Editoriaux - 2 avril 2019

Amélie de Montchalin, caution « catho » de Macron ?

« Il va aussi essayer de nous récupérer ! »

C’est par ces mots qu’a débuté ma conversation téléphonique quotidienne avec V., mon ami d’enfance, mon frère de lait, mon jumeau homozygote !

Il faisait allusion à la venue de Macron à la traditionnelle messe anniversaire de la mort de Georges Pompidou à l’église de l’île Saint-Louis. Une belle tradition avec une messe qui sera célébrée mercredi prochain, cette année.

Georges Pompidou est mort le 2 avril 1974 dans son appartement de l’hôtel d’Hesselin à l’île Saint-Louis, un appartement dont il était d’ailleurs simplement locataire – il n’avait que 62 ans.

Moi qui ne suis qu’un bouseux de province côtoyant les jeunes d’une grande ville portuaire, j’adore aller rendre visite à mon ami V., à l’île Saint-Louis.

Mon ami V. est un membre très actif de la paroisse : il organise les déjeuners du dimanche à ses propres frais, les réunions préparatoires de prière chez lui le mercredi soir, il va servir les petits déjeuners des SDF à l’aube chaque lundi ; bref, il est un « vrai chrétien » à l’ancienne et il est pourtant tellement moderne…

Quand je rends visite à mon ami V., à l’île Saint-Louis, j’ai l’impression de revivre toute mon enfance dans notre petite ville de province, avec ces valeurs toutes simples, les messes du dimanche, les repas où on invitait le curé, les discussions sur « les interdits »…

Mon ami V. voit d’un très mauvais œil la venue de Macron à l’église de l’île Saint-Louis, tant il y voit une entreprise de récupération des catholiques.

Les nominations au gouvernement sont extrêmement habiles : tout se focalise sur la venue de Sibeth Ndiaye, avec tout ce que cela comporte comme symboles.

L’important, selon moi, n’est pas là.

L’important, c’est la venue au gouvernement d’Amélie de Montchalin.

Cette brillante jeune femme cristallise, en effet, tout ce que la « bonne vieille droite catho bien-pensante » représente : lycée Hoche à Versailles, Ginette en prépa HEC, puis HEC, avec un tas de licences, un petit passage auprès de Valérie Pécresse, ministre de Sarkozy, puis un brillant parcours dans le privé, puis le gouvernement. Tout cela avec trois enfants : chapeau !

Un CV aussi brillant que celui de Valérie Pécresse ou de Nathalie Kosciusko-Morizet !

Je peux parler de cela sans la moindre retenue puisque j’ai fréquenté les mêmes écoles.

Il est donc manifeste que cette jeune femme devient la « caution » de Macron vis-à-vis de cet électorat catholique qui, quoi qu’on en dise, est encore fort important.

Et il y a fort à parier que ça peut fonctionner, tant que la présentation du RN comme un épouvantail « diabolique » marche encore.

Les écarts d’intentions de vote sont minces. Tout est bon à prendre et Macron l’a bien compris.

Paris vaut bien une messe !

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