« À quoi servez-vous ? » Le comité d’éthique de France TV auditionné à l’Assemblée
À l’Assemblée nationale, les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public se poursuivent (voir notre article du 26 novembre). Ce jeudi 4 décembre au matin, ce sont le comité d’éthique et les médiateurs de France Télévisions qui étaient interrogés par la représentation nationale. Christine Albanel et Brigitte Benkemoun, respectivement présidente et membre du comité d’éthique, Jérôme Cathala et Gérarld Prufer, médiateurs de France Télévisions et des programmes de ses chaînes, répondaient aux questions.
C’est la question de l’affaire Legrand/Cohen qui a occupé la place centrale de cette séance de deux heures. En effet, le comité d’éthique présidé par l’ancien ministre de la Culture Christine Albanel est peu saisi. Constitué de quatre membres, tous bénévoles, le comité a une activité qui tourne au ralenti. « Pas un mauvais signe en soi », souligne sa présidente, qui semble interpréter cette léthargie comme une preuve de bonne santé.
À ce sujet — L’Arcom se défile à l’Assemblée nationale
Les entorses à l'honnêteté et à la neutralité
Le rapporteur UDR de la commission, Charles Alloncle, incisif comme à son habitude, souligne la disparité d’activité du comité d’éthique de France Télévisions qui n’a rendu, en cinq ans, que six avis, quand celui de Radio France en a rendu une trentaine. « Vous pensez qu’en cinq ans, France Télévisions s’est montrée irréprochable au point de vue de l’honnêteté, du pluralisme, de la neutralité ? », questionne le député de l’Hérault. Christine Albanel évoque un manque de notoriété et le manque de moyens permettant de mener des investigations.
Pourtant, lorsque le rapporteur déroule la longue liste non exhaustive des entorses graves relevées ces derniers temps, Christine Albanel reconnaît une légitime préoccupation : lorsqu’en janvier, France Info diffuse un bandeau « 200 otages palestiniens recouvrent la liberté », alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins de prisonniers condamnés pour terrorisme et antisémitisme ; lorsqu’en septembre, la journaliste Caroline Roux présente sur France 2 Matthieu Pigasse à l’antenne comme simple « chef d’entreprise », alors que l’homme qui faisait la une de Libération, en janvier, affirmait s’engager contre l’extrême droite. « Je veux mettre les médias que je contrôle dans ce combat », indiquait-il ; lorsque Jordan Bardella est comparé à Adolf Hitler sur le plateau de France 5. Des exemples « frappants », selon les mots de la présidente du comité d’éthique, qui s’avoue impuissante avec sa petite équipe.
« Vous ne servez à rien »
Malgré tout, le comité s’est autosaisi une seule fois. À l’occasion de l’affaire Cohen-Legrand. Soudainement, la petite équipe a su se mobiliser. Pour prendre la défense de Thomas Legrand, arguant ne pouvoir s’exprimer sur le fond et expliquant que le journaliste avait « reconnu lui-même [des] propos "maladroits" qui « revêtaient "une tournure malheureuse" ». Dans la mesure où aucun extrait ne contenait un propos de sa part, le comité lavait de tous soupçons Patrick Cohen : « Rien ne permet donc d’affirmer, au vu de cette séquence, qu’[il] ait d’autres objectifs que l’exercice de son métier ». Alors que dans son avis le comité évoquait une « séquence, au demeurant tronquée et montée », Charles Alloncle passe à l’offensive pour affirmer qu’un constat d’huissier a prouvé que les vidéos ne sont ni truquées ni montées. « L’intégral [de la séquence] n’a pas été demandé, vos postulats sont faux, quelle est la légitimité de votre décision ? », questionne le député ciottiste. En fin de séance, la députée RN du Pas-de Calais, Caroline Parmentier, charge : « Quelles sont les situations concrètes dans lesquelles vous avez réellement exercé un contre-pouvoir à France Télévisions ? Pouvez-vous nous citer une situation récente où votre comité a effectivement formulé un désaccord formel, une recommandation contraignante ou un avis critique à l’égard de la direction ? […] Je retire de vos déclarations que vous ne servez à rien, alors je vous le redemande très précisément : à quoi servez-vous ? » Bonne question, mais nous n'en saurons pas plus.
