale (droit à) » : il n’y a donc pas plus de « droit au sperme ou à l’utérus » que de droit à l’enfant.

4) Lobbies : la France et l’Europe sont aux mains de lobbies. Les homosexuels sont la proie des lobbies dont la CEDH est le bras armé, en voulant imposer aux législations des pays membres l’impossibilité de refuser la PMA et la GPA. (cf.La Fabrique d’orphelins, paru en juin, aux Éditions Téqui).

6) Méthode : celle du gouvernement n’est pas de consulter mais de passer en force et en douceur : ce qu’on appelle la stratégie du « en même temps », ou cynisme.

7) Fabrique d’orphelins. L’État s’apprête à faire des orphelins, des « bâtards » privés de filiation, et donc d’héritage, puisque le donneur, comme le martèle Mme Mecary, n’a « aucun lien avec le père biologique ». Comme le dit Aude Mirkovic, présidente adjointe de Juristes pour l’enfance, c’est le retour à l’obscurantisme.

Nous avons usé de patience et de pédagogie avec le gouvernement pour ne pas le brusquer. À bientôt, le 6 octobre, dans la rue !

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