Editoriaux - Politique - 5 novembre 2018

Nouvelle-Calédonie : les résultats ne sont pas à la hauteur de certaines espérances

Les résultats ne sont pas à la hauteur de certaines espérances. Ils sont décevants mais la Nouvelle-Calédonie a dit non à l’indépendance et donc oui à la France.

Heureusement, aux élections provinciales du printemps 2019, une partie des 35.000 électeurs exclus de la consultation référendaire pourra voter* !

Les « loyalistes » vont-ils enfin se mettre d’accord sur une stratégie commune face aux indépendantistes ?

La Nouvelle-Calédonie va-t-elle attendre encore quatre ans et deux autres référendums pour savoir si elle reste ou non dans la France ?

Les accords de Nouméa montrent maintenant leurs limites. S’ils ont permis de maintenir la paix, ils ont aussi encouragé le développement d’une identité ethnique au nom de laquelle des éléments radicaux affirment chaque jour leur hostilité à notre pays et à ses citoyens. Et, surtout, ces accords prévoient encore la possibilité de deux autres consultations qui, si elles étaient organisées, aboutiraient à une quasi-paralysie du territoire et à une forme de déni de la démocratie.

Au-delà du discours convenu du président de la République, le pouvoir va-t-il enfin mettre en sourdine sa critique du colonialisme français, critique qui a incontestablement donné du « grain à moudre » aux indépendantistes et renforcé les sentiments anti-français ?

La France n’a pas à rougir de son histoire et de son identité forgée par des siècles de culture et de civilisation. La royauté, la Révolution, le colonialisme, les empires sont les chaînons qui ponctuent son histoire millénaire. Et le bilan de cette histoire, y compris de ses aspects négatifs, appartient au peuple français sans esprit de repentance. De ce point de vue, la parole des ennemis de la France est invalidée.

Il serait grave que la force relative du oui encourage des fauteurs de trouble à rendre la vie impossible aux Calédoniens. Au contraire, les indépendantistes seraient grandis si, quittant une posture purement idéologique, ils adoptaient une attitude bienveillante et constructive et appelaient au calme ceux, parmi les jeunes, qui sont prêts à en découdre avec la société, s’ils reconnaissaient le caractère démocratique du lien de la Nouvelle-Calédonie à la France et s’ils savaient continuer à tirer parti avec intelligence, au profit de leur peuple, des moyens et des pouvoirs que la République généreuse leur a donnés.

* En Nouvelle-Calédonie, il y a trois listes électorales, la plus restrictive étant la liste référendaire où sont inscrits d’office les kanaks et où peuvent être inscrits les non-kanaks natifs et les non-kanaks présents sur le territoire avant 1998 (à certaines conditions), la moins restrictive étant la liste pour les municipales et les législatives ; entre les deux, la liste pour les provinciales pour laquelle il faut justifier de dix ans de présence sur le territoire.

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