[POINT DE VUE] France Inter offre 2 heures hebdomadaires à l’« humoriste » M. Benlazar

C’est donc à cet artiste du spectacle vivant que la radio publique, avec notre argent, va confier une case hebdomadaire... à 8 mois de la présidentielle !
Capture d'écran France Inter
Capture d'écran France Inter

Dans huit mois, les Français choisiront leur Président. On sait que l’ambiance, en France, est déjà assez électrique comme ça et que la perspective (possible) d’un second tour Le Pen-Mélenchon souffle sur les braises de la guerre civile, mais apparemment, pour le service public, un petit peu d’huile ne pourrait pas faire de mal au feu qui couve. On apprend en effet que France Inter va confier une émission de « chambrage » hebdomadaire à Marwane Benlazar, qui n’est pas exactement n’importe quel humoriste.

Propos « scandaleux »

Certains se souviennent peut-être de son passage éphémère comme chroniqueur de C à vous, sur France 5. L’humoriste était arrivé, le 31 janvier 2025, sur le plateau, avec un bonnet blanc, un pull ample et une barbe longue à la moustache rasée. On pouvait honnêtement le prendre, avec une certaine facilité, pour un salafiste. C’est en tout cas ce que se dirent alors de nombreux internautes, ainsi qu’un grand nombre de personnalités politiques de tous bords, qui saisirent Rachida Dati, alors ministre de la Culture, pour qu’elle le vire, ce qui fut fait rapidement. Elle avait estimé que les propos de Benlazar sur X étaient tout simplement « scandaleux ».

Il faut dire, aussi, que le compte X de M. Benlazar regorgeait de références aux djinns, à la charia, au « génocide » à Gaza, aux « porcs » qui regardent Miss France ou encore à la place des femmes (évidemment pas, selon lui, au Crazy Horse ou dans une boîte du CAC 40...). Un petit exemple dans cette réplique adressée à une jeune femme : « Tu étais encore en club alors que la place d’une femme est auprès de son père. Crains ton seigneur. » Florence Bergeaud-Blackler, en février 2025, avait qualifié « l'humoriste » d'« influenceur fi sabil illah » (pour la cause d'Allah).

« Pas de parole à l'extrême droite »

Avec un mépris évident du pluralisme, c’est donc à cet artiste du spectacle vivant que la radio publique France Inter, avec notre argent, va confier une case hebdomadaire, le dimanche à 17 heures. Une émission de « roasting », donc, dans la tradition anglo-saxonne, où une personnalité viendra à la radio pour se faire « chambrer » (« roasting » est un peu plus violent dans sa langue d’origine, mais vous voyez le truc). Merwane Benlazar y partagera l’antenne avec Mehdi Maïzi, journaliste musical spécialiste du rap, qui officie déjà sur France Inter. L’émission devrait s’appeler Chez la belle-famille, et il y a fort à parier que la complémentarité de centres d’intérêt entre MM. Maïzi et Benlazar (musique et blagues), si elle est une bonne idée en soi, risque de ne pas tout à fait répondre aux exigences de l’Arcom - ou, plutôt, aux exigences que l’Arcom aurait pu avoir si Merwane Benlazar et Mehdi Maïzi avaient été de droite.

Car, si l’on ignore quelles sont les opinions politiques de M. Maïzi, M. Benlazar, lui, ne les a jamais cachées. Le 7 janvier dernier, il déclarait (sur France Inter, déjà) : « On a été trop gentils avec l’extrême droite… En Belgique, il y a le cordon sanitaire : pas de parole donnée à l’extrême droite… On devrait s’en inspirer. » Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus avait qualifié cet appel à la censure de « grave et inacceptable ».

Par conséquent, est-il bien raisonnable, et surtout bien respectueux des électeurs du premier parti de France, que de donner une tribune hebdomadaire à un militant qui se fait passer pour un humoriste ? Probablement pas. Mais qui, dans le monde politico-médiatique, en a quelque chose à faire, de l’utilisation des deniers publics, de l’avis de la majorité, du résultat des élections, de la neutralité des officines payées par le contribuable ? C’est sans doute à cette question, entre autres, que nous devrons répondre en 2027.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

9 commentaires

  1. Rien qu’à la tête du monsieur, pas besoin de savoir ce qu’il fera des femmes, des LGBTQIA+, des français de souche avec plus de pouvoir… Cette manie qu’ont les descendants d’immigrés de penser qu’ils sont en pays conquis me fascine, c’est d’un culot monstre…

  2. Connaissant les idées politiques du sieur en question, c’est de l’ingérence masquée sous prétext d’humour pour pourfendre le RN, UDR, Reconquête et faire de la propagande pour la macronie, le centre et toutes les gauches réunies, y compris LFI…
    Celui, bien au fait, qui doit bien ricaner de cette honteuse manœuvre propandiste réside dans un palais appelé Élysée. Personne ne pourra prouver qu’en réalité c’est de l’ingérence intérieure déguisée sous prétexte d’humour.
    J’espère que les Français ne seront pas dupes.

  3. Les déclarations de Mme Hadizadeh dans le « débat » (si on peut appeler débat un échange entre personnes qui partagent des idées similaires – leur seule différence résidant dans le point de savoir lequel des deux serait au pouvoir) ont déjà tout dit (cf l’article à ce sujet). Inutile donc d’en dire plus ! Si ce n’est que, une fois encore, France Inter a fait son choix …. Je suis sûr qu’on cherchera vainement une tranche horaire équivalente attribuée à une émission dans laquelle les idées exprimées pourraient être qualifiées de droite. Selon certains esprits chagrins, une Commission Alloncle aurait eu lieu et aurait mis au jour un certain nombre de soucis (disons cela comme ça) sur les antennes publiques. On voit là toute son efficacité….

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois