Discours - Editoriaux - 6 janvier 2018

Mon vœu singulier mais opiniâtre !

Le 31 décembre, j’ai vu et entendu le Président, notre étoile républicaine, et fait illico un vœu que je confie sans secret, car je veux le croire partagé ! Il s’agit du devenir du français.

Emmanuel Macron, qui participe avec une certaine fougue et un modernisme distingué – oups, j’allais dire « snob !» -, à l’anglicisation de notre langue n’a pas dit un mot sur cet outil fondamental pour la cohésion sociale. Ce sujet-là constituait pourtant l’épicentre de son discours d’ailleurs illustré, sans doute pour les malentendants, par la devise « Fraternité ».

“Nous avons besoin de repenser un grand projet social pour notre pays, que je déploierai durant l’année”, a-t-il proclamé. Soit !

Quoi de plus prégnant et primordial que de s’exprimer et surtout se comprendre avec le même code ? Le français est non seulement un patrimoine vivant, mais le carburant essentiel de cet avenir collectif qu’il appelle de ses vœux.

Le réhabiliter ne coûte rien d’autre que de la volonté exprimée et enseignée. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, est, dans son gouvernement, celui qui peut et apparemment souhaite restaurer la langue nationale dans sa pureté et son usage, avec la compréhension liée à ses origines latines. Belle promesse qui doit être approuvée et encouragée pour être tenue !

Il devrait être soutenu de façon dynamique par cette vieille institution de l’Académie française qui dort vraiment trop profondément sur ses lauriers – je me répète, j’en conviens ! La création de mots nouveaux pour désigner des activités modernes devrait constituer son travail permanent et vigilant, mieux que de célébrissimes discours.
Je rappelle l’invention de ce beau néologisme « ordinateur », qui a remplacé avec succès celui de l’américain « computer ». Le paradoxe est qu’il est né en 1955 de la volonté d’IBM France et c’est un professeur de philosophie, Jacques Perret, qui le créa. Les académiciens dormaient déjà…

Une autre exception étonnante et trop rare montre qu’une certaine fantaisie ou résistance contre la boulimie anglicisante fleurit parfois dans notre belle langue. Ainsi, la résidence du président américain est toujours et constamment nommée « la Maison-Blanche » alors que la plus paresseuse des facilités reprendrait, à juste titre, sa désignation locale.

Des campagnes médiatiques devraient soutenir un mouvement général pour la sauvegarde et la régénération moderne du français, et j’émets ici le souhait que Boulevard Voltaire soit l’un de ces acteurs.

Promouvoir la langue littérale, c’est être réactionnaire ? Que nenni, résolument réaliste et novateur !

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