L’actualité passe et lasse. Tout se mélange et, surtout, se hisse ou tombe au même niveau. Le stagiaire de BFM TV, sur une barque et dans un champ inondé, nous explique que celui de l’eau monte dans les campagnes, comme s’il nous annonçait une nouvelle guerre mondiale.

Aujourd’hui, alors que la pluviométrie nous mouille dans des proportions aussi alarmantes que celles du populisme ambiant – la trouille « ressentie », tel le froid du même nom, demeure immanquablement vendeuse –, nos médias persistent dans la même tambouille. Exemple choisi au hasard, chez notre estimé confrère, Le Huffington Post, site américain dont l’édition française fut naguère lancée par Anne Sinclair, excusez du peu : la guerre larvée que se mènent TF1 et C8 pour des objectifs dont l’ambition n’est pas exactement d’ordre planétaire. Mais il n’est pas improbable qu’en l’occurrence, l’auteur de ces lignes puisse faire preuve d’un snobisme mal placé.

Pour autant, ne négligeons pas l’essentiel, sachant qu’à chaque défi majeur, il faut des hommes liges, un peu comme dans les tournois médiévaux d’autrefois. À ma gauche, donc, Cyril Hanouna. Et à mon autre gauche, Yann Barthès. On ne sait que choisir, entre Samaritain et Galeries Lafaillite, tant la grande distribution audiovisuelle nous comble de ses innombrables bienfaits. D’un côté, « Tout le monde en parle ». De l’autre, le « Quotidien ».

Putain, que ça te déchire sa race, ce putain de ouf de fight de bogoss…

Ainsi, Cyril Hanouna « exècre » Yann Barthès, tandis que le reconnaît « avoir eu honte de travailler pour Canal+ ». C’est sûr que bosser à TF1, c’est mieux. Et puis, le duel à la cime du sommet, tout en haut du top : 1,4 million de téléspectateurs pour Barthès Yann, contre 1,26 million pour Hanouna Cyril. De quoi faire trembler l’Audimat®. Par miracle, Cyril Barthès aurait repris l’avantage (1,3 million de téléspectateurs, contre seulement 1,29) sur Yann Hanouna. Il est aussi possible que ce soit le contraire ; mais l’important, c’est que l’on puisse enfin respirer.

Dire qu’il y en a encore qui, dans les hautes sphères étatiques, s’étonnent, avec des émerveillements d’enfant, que nos jeunes têtes blondes – c’est une façon de parler – n’en finissent plus de bouder les médias officiels ; comprenez, ceux de leurs darons et daronnes. On les comprend un peu. Pis, il y en a encore, toujours chez les mêmes jeunes – plus ou moins blonds, autre façon de parler –, qui préfèrent donc s’en aller chercher ailleurs. Dans ces médias tenus pour « alternatifs », avec tout ce que cela peut comporter d’intéressant ou de grotesque, de positif comme de néfaste, de menées reptiliennes en complots centristes, tout en passant par les théories de la Terre plate ou de l’union des droites ; et parfois même d’information pertinente. Si, si, ça existe aussi : vous avez les yeux rivés dessus, cher lecteur.

Tout cela demeure finalement assez logique. Et même les vieux (comme moi) ont été jeunes un jour (comme le moi d’avant), qui préférait personnellement lire Spirou et Aspects de la France que Le Monde ou Le Figaro. D’ailleurs, aujourd’hui encore…

C’est peut-être pourquoi Françoise Nyssen, ministre de la Culture, n’en finit plus de faire la aux mâles blancs sur les petits écrans, considérant sûrement que Hanouthès et Barna font encore figure de perdreaux de l’année. Encore une lubie de grande bourgeoise à la cinquantaine de moins en moins bien amortie.

Il faut bien que les ménagères désœuvrées trouvent encore à s’amuser.

PS : signalons, à propos de hiérarchisation de l’information, aux fact checkers de fake news que C8 n’est en rien une sous-commission du G7. Il va, évidemment, sans dire, mais il n’est pas improbable que cela puisse aller mieux en le disant.

14 juin 2018

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