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52 commentaires
Le salaire moyen à France télévision est le double du salaire moyen français.
J’en serais ravi s’il s’agissait d’une entreprise privée qui fait du bénéfice. Par exemple comme LVMH, que cash investigation s’amuse à dénigrer par pur hubris mal placé. Hélas tous ces salaires excessifs sont payés par du déficit et par nos impôts, sans parler du faste dans lequel ces gens vivent. En fait, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis parce qu’ils ont précisément perdu toute éthique. Et quand la branche cassera, ils se victimiseront.
ils s’enfonbcenrt eux-mêmes !
finalement….suffisait d’en parler….et ouvrir le capot…..
Nous savons bien de quoi il s’agit et que les bouches sont cousues. Le fil blanc court, liant les pouvoirs et les intérêts. Depuis des décennies les socialistes en sourdine ont tissé le pouvoir et depuis dix ans les macronistes le leur, dans lequel la molesse républicaine est entrée. Vous voyez bien que même mis devant les faits les militants se défossent. Reste ce petit espoir qui s’éveille, populaire, de cette vérité qui point : faire tomber le masque des faux-culs qui ont subtilisé la démocratie à leur profit par leur cynisme politique.
la premiere question que l’on devrait poser à tous ces fonctionnaires : « bonjour Mr/mme, quel est votre salaire mensuel toutes primes incluses. »
M. = monsieur
Mr = mister
Enfin ! La bonne contraction de Monsieur en français.
La Kakistocratie règne en France au sommet de l’Etat et dans sa fidèle administration inclusive avec ses copains seulement.
Ils sont incompétents, sectaires, pédants et corrompus, mentalement francophobes!
Plus grave, ils dépensent sans compter et sans imaginer ce qui manque aux vrais besoins, unne sorte de monde parallèle intramuros, quand France TV est la tour d’ivoire du régime élyséen au crépuscule et ses remparts de l’Arcom, organe de faux dévots de la liberté d’expression.
France TV est à la déontologie ce que Macron est à la présidence: Ridiculman, ici Ridiculwoman…
Encore un comité théodule à supprimer pour faire les économies dont la France a besoin
ils sont « bénévoles », c’est dit dans l’article
Bénévoles ? Vous avez dit bénévoles ? Comme c’est bizarre ! Je me marre ceci dit vu le travail accompli cela pourrait se comprendre ! Mais en grattant un peu surprise (s) !!!
L’éthique dans l’audiovisuel public : un oxymore.
Payés à rien faire. Pendant ce temps-là, nous on tire la langue.
La posture d’une négligence hautaine sur la photo explique tout de suite la teneur de l’entretien face à la commission d’enquête donc inutile de s’étendre sur le sujet rien à attendre d’une spécialiste du pantouflage près du soleil (allusion à Versailles).
EN total accord avec votre commentaire ! …
L’attitude qu’a cette personne durant cette vidéo « lâchée » dans les médias en dit plus long que son BLA BLA ! …
Et ça devient infâme lorsque l’on s’arrête sur ses propos ! …
A FUE RA envers ces dames prétendues « en charge » de l’éthique du « Sévice public » ! …
Déjà que quand ils sont payés, les recasés dans notre grande recyclerie nationale ne servent pas à grand chose, alors quand ils sont bénévoles…
ils sont bénévoles, soit….mais, je suppose ? remboursés de leurs frais…..combien ?
Les deux membres du comité des tiques de France tv sont sans doute atteintes par une flemmingite aiguë.
Oui la maladie de lyme sans doute@..
Ah, 1 avis rendu par an, ça frise le burn out. Combien sont-ils pour ça, avec quels salaires, quels avantages ? On est au coeur de la machinerie du service public. Même pas besoin d’ARCOM puisqu’on a la police interne qui……ne fait rien.
Les prestations des membres de la direction de France TV sont lamentables. Ces personnalités à la tête d’une entreprise privée seraient remerciées dans les mois à venir. De bons ronds de cuir qui s’engraissent aux frais du contribuable. Un entre-soi d’incompétents qui leur permet de se dorloter en famille.
La désinvolture affichées de ces deux femmes en dit long. Elles ne risquent rien, ne craignent rien et leur place n’est aucunement menacée.