Editoriaux - 17 octobre 2018

FIAC 2018 : l’art contemporain, c’est du business, nom d’une pipe !

Dans le cadre de la FIAC 2018, qui se tient au Grand Palais du 18 au 21 octobre, la place Vendôme accueillera sur son sol une œuvre des artistes Elmgreen & Dragset, célèbres pour avoir réalisé, à Berlin, le mémorial aux homosexuels et aux personnes LGBT persécutés ou tués pendant la période nazie (en allemand : Denkmal für die im Nationalsozialismus verfolgten Homosexuellen). N’y voyez aucune idéologie. C’est juste de l’art !

L’œuvre présentée à Paris porte le titre To Whom It May Concern. Elle consiste en l’installation au sol de 100 étoiles de mer, comme échouées sur la place Vendôme. Il s’agit, pour ces deux compères, de « prendre le contre-pied des sculptures monumentales traditionnelles (on se souvient du « plug anal » géant de Paul McCarthy en octobre 2014), en adoptant l’horizontalité des sculptures, horizontalité » qui ne sera perceptible que « depuis les chambres de l’hôtel Ritz et les étages du ministère de la Justice ». Selon les « artistes » et la légende, les étoiles de mer symbolisent aussi, « par leur capacité à se régénérer et à survivre même à de graves amputations, l’espoir d’une croissance nouvelle et de changements de mode de vie ». Sauf que, là, elles sont mortes et la croissance sera certainement au rendez-vous, mais pour les spéculateurs, pas pour les Français dits « moyens » qui n’ont pas le privilège de pouvoir regarder ces étoiles du haut d’un palace.

On s’interroge souvent sur la réelle portée culturelle du travail de ces « plasticiens » – terme qui ne veut pas dire grand-chose, mais il faut bien leur donner un nom – tel qu’on nous le présente aujourd’hui au travers d’« œuvres » déjantées, souvent très éloignées des techniques académiques. On est aux antipodes de celles – par exemple – de Nicolas de Staël ou de Pierre Soulages qui, comme Picasso dans ses périodes bleue et rose, montraient un réel talent dans la pratique de l’art pictural dans son essentialité. Dans ces conditions, tenter de remettre en perspective la vraie nature spéculative et la vraie valeur culturelle de ces « courants d’art » est une bonne chose, à l’heure où les repères sociétaux sont bousculés par toutes sortes de théories portées par des castes d’intellectuels éclairés et des mécènes sans scrupule. Souvenons-nous, également, de l’un des tableaux les plus célèbres de René Magritte qui représentait une pipe, accompagnée de la légende « Ceci n’est pas une pipe ». Il n’y a pas de fumée sans feu !

« En même temps », depuis le 3 octobre jusqu’au 4 janvier 2019, vous pourrez « admirer », à la fondation Louis-Vuitton, les œuvres de Jean-Michel Basquiat (né à Brooklyn le 22 décembre 1960 et mort le 12 août 1988 à NoHo). Cet « artiste » est l’un des peintres les plus marquants du XXe siècle, selon les experts ; il a produit plus de 2.000 « œuvres » en une dizaine d’années. La quantité est au rendez-vous ! L’exposition parcourt l’ensemble de la carrière du peintre de 1980 à 1988 en se concentrant sur plus de 120 œuvres décisives. On tente, ici, de nous « vendre » la dimension universelle majeure d’un artiste du mouvement américain « underground » qui aurait, selon les commissaires de l’exposition, « radicalement renouvelé la pratique du dessin et le concept d’art »… Rien de moins ! Ses œuvres voisinant avec celles d’Egon Schiele dans cette expo, ce serait presque une insulte faite au grand artiste autrichien.

« Croyez-le ou pas, je peux effectivement dessiner », disait, en son temps, Basquiat. On aimerait le croire, mais en voyant ses « œuvres », on a du mal à le suivre sur ce terrain !

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